Océane Dodin
La jeune joueuse française Océane Dodin | AFP - MUSTAFA YALCIN

Mladenovic et Cornet ont assuré, Hesse, Dodin, Andrianjafitrimo et Lim ont trébuché

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La journée des Bleues a été mitigée. Si les têtes d’affiche (Cornet, Mladenovic) et les "anciennes" (Razzano), la jeune garde (Andrianjafitrimo, Dodin, Hesse) et les éternelles espoirs (Lim) ont trébuché lors de ce premier tour. Retour sur une journée entre joie et déception.

Mladenovic a su dompter les vents contraires

Pour voir du Bleu ce mardi à Roland-Garros, il ne fallait pas regarder le ciel qui est resté désespérément gris – mais n’a pas pleuré comme lundi – mais plutôt baisser les yeux sur les terrains. Car avec pas moins de 17 Français engagés, il y aurait pour tout le monde. Chez les filles, elles étaient sept à débuter leur tournoi. Et de tous les âges : des très jeunes comme Tessah Andrianjafitrimo (17 ans) aux plus âgées comme Virginie Razzano (33 ans) en passant par les leaders du clan français (Alizé Cornet et Kristina Mladenovic). "Kiki" a été la première à se mettre en action et la grande blonde a refait le coup de 2014 où elle avait sorti une ancienne tenante du titre, la Chinoise Na Li. En 2016, la Française a dominé l’Italienne Francesca Schiavone (vainqueur en 2010, finaliste en 2011). "Je m’attendais à un match très difficile, même si elle est plus âgée qu’avant, ça reste sa meilleure surface" a déclaré Mladenovic. "C’était loin d’être facile, les conditions étaient difficiles, a-t-elle observé, il faisait froid, le terrain était lourd". Des conditions qui l’ont fait souffrir car "c’était dur de faire avancer la balle, de la déborder". D’autant que l’Italienne a de beaux restes, "elle met beaucoup de poids et d’effets dans la balle", a étayé la numéro 1 français.

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Cornet et la "magie de Roland"

Longtemps ce dossard de numéro 1 tricolore a été la propriété d’Alizé Cornet. Aujourd’hui, troisième joueuse française, la 50e mondiale a eu la vie facile contre Kirsten Flipkens. Un seul jeu abandonné en route et une victoire qu’elle n’espérait pas "aussi facile". "J’ai fait une super entame, j’ai été solide et j’ai mis en place tout ce que je voulais faire". Pourtant, elle partait de loin. Car depuis sa finale à Hobart en janvier, elle n’avait remporté que quatre matches. "Il n’y a pas de règles, a-t-elle assuré, une année j’étais arrivée après avoir remporté Strasbourg (le tournoi avant Roland, ndlr) et j’avais plus de repères. Là, c’est tout le contraire. Mais c’est mieux d’avoir un capital confiance élévé parce que le stress est là et qu’on peut s’accrocher à quelque chose". Cornet attend désormais son prochain tour contre Tatjana Maria, son revers à une main et "sa bonne vision du jeu". Classée 111e mondiale, l’Allemande est dans les cordes de la Française qui espère ne pas "tomber dans les pièges de Roland". Poussée par le public du court numéro 2, elle attend juste que la "magie de Roland" continue d’opérer.

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Tessah Andrianjafitrimo, sévère première

La nouvelle vague Bleue, elle, n’a pas connu les mêmes joies que leur chef de file. Bien au contraire. Pour la toute jeune Tessah Andrianjafitrimo, le match a tourné à la correction. Un 6-0, 6-0 pour l’invitée du tableau final. Son premier en carrière pour lequel, elle n’a même pas cherché d’excuses : "J'ai mal préparé le tournoi, ce qui fait que je récolte ce que j'ai semé". L’heure était au mea-culpa car insouciance de la jeunesse oblige, elle a voulu "faire ce qu’(elle) voulait faire". "Je pense que j'ai encore des choses à apprendre. Je suis encore jeune. Je voulais faire ma grande alors que je n'avais pas à le faire. Voilà". Elle aura payé pour apprendre. Apprendre qu'elle devrait "continuer à écouter (son) coach encore plus et à se donner encore plus de discipline pour les jours à venir, et puis pour la suite de (sa) carrière". La progression de la jeune fille de 17 ans passait sans doute par là.

L’impuissance d’Alizé Lim

Alizé Lim n’est plus à proprement parlé un espoir, mais à 26 ans, elle n’a jamais confirmé les promesses de son potentiel. Pour son troisième Roland-Garros, elle quitte encore le tournoi au premier tour. Sur un court plus intimiste (le 14) – "j’avais l’impression de jouer un match ‘normal’ ou des qualifications de Grand Chelem" - que le Central où elle avait affronté Serena Williams en 2014, elle a subi la puissance de Camila Giorgi. "Je suis forcément déçue, même doublement, parce que c’est frustrant de jouer contre une fille comme elle. Cela va tellement vite", a-t-elle soufflé. Les rares opportunités qu’elle a eues se sont envolées face à une joueuse en réussite : "elle fait ‘winner’ sur ‘winner’ (…) elle avait ces moments et moi je regardais passer les balles". Gênée par les conditions, comme Kristina Mladenovic, elle a eu l’impression que sa balle "pesait deux tonnes" ce qui l’a empêché de mettre en place le plan de jeu décidé, à savoir "jouer long".

Amandine Hesse, touchantes larmes

Elle est arrivée en conférence de presse les yeux rouges. Quelques gouttes ont perlé. Mais en professionnelle, elle s’est reprise et a répondu aux questions. Même celles qui font mal. "J’ai l’impression de ne pas avoir existé sur le court. Elle a été très bonne du début à la fin, a-t-elle analysé, moi j’ai bien commencé mais il a suffi qu’elle breake pour que je baisse en régime". "Elle m’a dévorée", a-t-elle résumé. L’an dernier, elle avait réussi à passer le premier tour, elle espérait revivre ce sentiment. Elle l’attendait même. La déception n’en a été que plus grande. La pression aussi car elle avait "des points à défendre". "J’étais peut-être trop excitée, j’avais vraiment hâte d’y être, donc ne pas rester une heure, c’est vraiment difficile", a-t-elle conclu.

Océane Dodin, une défaite mais des enseignements

Pour son deuxième Roland-Garros, Océane Dodin a eu droit aux honneurs du Suzanne Lenglen face à une ancienne vainqueur Ana Ivanovic (2008). Un grand moment mais forcément dur à gérer quand on a 19 ans. Résultat, un "petit 6-0" dans la première manche. "J’ai eu une petite trouille, a-t-elle avoué, c’était mon premier gros match sur un gros court. Je n’étais pas impressionné mais ça ne voulait pas, ça restait dans la raquette". Cette "bulle" l’a remise à l’endroit, "je me suis rebellé parce que je ne voulais pas en prendre deux comme ça". Elle a retrouvé sa première balle et son service, les indicateurs de la bonne santé de son jeu. Puis elle a calé au début de la troisième manche. Ce break raté au premier jeu la dérègle à nouveau. "Je vois que je ne suis pas si loin, j’aurai dû mieux servir dans les moments importants, être plus régulière", a-t-elle assuré. Pour elle, comme pour les autres, le rendez-vous est pris pour les prochaines éditions.

Benoit Jourdain @BenJourd1