Richard Gasquet, le 1er juin 2016, lors de son quart de finale à Roland-Garros face à Andy Murray.
Richard Gasquet, le 1er juin 2016, lors de son quart de finale à Roland-Garros face à Andy Murray. | AFP

Il aurait fallu plus que l'appui du Central pour porter Gasquet

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Mercredi après-midi, le parcours de Richard Gasquet à Roland-Garros s’est arrêté en quarts de finale. Pendant deux sets, porté par le public du Central, le dernier Français en lice a résisté à Andy Murray. Mais l’Ecossais a éteint l’enthousiasme du public parisien, en survolant les deux dernières manches (5-7, 7-6, 6-0, 6-2). Le numéro 2 mondial accède au dernier carré. Il y retrouvera le tenant du titre, le Suisse Stanislas Wawrinka, solide face à Albert Ramos-Vinolas (6-2, 6-1, 7-6).

La "Gasquetmania" attendra encore. Au moins jusqu’à 2017. Car cette année, à Roland-Garros, l’engouement autour de Richard Gasquet n’a pas eu le temps de prendre plus d’ampleur. Il s’est évaporé mercredi après-midi. Le Français n’avait jamais atteint les quarts de finale sur la terre battue parisienne ? Il n’ira pas plus loin. Andy Murray lui a barré la route du dernier carré (5-7, 7-6, 6-0, 6-2). Tuant dans l’oeuf l’enthousiasme suscité par la performance du Biterrois face à Kei Nishikori, dimanche.

Cet enthousiasme ne sautait pas aux yeux mercredi matin, aux abords du court Philippe-Chatrier. Sur les coups de 11h15, pendant que Murray chauffait la machine sur le court n°5, pas le moindre drapeau tricolore à l’horizon. Les spectateurs croisés autour du Central, douchés par la pluie des deux derniers jours, n’avaient qu’une obsession: "voir du tennis". "Si on peut voir un peu plus de deux heures de jeu, ironisait Antoine, la trentaine. Gasquet, ce sera la cerise sur le gâteau."

Leconte: "Est-ce que c’est l'année de Richard ? Il faut déjà qu’il passe celui-là !"

Sur le Chatrier, les premières balles s’échangent entre Serena Williams et Elina Svitolina, quand Henri Leconte arrive au pas de course. Tout juste le temps de nous lâcher son pronostic: "Bien sûr que Richard a ses chances. Sinon, ça ne sert à rien qu’il rentre sur le court. Est-ce que c’est son année ? Il faut déjà qu’il passe celui-là !" Raté. L’Ecossais, 2e joueur mondial, était trop fort. Même pour tout un Central en mode diesel.

Pendant une demi-heure, le public parisien est resté sur la réserve. Les gradins du Chatrier étaient à moitié vide. Quelques "Richard !" par ci. Quelques applaudissements par là. Mais pas une ambiance électrique de nature à transcender Gasquet. Jusqu’à ce que le Français se prenne les pieds dans le tapis ocre, à 5-2. Il était 14h49. On jouait depuis trente-deux minutes. Et Murray survolait ce quart de finale.

VIDÉO : le gadin de Gasquet à 5-2

Ce gadin, aussi anecdotique soit-il, a sonné le réveil de Gasquet. Et celui du court Philippe-Chatrier avec. Les gradins se sont peu à peu remplis. Ils se sont mis à applaudir les deux double-fautes de Murray. A exulter lorsque la bande du filet a choisi le camp tricolore pour déposer un amorti du bon côté. Puis à s’extasier lorsque son protégé a conclu le premier set en 1h07 (7-5).

Le scénario a failli bégayer dans le deuxième. Porté par le Central, Gasquet est revenu de 5-2 à 5-5. 

VIDÉO : Quel réflexe de Gasquet au filet !

Mais cette fois, il a cédé dans le tie break (6-7). La troisième manche, Murray l’a survolée. 6-0 en 30 minutes chrono. Idem dans la quatrième. 6-2 en 34 minutes. Une heure plus tôt, le Central ne demandait qu’à monter au septième ciel. Il est vite redescendu sur terre. Gasquet n'est pas un showman à la hauteur d'un Monfils ou d'un Tsonga.