Michael Llodra
Michael Llodra | Francetélévisions

Michaël Llodra : "Il faudra compter sur Nadal"

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Michaël Llodra s'est livré au petit jeu des pronostics à quelques jours du début de Roland Garros. Pour lui, si Novak Djokovic fait figure de favori, il ne faudrait surtout pas enterrer Rafael Nadal. Le nouveau consultant tennis de Francetélévisions croit également beaucoup en Gaël Monfils côté français tout en regrettant la disparition des purs attaquants.

Quel est votre favori dans le tournoi messieurs cette année ?
Michaël Llodra : J’en vois deux qui se dégagent. D’abord Novak Djokovic qui gagne tout depuis plusieurs mois. Ce qu’il arrive à faire, que ce soit sur terre ou sur dur, est incroyable. Et puis, qu’on le veuille ou non, Rafael Nadal sera là, il faudra compter sur lui. Même s’il semble un peu moins bien cette saison, il a quand même gagné neuf fois le titre, il n’a perdu qu’une seule fois, ça reste un tournoi particulier où il a ses propres repères, notamment su le Central qui est un court pas facile du tout à apprivoiser. Et puis il ne faut pas oublier que Roland Garros se dispute au meilleur des cinq manches, ce qui n’a rien à voir avec un tournoi ordinaire. Là, l’Espagnol peut faire jouer sa puissance et son endurance physique.

Qui pourrait créer la surprise ?
M.L : Kei Nishikori peut vraiment tirer son épingle du jeu. De par son petit gabarit il se déplace très vite et il a un excellent coup d’œil. On peut penser qu’il est avant tout un joueur de dur mais il est aussi très à l’aise sur terre battue. L’an passé à Madrid, il mène 6-2, 4-2 contre Nadal, cette année il vient de remporter le tournoi de Barcelone, c’est vraiment un joueur qui pour moi peut faire sensation à Roland Garros.

Quel Français possède le plus de chances de briller cette année ?
M.L : Gaël Monfils. C’est le joueur le plus complet sur terre battue. Techniquement, physiquement, il a les armes pour réaliser une grande performance. Il l’a déjà prouvé par le passé en atteignant les demi-finales. Il a aussi montré sa motivation en changeant sa structure d’entraînement, en prenant un nouveau coach, un préparateur physique, un kiné… On se dit que si tout se goupille bien, avec l’appui du public, il peut aller très loin. Richard Gasquet peut aussi briller mais c’est toujours pareil avec Richard. On sait tous qu’il a du génie dans la raquette mais, physiquement, je pense qu’il est un peu moins fort que Gaël et qu’il risque peut-être de coincer un peu à partir du money time des quarts ou des demi-finales. Mais sur un match c’est sûr qu’il peut battre n’importe qui.

Yannick Noah est le dernier serveur-volleyeur à avoir remporté Roland Garros en 1983. A-t-on une chance un jour de voir un autre pur attaquant soulever la Coupe  ?
M.L : Clairement, tant qu’il n’y aura pas de nouvelles réformes dans le tennis, je ne pense pas qu’on reverra des joueurs faire service-vollée. Quand j’ai débuté mes idoles s’appelaient Henri Leconte et Stefan Edberg qui pratiquaient tout le temps ce type de jeu alors qu’aujourd’hui les plus jeunes s’identifient à Nadal ou Djokovic qui sont des contreurs de fond de court. Du coup, il est impossible à ces jeunes de développer des qualités naturelles d’attaquant. De plus, faire service-vollée aujourd’hui, avec ces nouvelles balles plus lourdes et l’arrivée des nouveaux cordages qui accentuent les effets, c’est devenu complètement improbable de penser qu’un attaquant puisse gagner un jour Roland Garros. A l’époque des Ivanisevic, Sampras ou Roddick, les gens en ont eu marre de voir des aces mais au lieu de ralentir un petit peu les conditions de jeu, ils ont rendu plus lentes les surfaces de tous les courts tout en grossissant les balles. Globalement je trouve qu’aujourd’hui les joueurs ont tous un peu le même jeu et qu’on ne voit plus trop les différences propres à chaque surface. C’est encore plus flagrant chez les filles où elles ont toutes les mêmes caractéristiques. Aujourd’hui elles savent toutes taper dans la balle, celle qui l’emportera sera celle qui frappe le plus fort.

Julien Lamotte