Novak Djokovic
Le Serbe Novak Djokovic | AFP - KENZO TRIBOUILLARD

Djokovic en finale de Roland-Garros

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Le Serbe Novak Djokovic (N.2) s'est qualifié pour la finale de Roland-Garros en battant le Letton Ernests Gulbis (N.18) 6-3, 6-3, 3-6, 6-3. En 2h34 de jeu, l'ancien N.1 mondial a gagné son ticket pour une deuxième finale à Paris. Qualifié pour la première fois de sa carrière pour une demi-finale à Roland-Garros, le Letton voit ainsi une très belle quinzaine s'achever, et il s'incline pour la cinquième fois en six matches contre Djokovic.

 Vidéo : la balle de match

Les puristes diront que la logique a été respectée et que le joueur le plus complet et le plus expérimenté a finalement réussi à s'imposer. Et c'est vrai que Novak Djokovic qui a globalement fait preuve de sérénité même s'il s'est agacé de ses propres erreurs dans le quatrième set possédait une gamme plus vaste que son adversaire.

 Video : Djokovic a montré des signes d'agacement au 4e set :

Mais Gulbis lui a pourtant donné du fil à retordre en s'appuyant sur ses armes, un service surpuissant, dépassant régulièrement les 210 km/h et un coup droit atypique dont il a peut-être d'ailleurs abusé. Les deux hommes s'en sont aussi donnés à coeur joie dans leur duel de revers. Gulbis a débuté de façon supersonique, en envoyant ses missiles pour faire reculer Djokovic. Mais le Serbe ne s'est pas affolé sauvant deux balles de break à 3-2 dans la première manche, avant de breaker à son tour en ne laissant passer les balles décisives. Gulbis opposait une défense acharnée mais il ne pouvait refaire son retard et abandonnait la première manche 6-3.

Djoko le métronome

Le deuxième proposa le même scénario. Avec un Gulbis en feu follet, et ses balles lourdes, mais peut-être un peu trop précipité pour parvenir à suffisamment ajuster ses coups. Une fois encore, il tentait de déborder Djokovic, mais il se heurtait à la régularité métronomique du Serbe. S'il avait pu venir à bout aux tours précédents de Federer puis de Berdych en les obligeant à beaucoup courir, il ne pouvait trop user de cette tactique, car en face, avec le N°2 mondial, il trouvait du répondant. Les deux hommes restaient longtemps au coude à coude en cherchant le break. Mis en difficulté parfois, Gulbis se rétablissait en envoyant quelques aces bien sentis (13 dans tout le match contre 9 à Djokovic qui les a cependant sortis dans des moments cruciaux) et repoussait l'échéance en tentant quelques variations plutôt bien exécutées. Mais Djokovic profitait des nombreuses fautes directes du Letton pour enfin obtenir ce break et le garder jusqu'à empocher le 2e set 6-3.

Le Letton hausse le ton

Poussé dans ses retranchements, Ernests Gulbis n'avait plus d'autres choix que d'insister sur des gestes différents, des amorties et des montées au filet à bon escient, mais qui changeaient un peu la donne. Djokovic traversait un trou d'air, notamment sur ses mises en jeu, alors que l'ambiance montait doucement dans les gradins qui se garnissaient au fil des minutes. Gulbis haussait le ton. Mettant encore plus de puissance et d'envie, mais en alternant avec des balles courtes qui mettaient Djokovic en difficulté. Le Serbe devait se laisser distancer et concéder le 3e set sur même score 6-3.

La réaction du champion

Il en fallait plus toutefois pour déstabiliser un joueur de la trempe de Djokovic. Et de fait, si le Letton au bras de feu jusqu'alors trop dispersé pour faire fructifier son talent, était plutôt resté dans la partie, il allait progressivement en sortir sous les coups de boutoir de Djokovic, tout de suite reconcentré sur son sujet pour ne pas laisser Gulbis surfer sur sa vague de confiance. Djokovic attaquait bille en tête le quatrième set pour mener 2-O mais il ne parvenait à prendre  le large et témoignait même de son désappointement en brisant sa raquette, un geste qui ne lui est guère habituel. Casquette sur le crâne pour se remettre les idées en place, Djokovic finissait à l'usure en faisant craquer Gulbis qui, dès qu'il perdait pied sur son service (5 double fautes au total) et surtout sur la première balle, ne parvenait à faire jeu égal. Djokovic s'engouffrait et l'emportait 6-3 pour s'offrir sa deuxième finale à Roland-Garros. Avec cette fois l'espoir d'aller au bout pour inscrire à son palmarès le dernier Grand Chelem qui lui manque.

Quant à Gulbis, son entraîneur jugeait qu'il était environ à 10% en-dessous de Djokovic. Cela s'est vérifié. Dans la continuité du match, le Letton s'est montré très entreprenant mais trop irrégulier face à la constance de Djokovic qui avait sans doute une petite marge supérieure, suffisante en tout cas pour faire la différence.

Vidéo : L'interview de Djokovic par nelson Monfort juste après sa victoire :

Christian Grégoire