Amandine Hesse
Amandine Hesse a tout tenté pour ses grands débuts dans le tableau final | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Hesse, un revers mais du caractère

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Grand espoir du tennis tricolore féminin, Amandine Hesse (21 ans) n'a pas démérité pour ses grands débuts dans le tableau final de Roland-Garros. La jeune Française s'est inclinée en trois sets (3-6, 6-3, 6-4) contre Yvonne Meusburger, la 40e joueuse mondiale, mais a eu l'occasion de faire étalage de son potentiel... et de son tempérament.

Souvent, elle a eu besoin de s'arrêter entre deux échanges. Souffler un bon coup, respirer, et s'auto-persuader : "Calme-toi. Reste concentrée". Car Amandine Hesse, 21 ans, est une véritable boule d'énergie, au coup droit et au service très puissant, à la technique déjà impressionnante... et au caractère bien trempé. Auteur d'un premier set exceptionnel (remporté 6-3 en 48 minutes), Hesse a vite mis le public du court n°1 dans sa poche, elle qui était jusqu'alors restée bloquée au stade des qualifications et qui profitait d'une invitation pour découvrir son premier Grand Chelem. 

Profil puncheuse

Classée 221e mondiale (elle était 418e fin 2012), Hesse a tout fait pour résister au calme et à la maîtrise de Meusburger, pensionnaire du top 50. Très démonstrative, elle n'a reculé devant rien : elle a  hurlé de joie et crié de rage, sous les encouragements d'une foule qui lui promettait que "rien n'est fini!", qu'il "faut y croire!". C'est souvent au moment où elle s'est trouvée dans la plus inconfortable des situations qu'elle a réussi à sortir ses plus beaux amortis, ses services les plus puissants (13 aces à 2). Malgré son inexpérience, elle a tout fait pour repousser l'échéance, résistant en vain dans le deuxième, s'accrochant tant bien que mal dans le troisième en sauvant notamment trois balles de match.

Mais l'impressionnante opposition de style, face à une adversaire tout en self-control (sauf au moment où Meusburger a véhément contesté une décision arbitrale, provoquant une pause de près de dix minutes à la suite de laquelle la Toulousaine s'est écroulée), a finalement tourné en faveur de l'Autrichienne. Avec 52 fautes directes et 8 double fautes, Hesse a finalement provoqué sa propre perte. Déçue et éreintée, elle a pourtant bien mérité sa standing ovation. Sa première porte d'Auteuil, mais assurément pas sa dernière. 

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer