Gulbis parapluie
Ernests Gulbis déchante sous la pluie | MIGUEL MEDINA / AFP

Fallait-il jouer sous la pluie à Roland-Garros ?

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Deux heures de jeu et puis c’est tout ! Après une journée blanche lundi, Roland-Garros a fait le forcing pour mettre quelques parties en route malgré la pluie. Au grand désespoir des joueurs et des spectateurs qui ne seront pas remboursés.

La colère monte dans le players lounge. « Ce n'est pas un tournoi à 10 000 dollars, c'est un Grand Chelem. » Agnieszka Radwanska ne décolère pas après son élimination en huitièmes de finale face à la modeste Polonaise Tsvetsana Pironkova (2-6, 6-3, 6-3). Touchée à une main, la N.2 mondiale n’a pas pu défendre ses chances à cause de la pluie. Pour elle, il ne fallait pas mettre un pied sur les courts aujourd’hui. «Ce matin au deuxième set, nous avons joué sous la pluie ! Je ne peux pas jouer dans ces conditions de jeu, ce n'est pas possible, a-t-elle lâché en conférence de presse. Après quelques coups, la balle devient lourde. C'est glissant aussi. En fait, la situation se complique dans ce type de conditions, la situation empire au fil des jeux. » Et avec les risques de blessure à cause du poids de la balle détrempée et du terrain glissant.

« Ce n’est pas un tournoi à 10.000 dollars »

Ce que Radwanska reproche aux organisateurs, c’est l’absence de discussion avec les joueurs. « Je n'ai pas l'impression qu'ils prennent soin de ce que nous disons, reprend-t-elle. En fait, ils se préoccupent d'autres choses je suppose. Je suis énervée, c’est le moins que l'on puisse dire. Il y a encore quelques jours qui restent dans le tournoi, pourquoi continuer à jouer dans ces conditions ? » Battue par Samantha Stosur, Simona Halep n’en pense pas moins mais n’a même pas essayé d’aller contre la décision de jouer sous la pluie. « Cela ne sert à rien, c'est un coup d'épée dans l'eau, si je puis dire, tout le monde s'en fiche, a-t-elle indiqué. Pour moi, peu importe d'avoir perdu le match aujourd'hui, en tout cas j'étais près de me blesser au dos et cela me gêne, je peux vous le dire. Mais comme je l'ai dit, personne ne prête attention à nous, nous avons dû continuer à jouer. » Sur le court N.1, David Goffin et Ernests Gulbis ont eux pris leur courage à deux mains et ont refusé d’aller trop loin. Après trois jeux disputés les deux hommes ne se sont pas relevés, franchement mécontents des conditions. Finalement, la bâche est venue abréger leur souffrance.

Service minimum

Premier appelé sur le Philippe-Chatrier face à Roberto Bautista Agut, Novak Djokovic a longtemps espéré une éclaircie, implorant le ciel d’un peu de clémence. Entre deux interruptions, le Serbe a dansé sous la pluie avec un parapluie emprunté à une spectatrice. Un show de courte durée à l’image de sa prestation du jour. Le service minimum pour les spectateurs qui ont vu le match s’interrompre juste après deux heures de jeu, les privant d’un remboursement partiel. A ce moment du match, le N.1 mondial était revenu à une manche partout avec un break en poche dans le troisième set (3-6, 6-4, 4-1). Un moindre mal au vu du scénario de ce huitième de finale. De report en report, les organisateurs ont fini par renoncer peu avant 19h00. Ce qui est certain, c'est qu'avec le report des quatre derniers huitièmes de finale dames, on ne pourra donc pas jouer les demi-finales jeudi. Décidément, le film de cette édition affirme son caractère bien trempé.

VIDEO : Djokovic danse sous la pluie