Jonathan Eysseric
Le gaucher Jonathan Eysseric | DR

Eysseric, Lamassine et Lokoli passent

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Détenteurs d'une wild-card pour ces qualifications de Roland-Garros, Jonathan Eysseric (bientôt 24 ans, 236e à l'ATP), Laurent Lokoli (19 ans, 423e) et Tristan Lamasine (21 ans, 398e) ont franchi le 1er tour à l'issue de belles bagarres. Le premier a vaincu l'Italien Viola (184e) 7-5, 4-6, 8-6 (en 2h34), le deuxième dominant le Lituanien Grigelis (245e) 7-5, 7-5 (en 1h12), et le troisième s'imposant contre le Croate Androic (222e mondial) 6-4, 3-6, 6-3 (en 1h47).

Jonathan Eysseric a été le plus patient, le plus endurant. Après 2h34 d'un combat intense, il a pu laisser exploser son bonheur après un dernier coup droit dans le couloir de Matteo Viola. "C'était pas facile, les conditions étaient compliquées, mais je suis super content de m'en être sorti." Il a un énorme sourire, mais aussi le visage fatigué d'un homme qui a tout donné. "Il faut s'accrocher. Je me suis battu", concède-t-il.

En face de lui, c'était le 184e mondial, soit un joueur avec 52 places de mieux au classement ATP, mais surtout, un adversaire qui ne "donne pas beaucoup de points, mais n'a pas de coups très forts pour te mettre à la rue". Avec sa patte gauche et son gros lift, le natif de Saint-Germain-en-Laye a plutôt profité de la pluie, continue, de la lourdeur du terrain et de sa condition physique pour faire pencher la balance: "C'était dur physiquement, il y avait beaucoup de rallyes, on glisse et on doit donc s'employer encore plus. Mais avec son jeu plutôt à plat, les conditions m'arrangeaient. Je savais qu'en le tenant, je le ferai plus rater." Quart de finaliste du Challengeur d'Aix-en-Provence après être sorti des qualifications, Eysseric, qui participait pour la 5e fois de sa carrière aux qualifications de Roland-Garros, en a franchi le 1er tour pour la deuxième fois. Au 2e tour, il jouera l'Allemand Julian Reister (N.2), qui "aurait dû être dans le tableau final s'il avait un peu mieux joué ces dernières semaines. Ce sera un match dur."

La pression de bien faire

Le sourire, Laurent Lokoli l'avait en très grand format. Pour sa première présence dans les qualifications d'un tournoi du Grand Chelem, le 423e mondial s'est offert une superbe victoire sur le Lituanien Laurynas Grigelis, 245e à l'ATP. Le score: 7-5, 7-5. Avec son énorme service (10 aces sur ce match), et un beau tempérament offensif, le protégé de Thierry Tulasne a pleinement profité de son succès, passant de longues minutes avec sa famille, ses proches, et notamment son père, Dominique, ancien joueur professionnel de football. "J'ai fait du foot étant jeune, mais il y avait toujours cette petite comparaison avec lui", se souvient-il pour expliquer son choix de la petite balle jaune. Vainqueur en 2010 du célèbre Orange Bowl aux dépens de Lucas Pouille, il a ensuite emprunté des chemins un peu plus tortueux: "J'ai connu des périodes pas évidentes. Je pratique un tennis qui peut mettre du temps à se mettre en place. Et la Fédération m'a donné ce temps", dit-il reconnaissant. A 19 ans, ce Corse de vie et de coeur avait envie de rendre cette reconnaissance: "Quand on a une wild-card, on a envie de montrer qu'on a eu raison de nous faire confiance, en allant le plus loin possible." Avec cette victoire au 1er tour, il a rempli une partie de son contrat: "C'est mon premier Grand Chelem. Il y avait pas mal de pression, et je suis très content d'avoir répondu présent. J'ai particulièrement bien servi et je suis allé chercher ce match." 

Laurent Lokoli tout sourire
Laurent Lokoli tout sourire

Sa reconnaissance, il l'envoie aussi à son entraîneur, Thierry Tulasne, avec lui depuis plusieurs mois: "Il m'a appris le goût de l'effort. Depuis le mois d'août, je bosse vraiment bien. J'ai énormément progressé mentalement et tennistiquement", se réjouit Laurent Lokoli. Il devra le prouver lors du prochain tour contre Evgeny Donskoy (N.3), 94e au classement ATP. Un sacré bond en avant pour un jeune plein de talent.