Justine Henin
Justine Henin, quadruple vainqueur à Roland-Garros | Yves Logghe/AP/SIPA

Justine Henin : "Roland-Garros, c’est mon jardin"

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Justine Henin, quadruple vainqueur à Roland-Garros et désormais consultante pour France Télévisions, évoque l’affection qu’elle voue aux Internationaux de France, qu’elle considère comme son jardin. La Liégeoise s’exprime par ailleurs sur l’évolution du tennis féminin, devenu plus physique, et parle également de la relève du tennis belge.

Comment expliquez-vous votre si grande réussite à Roland-Garros, avec quatre victoires finales (2003, 2005, 2006 et 2007) ?
Justine Henin :
"C’est le tournoi qui me convenait le plus pour de nombreuses raisons. D’abord parce que j’ai grandi sur la terre battue, c’est le tournoi que je suivais quand j’étais petite. A la télévision je regardais Steffi Graf, on est même venu ici avec mes parents quand j’avais dix ans. Il y a la proximité avec la Belgique qui fait que je me suis toujours sentie un peu dans mon jardin. Et c’est aussi la manière dont j’ai travaillé sur cette surface, la manière dont j’ai réussi à l’exploiter. Il faut être capable vraiment de la maîtriser, de glisser, de garder le rythme. Moi, je n’étais pas une pure attaquante, j’étais une joueuse avec une bonne défense, et qui saisissait les opportunités quand elles se présentaient, et donc j’avais un jeu idéal pour ça. Je n’avais pas un gabarit des plus costauds… C’est le tournoi qui me laisse le plus de bons souvenirs, et où j’arrivais ici comme à la maison, avec beaucoup de pression et de rêves. Maintenant, y revenir dans ces conditions là (en tant que consultante pour France Télévisions, ndlr), ce n’est que du plaisir pour moi."

Depuis votre dernier titre ici en 2007, pensez-vous que le tennis féminin a changé ?
JH :
"Le tennis a évolué, il est devenu plus physique. Roland-Garros est peut-être le tournoi où les filles ont le plus de mal à exprimer leur potentiel parce que l’on a peu de joueuses de terre battue, qui arrivent notamment à glisser. La plupart des filles arrivent et jouent comme sur dur, en essayant de jouer sur leurs forces, et ça passe ou ça casse. C’est pour ça que j’aime bien Simona Halep, elle sait maîtriser la surface. Roland-Garros, pour moi, c’est peut-être le plus difficile à gagner dans le sens où une quinzaine c’est éprouvant, surtout sur terre battue. C’est une surface exigeante, qui requiert plein de qualités différentes, maintenant on n’est pas à l’antithèse de ce que l’on a connu il y a dix ans. Il faut juste être la meilleure parce que le niveau continue de monter."

On a le sentiment que la relève tarde à venir pour le tennis belge…
JH :
"Pour le tennis belge, c’est difficile oui, côté féminin il y a Kristen Flipkens qui est un peu sortie du lot depuis un an ou deux. Pour Yanina Wickmayer, il y a toujours un peu d’attente, et il y a quelques jeunes qui commencent à arriver, mais on n’est pas dans une attente de top 10 mondiale à l’heure actuelle. C’est difficile pour un petit pays de reproduire ce que l’on a pu produire avec Kim (Clijsters), car on a mis la barre très haut, avec des finales de Grand Chelem l’une contre l’autre, des places de N.1 et N.2 mondiales… Chez les hommes on a une montée en puissance de David Goffin, il a une technique impressionnante, il a intégré le Top 20, c’est un joueur que j’aime beaucoup. On remarque tout de même qu’en Belgique il y a beaucoup de talent, parfois il faut que la mentalité suive, et le physique aussi parce que c’est dans le jeu actuel. Mais Goffin est prometteur de belles choses je pense."

Romain Bonte