Gilles Simon
Le Français Gilles Simon | AFP - PATRICK KOVARIK

Gilles Simon en rouleau compresseur contre Pouille

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Le N.1 français, Gilles Simon (N.13), a fini par s'imposer contre son compatriote Lucas Pouille, au 1er tour de Roland-Garros. La tête de série N.12 a mis un set avant de prendre la mesure de son jeune adversaire, qui s'incline 3-6, 6-1, 6-2, 6-4.

C'est un rouleau compresseur, qui tourne avec du diesel. Cela démarre doucement, mais lorsque le moteur est chaud, lorsqu'il est lancé, la machine semble inarrêtable. Gilles Simon est un joueur à part. Pas le plus costaud, pas le plus technique, mais sans doute l'un des plus intelligents sur le terrain. Presque tous ses adversaires savent que le joueur n'est jamais aussi dangereux que lorsqu'il est mené. Véritable contreur, capable de modifier son jeu de fond en comble pour prendre le dessus, le N.1 français a encore fait étalage de son "art" face à Lucas Pouille.

Emmanuel Planque, l'entraîneur de Lucas Pouille, nous avait dit hier: "Il faut qu’il s’appuie sur ses armes, sur sa frappe, son agressivité, son engagement, tout en tenant compte des spécificités de Gilles."  La tactique a fonctionné un set. Parti au triple galop, le 91e mondial a rapidement mené 4-1 dans la première manche. Derrière son coup droit, son bon service, et son punch, le joueur de 21 ans a montré tout son talent pendant 36 minutes. Le temps de boucler la première manche 6-3.

Vidéo: La 1ere manche

Simon rassuré

Ensuite, le 13e mondial a pris les choses en main. D'abord, en profitant d'une nette baisse de régime de son adversaire, coupable de nombreuses fautes qui se concluaient par un break (2-0). Puis un deuxième lors du quatrième jeu (4-0), pour finir en 31 minutes (6-1). "Au début du deuxième, je mène 0-40", se souvient Lucas Pouille. "Il met un revers gagnant et 4 services et trois aces. A partir de là, il a bien joué. Cela se joue à pas-grand-chose. A partir de là, je me crispe un peu, je fais un peu plus de mauvais choix et lui, il prend confiance, il devient un peu plus solide il s'engouffre et pour moi, cela devient un peu plus compliqué. Le plan qui fonctionnait très bien dans le premier, s'il ne marchait pas dans le deuxième c'est parce que je le faisais moins bien. Après, il a une balle qui ne tourne pas beaucoup, qui est à plat, qui flotte un peu ; c'est dur de s'appuyer dessus."

Au début du troisième set, sur un jeu blanc validé par un revers le long de la ligne, Gilles Simon subtilisait de nouveau l'engagement adverse (2-1). La différence se faisait de plus en plus grande, et la nervosité de Lucas Pouille se sentait davantage. Il faut dire que chaque décision arbitrale tournait en sa défaveur. Après avoir concédé de nouveau son service sur un jeu blanc (5-2), le 91e mondial terminait sur un horrible smash boisé, pour abandonner cette troisième manche (6-2). 

Si le quatrième set était plus équilibré, Gilles Simon parvenait encore à faire la différence à 4-4, en s'emparant du service adverse pour conclure sur le sien. Blessé au dos et contraint de déclarer forfait à Nice la semaine dernière, le N.1 français s'est pleinement rassuré. "Il y avait quelques inquiétudes on va dire, en début de match. Après, de toute façon, il jouait bien, je sentais que je n'en mettais pas assez dans mes frappes. J'en ai mis plus au service, en coup droit. Ça a tenu. C'était une bonne chose. Dès le début, il y va, il a fait un gros premier set", a analysé Simon en conférence de presse. "Il m'a envoyé un message tout de suite, qu'il fallait faire mieux. J'ai réussi à le faire au meilleur des moments. Je suis à 0/40 tout de suite. Puis la dynamique s'inverse complètement. Je lâche quelques bons services de suite, ça ne m'arrive pas souvent, pour sauver mon jeu de service, et j'arrive à gagner du terrain, à le contrer beaucoup plus efficacement et à rester détendu jusqu'à la fin."

Vidéo: L'interview de Gilles Simon

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze