Paul-Henri Mathieu à court d'arguments face à Kei Nishikori

Paul-Henri Mathieu à court d'arguments face à Kei Nishikori

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Paul-Henri Mathieu n'a pas résisté à l'explosivité de Kei Nishikori, le Japonais s'imposant en trois manches, 6-3, 7-5, 6-1. L'Alsacien n'a plus franchi un premier tour depuis 2012 (avec un 16e de finale). Tête de série N.5, le Japonais qui fait figure d'outsider lors de cette édition 2015 de Roland-Garros, défiera au prochain tour le vainqueur de la rencontre opposant l'Australien Marinko Matosevic au Brésilien Thomaz Bellucci.

Jusqu’à présent, les deux joueurs comptaient une victoire chacun, le Japonais ayant remporté leur dernier duel en 2012 sur la terre battue de Monaco. Et cette fois encore, c’est Nishikori qui a eu le dernier mot. Le vent a clairement tourné en faveur du natif de Shimane, qui ne cesse de progresser, et qui fait désormais partie du Top 5 mondial. Pour son 13e Roland-Garros PHM espérait quant à lui franchir enfin ce cap du premier tour, un cap qu’il n’a plus franchi depuis 2012, lors de son retour au premier plan après de longs mois passés à soigner une grave blessure à son genou gauche. A 33 ans, le Français qui pointe à présent au 123e rang mondial a souffert sur le Suzanne-Lenglen.

Sur les pas de Michael Chang

La justesse des coups de Nishikori ont mis à mal les quelques fulgurances du Français. Joueur extrêmement mobile, le Japonais a souvent pris de vitesse son adversaire, prenant notamment l’ascendant sur ses retours de service. Une fois sa casquette ajustée sur sa tête, le 5e joueur mondial restait imperturbable, malgré les encouragements du public parisien qui n’avait d’yeux que pour le Français. Redoutable en coup droit, il restait tout aussi efficace en revers, à l’image d’une amortie croisée, maîtrisée à la manière d’un Roger Federer. Mais c'était d'avantage de Michael Chang, vainqueur en 1989 et devenu son conseiller technique en 2013, qu'il s'inspirait. Mis sous pression par l'explosivité de son adversaire, PHM perdait logiquement le premier set 6-3.

Conscient qu’il devait varier le rythme, ainsi que la hauteur de ses balles face au petit gabarit de Nishikori (1,78m), PHM retrouvait un peu de mordant dès le début du deuxième acte. Alors que l’un des spectateurs lui demandait de « lâcher les chevaux », l’Alsacien semblait en effet prendre de plus en plus confiance. Alors que le soleil revenait par intermittence, les « Paulo, Paulo » se faisaient écho un peu partout dans les tribunes. L’ancien N.12 mondial retrouvait en effet quelques coups d’éclat et mettait à mal le service du Japonais. Par deux fois, il lui prenait son service, mais à chaque fois, Nishikori remettait les pendules à l’heure. Et les dieux du tennis prenaient visiblement partie pour le récent vainqueur du tournoi de Barcelone, lorsque la balle de set heurtée par le filet, tombait mollement du côté du Français.

En route vers les demi-finales

Le public pouvait maudire le filet, la logique sportive était jusqu’alors respectée. Mené alors deux sets à rien, PHM perdait alors pied face à la belle mécanique adverse. S’il parvenait à remporter son premier service, le Français lâchait prise pour s’incliner en trois manches, 6-3, 7-5, 6-1. Auteur de 34 coups gagnants contre 19, Kei Nishikori pouvait s’offrir tranquillement un ticket mérité pour le deuxième tour. Pour sa cinquième participation, le Japonais caresse l’espoir de faire beaucoup mieux qu’un huitième de finale, sa meilleure performance jusque là (en 2013). Avec un tableau plutôt dégagé jusqu’en demi-finale et un probable choc face à Roger Federer, Nishikori peut engranger encore un peu de confiance.

Romain Bonte