Jérôme Golmard
Jérôme Golmard poursuit son dur combat contre la maladie de Charcot | Capture d'écran FranceTV Sport

Golmard va continuer à se battre

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L'ancien joueur de tennis Jérôme Golmard, qui a vécu une brutale descente aux enfers il y a quatre mois, poursuit son combat contre la maladie de Charcot aux côtés de la famille du tennis, qui l'a chaleureusement entouré samedi à Roland-Garros.

"Je suis très touché d'être parmi vous aujourd'hui. Vous savez que ce n'est pas facile pour moi. Cette maladie m'a mis dans un fauteuil à ce jour et je vais tout donner, je fais tout pour la combattre et surtout la battre", a dit, très ému, Golmard. L'ancien joueur de 40 ans s'est exprimé devant un parterre d'amis, de champions, d'hier et d'aujourd'hui comme Henri Leconte, Cédric Pioline ou encore Mickael Llodra, et de la ministre de la Jeunesse et des Sports, Najat Vallaud-Belkacem, venue le saluer. Et puis en fin de journée, c'est le grand champion espagnol, Rafael Nadal, qui est allé l'embrasser à la fin de son match victorieux contre l'Argentin Leonardo Mayer sur le court central.

Ovation du Central

Nadal a très longuement applaudi Golmard, pour qui tout le Central s'était levé, lui réservant une vibrante standing-ovation. Golmard, N.22 mondial en 1999, a appris le 14 janvier dernier qu'il souffrait de la maladie de Charcot, ou sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurologique dégénérative incurable. Plusieurs sportifs ont été atteints de cette maladie, qui se déclare généralement à l'âge adulte. L'Australien Brad Drewett, ancien joueur de tennis, a démissionné de son poste de président de l'ATP le 14 janvier 2013 après avoir appris qu'il avait la maladie de Charcot. Il est décédé quatre mois plus tard, le 3 mai 2013, à l'âge de 54 ans.

"Je ne veux pas accepter, je ne veux pas y croire. Je fais tout pour y arriver", a lancé Golmard dans la salle de conférence principale des Internationaux de tennis de Roland-Garros, où l'émotion était palpable. "Cela a été tellement vite la descente que je me suis dit: 'je vais y passer à ce rythme-là, c'est infernal !'. J'ai maigri, je n'ai fait que dormir, ce n'est pas possible, c'est impossible", a-t-il raconté. Golmard s'est tourné vers la recherche et a découvert à Porterville, en Californie, un traitement médical expérimental, qui serait en cours d'agrément et qu'il a reçu le 12 mai.

Ne pas accepter

"Cela fait trois semaines que j'ai stabilisé mon état et pour moi, c'est déjà phénoménal. J'ai même repris un peu de poids. Ca fait trois semaines que je suis plutôt en forme", a-t-il souligné. "J'ai croisé d'autres malades à l'hôpital et c'est dur parce que je vois ce qui doit m'arriver. Mais j'ai confiance. Je vais tenir", a dit l'ancien joueur, qui ne cesse de collecter des données sur cette maladie et qui s'est dit "prêt à aller beaucoup plus loin". Golmard a créé une association pour venir en aide aux victimes de la SLA (associationjeromegolmard.org).

La SLA détruit progressivement les cellules nerveuses contrôlant les muscles moteurs, engendrant affaiblissement et paralysie graduelle. Le plus souvent des troubles respiratoires provoquent le décès des malades dans des délais allant de quelques mois à plusieurs années. Selon l'Association pour la recherche sur la sclérose latérale amyotrophique (Arsla), la SLA est la maladie neurologique chronique la plus courante après la maladie d'Alzheimer, avec 6000 à 8000 personnes atteintes en France.

VIDEO : Jérôme Golmard sur le plateau de France Télévisions

AFP