coup droit Richard Gasquet Roland-Garros 2016
Richard Gasquet | PHILIPPE LOPEZ / AFP

Gasquet face à sa bête noire Murray

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Richard Gasquet va tenter ce mercredi de se qualifier pour les demi-finales de Roland-Garros pour la première fois de sa carrière. Le Français ne partira pas favori contre Andy Murray, le dauphin de Novak Djokovic au classement ATP, mais il dispose des armes pour –au moins- bousculer le Britannique sur une surface qui devrait réduire l’écart entre les deux hommes.

Aucun adversaire n’a autant éliminé Richard Gasquet en Grand Chelem qu’Andy Murray ! A quatre reprises, deux fois à Roland-Garros et deux fois à Wimbledon, l’Ecossais a sorti le Biterrois, parfois difficilement, d’autres nettement plus aisément. Le numéro 2 français n’a pas oublié ses deux premiers échecs en Majeurs contre le meilleur joueur britannique de l’après-guerre.

Deux matches renversants​

En huitième de finale de Wimbledon 2008, il passe tout près de terrasser le British sur son gazon fétiche mais il doit finalement s’incliner en cinq sets, 5-7, 3-6, 7-6(3), 6-2, 6-4. Deux ans plus tard, sur la terre ocre parisienne, Gasquet manque un peu de jus pour conclure en trois manches une rencontre qu’il perdra finalement en cinq (4-6, 6-7(5), 6-4, 6-2, 6-1). Victorieux à Bordeaux puis à Nice juste avant les Internationaux de France, le Tricolore le plus doué de sa génération avait demandé à ne débuter que le mardi, mais les organisateurs l’avaient programmé dès le lundi, ne lui permettant pas de récupérer suffisamment.

Ses deux autres échecs au meilleur des cinq sets laissent moins de regrets à Richard cœur de Lion. Vainqueur 7-6(3), 6-3, 6-2 en huitième de Wimbledon 2011 puis 1-6, 6-4, 6-1, 6-2 au même stade à Roland-Garros 2012, Andy Murray était nettement au dessus en ces deux occasions, comme le montre le bilan de leurs face à face (7-3 dont 4-0 depuis mai 2012).

Murray, la terre apprivoisée

Car si Gasquet réussit de mieux en mieux dans les grands rendez-vous (demi-finale à Wimbledon 2015 et quart à Flushing en septembre avant cette embellie printanière), Murray a accéléré quelques années avant. Sur ses 31 derniers tournois du Grand Chelem, le natif de Glasgow n’a manqué la deuxième semaine qu’une seule fois. Et il a atteint les quarts lors de 11 des 12 derniers !

Lauréat de l’US Open 2012, de Wimbledon 2013 et de la Coupe Davis la saison passée, le champion olympique en titre est devenu depuis quelques mois le challenger numéro 1 de Novak Djokovic, devant Roger Federer, Rafael Nadal ou encore Stan Wawrinka. Il s’est surtout sensiblement amélioré au fil des ans sur terre battue, sa surface la moins bonne au départ. Ses résultats dans les trois gros rendez-vous d’avant Paris plaident pour lui : demi-finale à Monte Carlo (battu par Nadal), finale à Madrid (battu par Djokovic) et succès au Masters 1000 de Rome face au numéro 1 mondial serbe.

Gasquet, de solides arguments

Richard Gasquet devra sortir le grand jeu pour déstabiliser ce grand escogriffe puissant et endurant. Il sait qu’il aura besoin d’une grosse première balle dans les moments clefs (comme contre Nishikori) afin de pourvoir se montrer très offensif pour créer des brèches dans l’admirable défense adverse (la meilleure avec celle de Nole). S’il reste attentiste, Gasquet va subir le diktat adverse et il va couvrir trop de terrain, ce qui va le fatiguer assez vite. Murray est un athlète et Richard, malgré des progrès indéniables de ce côté-là, ne tire pas dans la même catégorie.

Alterner un maximum afin de ne pas rentrer dans le rythme de Murray sera primordial. Gasquet possède une palette offensive nettement plus large que de nombreux joueurs classés entre la 5e et la 15e place mondiale. Problème, Murray est aussi un excellent manœuvrier, capable de créer du jeu et de changer de tactique si nécessaire. Mis en danger par Stepanek puis de nouveau poussé au cinquième set par le jeune Mathias Bourgue lors des deux premiers tours, le Britannique est monté en puissance depuis, sortant facilement Karlovic et Isner. Il est fin prêt pour enlever le seul Majeur où il n’a pas encore atteint la finale.

Gasquet, quant à lui, n’a concédé qu’une manche depuis dix jours. Il s’est débarrassé avec autorité de Bellucci, de Fratangelo puis de Kyrgios et Nishikori. Enfin en osmose avec le public parisien qui a longtemps attendu une grosse perf de son Richie, le Français peut espérer réaliser l’un des plus grands exploits de sa carrière, à quelques jours de ses 30 ans. S’il parvient à faire parler son talent, tous les espoirs sont permis. Mais il faudra quasiment réussir le match parfait.