Bourge-Murray
Mathias Bourgue a donné du fil à retordre à Andy Murray | Thomas SAMSON / AFP

Mathias Bourgue se souviendra longtemps de son marathon face à Andy Murray

Publié le , modifié le

Il est la sensation de ce début de quinzaine à Roland-Garros et pourrait bien être la révélation de cette édition 2016, Mathias Bourgue a tenu la dragée haute à Andy Murray sur le court central. Le plus grand moment de sa jeune carrière et le début d'autre chose.

"Avant le match, mon entraîneur m’a montré une vidéo de Mohamed Ali, il disait qu’il boxait pour boxer devant beaucoup de public". Cette astuce psychologique du coach de Mathias Bourgue a marché… à retardement. "Effrayé" par le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros, l’Avignonnais a mis un set pour lâcher ses coups et faire mal à son adversaire. A partir de là, il a joué les yeux dans les yeux, et même mieux, avec le numéro 2 mondial. Une performance majuscule dans une carrière qui débute à peine (164e mondial, 22 ans). Des moments gravés dans sa mémoire aussi. Sans doute a-t-il rêvé jouer un grand joueur sur le Central, peut-être même s’est il vu le battre, mais l’émotion et la ferveur qui ont régné sur le Central, pendant les troisième et quatrième manches, jamais il n’a pu l’imaginer. "Je joue au tennis pour ce genre d’émotion, a-t-il lâché visiblement ému en conférence de presse. J’espère en revivre."

"Il jouait doucement"

Des moments comme ça, ce sont deux sets de très haut niveau pendant lesquels selon Andy Murray lui-même, il a "dicté le jeu", notamment avec son grand coup droit. De l’intérieur, Bourgue ne les a pas vécus comme des moments irréels. "Je ne me sentais pas du tout dans la zone" (quand un joueur réussi tout ce qu’il tente, même au-dessus de son niveau). Concrètement ? Avec la fraîcheur qui le caractérise visiblement, le 164e joueur à l’ATP a reconnu qu’il avait été surpris que Murray lui "laisse du temps". De là, il a pris confiance et a décidé de jouer "un peu comme lui". C’est dire la confiance qui habite ce joueur de 22 ans qui progresse depuis "six-sept mois" selon ses propres mots. "Il m’a aidé avec son jeu, il jouait vraiment doucement". Un rythme qui a permis à Bourgue de faire lever le Central à plusieurs reprises et de recevoir une standing ovation bien méritée.

Le conseil de Simon

Mathias Bourgue est un jeune joueur, et comme tous les jeunes joueurs, il n’hésite pas à livrer ses émotions à la presse. C’est au bord des larmes qu’il a évoqué sa déception d’avoir perdu. Loin de la satisfaction du travail bien fait. Même s’il est "très fier" d’avoir dominé un joueur comme Andy Murray, double vainqueur en Grand Chelem. Comme tous les jeunes joueurs, Bourgue demande aussi des conseils aux anciens. Dans son cas, c’est Gilles Simon qui lui a glissé une petite astuce. Le moment comique de la conférence de presse : "Gilou m’avait dit de prendre un coca et un mars quand j'étais fatigué, donc j’ai demandé un mars. J’ai eu un twix". Avec le jeu qu’il a, la tête sur les épaules comme il semble l’avoir et les conseils d’un ancien top 10 comme Simon, Bourgue est promis à un bel avenir. S’il va repartir sur son quotidien des Challengers (la deuxième division du tennis), il espère revenir à Roland-Garros l’année prochaine. "Avec un classement qui me le permet et pas une invitation".