Marché noir: La revente à la sauvette est morte, vive internet !

Marché noir: La revente à la sauvette est morte, vive internet !

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Autrefois physique aux abords du stade, le marché noir des billets de Roland-Garros a migré vers internet. La Fédération française de tennis prend ce problème très au sérieux, d'autant plus que la billetterie du Grand Chelem parisien représente 13% du chiffre d'affaires de la Fédération.

Il est quasiment fini le temps où en approchant d'une manifestation sportive l'on était pris d'assaut par des revendeurs à la sauvette. Aux abords de Roland-Garros cette année, plus de vendeurs, que des acheteurs. En nombre. En effet, sous l'action de la Fédération française de tennis (FFT) et de la police, la revente illicite de billets a migré vers internet. Perdant son caractère physique et rendant la lutte plus difficile." La FFT a été pionnière dans la lutte contre la revente illicite", nous apprend Emilie Montané, directrice juridique de la Fédération.

Internet, nouvel eldorado

Pour FranceTV Sport, elle dresse la liste des actions mises en place par la FFT pour anéantir le fléau du marché noir. "Nous effectuons beaucoup de choses en amont. Chaque acheteur est prévenu qu'il est interdit de revendre les billets en dehors de la bourse d'échange officielle". Cette bourse d'échange existe sur le site Viagogo, un habitué de ces démarches. De fait, le marché noir est devenu numérique, via des "plates-formes comme E-Bay" nous apprend Emilie Montané.

"E-Bay est très coopératif. Les annonces qui concernent une revente de place pour Roland-Garros sont systématiquement supprimées" insiste la directrice juridique de la FFT. Cependant ceci nécessite un travail de fourmi. Comprenant que les annonces trop explicites ne passaient pas, les revendeurs usent de subterfuges pour détourner l'attention du géant du web.

Condamnation pour revente illicite

Mais comme partout, quand un robinet est coupé, un autre s'ouvre ailleurs. Les plates-formes internationales sont plus difficiles à contrôler du fait de leur implantation dans des pays moins armés juridiquement. Le contentieux n'est pas une habitude à la Fédération "sauf quand les sommes sont importantes" rappelle Emilie Montané. Lundi 4 mai, le responsable d'un trafic de billets a été condamné par la 12e Chambre Correctionnelle du Tribunal de grande instance de Paris à une peine de 15 000 € d’amende, à 15 000 € de dommages et intérêts au profit de la FFT. De quoi calmer les plus téméraires.

L'arme quasi-fatale contre le marché noir est le billet électronique. "Aujourd'hui il concerne 98% de la billetterie" explique Madame Montané. A l'arrivée à Roland-Garros, une pièce d'identité est demandée avec celui-ci. Rendant, de facto, la revente illicite plus difficile à mettre en place. Malheureusement, il est encore compliqué de complètement anéantir le marché noir. 

Christophe Gaudot @ChrisGaudot