Jérémy Chardy
Jérémy Chardy | MARTIN BUREAU / AFP

Jérémy Chardy kiffe Roland-Garros même sous la pluie

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Vainqueur ce lundi de l’Argentin Leonardo Mayer en quatre manches (6-4, 3-6, 6-4, 6-2) pour son entame de tournoi, Jérémy Chardy aimerait revivre de grandes émotions lors de ce Roland-Garros 2016. Comme l’an dernier et surtout comme en 2008 lorsque le Béarnais avait réussi l’exploit de sortir David Nalbandian en cinq sets renversants.

C’est incontestablement l’exploit le plus retentissant de sa carrière. Lors de l’édition 2008, alors qu’il n’avait que 21 ans, qu’il n’émergeait qu’au 145e rang ATP et qu’il avait bénéficié d’une wild-card, Jérémy Chardy s’était payé le scalp de l’un des joueurs les plus brillants de la génération Federer : David Nalbandian. Mené deux manches à rien par le talentueux Argentin, le Palois avait logiquement retourné la situation en assénant de grandes gifles de coup droit à son rival, écoeuré devant tant de fluidité dévastatrice (3-6, 4-6, 6-2, 6-1, 6-2).

Parcours chaotique​

Sans maîtrise, la puissance n’est rien. Ce jour-là, Chardy avait parfaitement respecté l’adage. Et même s’il ne s’agissait que d’un 32e de finale, ce match a fait beaucoup pour la notoriété d’un garçon discret qui est toujours resté dans l’ombre des nouveaux Mousquetaires.


L’histoire de Jérémy Chardy n’est pourtant pas linéaire. De son unique sacre à Stuttgart en 2009 (1-6, 6-3, 6-4 contre le Roumain Victor Hanescu) à sa séparation douloureuse avec son ancien coach Frédéric Fontang en passant par son statut de sauveur de l’équipe de France de Coupe Davis lors d’un Autriche-France disputé dans un hangar traquenard (il avait dominé Melzer et Fischer pour apporter deux points décisifs), le droitier au revers à deux mains a vécu des hauts et des bas assez prononcés.

Wawrinka en point de mire

Aujourd’hui plus serein, à 29 ans, Chardy sait qu’il est déjà entré dans la seconde moitié de sa carrière. Il souhaite en profiter tout en retrouvant le niveau qui lui a permis d’éliminer l’an passé les têtes de série 17 (John Isner) et 16 (David Goffin) sur cette surface ocre sur laquelle il peut lâcher ses coups droits parpaings. Sa 10e participation à Roland-Garros sera scrutée car on attend du protégé de Magnus Tideman qu’il franchisse un cap. Problème : après Leonardo Mayer en entrée et un 2e tour a priori très abordable, le licencié de la Villa Primrose pourrait affronter Stan Wawrinka dès le 3e tour.

Défier le tenant du titre ne serait pas une sinécure. Le Suisse a progressé comme personne depuis trois ans et il a franchi un cap mental en gagnant sur la terre battue de la Porte d’Auteuil tandis que les Français sont souvent soupçonnés d’être légers sur ce point. Un constat réfuté par Jérémy Chardy dans les colonnes de 20 Minutes. "Ça m’énerve car c’est toujours facile comme explication. On sort ça directement, quand on ne sait pas trop quoi dire sur un match. Dans les faits, il y a plein de paramètres qui peuvent jouer. En France, on ne parle que de ça, on est très négatif sur l’aspect mental de nos sportifs".

"La pluie ? Ca passe tout seul quand tu joues"

Serait-il un contre-exemple ? Même la pluie qui tombe dru sur Paris semble glisser sur lui. "Sur dur, ça glisse toute de suite et ça devient dangereux. Sur terre battue, ça gêne au service si la balle est mouillée mais ensuite, ça passe tout seul quand tu joues. Parfois, la pluie te donne même un court parfait en le mouillant un peu".

Pour Chardy qui s’est confié au site metronews.fr, Roland-Garros reste un rêve : "C’est vraiment mon tournoi préféré, j’ai grandi avec. A cette période de l’année quand j’étais enfant ou ado, c’était Roland. Et maintenant je le joue ! C’est un rêve… Non, le vrai rêve, ce serait de le gagner un jour, mais ça, c’est beaucoup plus dur dans la réalité…"

Plus de maîtrise aujourd'hui

"Quand je fais mon premier 8e à Roland en 2008, c’était la surprise totale, personne ne me connaissait", a-t-il encore souligné. "J’avais joué à un niveau de jeu que je n’avais jamais atteint. C’était presque irréel. L’an dernier, je m’arrête au même stade, mais il y a quelque chose de plus logique. J’avais mon classement (45e à l’ATP il y a un an, ndlr) et je n’ai pas surjoué. J’ai battu des gars que j’avais déjà battus, c’était plus maîtrisé. Même contre Murray, je perds (défaite 4-6, 6-3, 3-6, 3-6) mais je fais un bon match".