Novak Djokovic
Novak Djokovic | AFP

Djokovic convainc plus que Nadal

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Davantage qu'en 2011, Novak Djokovic partait avec le statut de favori numéro 1 des Internationaux de France. Il reste sur quatre succès consécutifs sur Rafael Nadal dont la récente finale du Masters 1000 de Rome. Passé à deux doigts de l’emporter en 2013, le Serbe semble cette fois capable de supplanter le roi espagnol de la terre battue dans son jardin. En tous cas, il impressionne depuis dix jours, à l'image de son succès face à Milos Raonic (7-5, 7-6, 6-4 en moins de 2h30).

Djokovic postule à la victoire depuis trois ans

Il y a clairement deux périodes dans la carrière de Novak Djokovic. La première, à la fin des années 2000, voit le Slave se placer parmi les meilleurs joueurs du monde avec quelques résultats probants (victoire à Melbourne en 2008) notamment à Paris (quart de finale en 2006 contre Nadal puis deux demies consécutives les deux saisons suivantes, toujours face à son bourreau). A l’époque, personne n’est en mesure de contester l’hégémonie de l’Espagnol sur sa terre fétiche.

L'échec de 2011 contre Federer l'a marqué

Le tournant se situe lors de l’édition 2010 : Nole s’incline en quart contre Jürgen Melzer après avoir mené deux sets à rien. Il n’a pas tenu la distance physiquement. Il trouve la solution à ses pépins physiques dans le fameux régime sans gluten qui lui vaut en partie sa fabuleuse année 2011 (Petit Chelem). Fini les coups de pompe ou les problèmes respiratoires de jeunesse. Place au nouveau Djoko ! Sans un très mauvais début de match contre Roger Federer lors d’une demi-finale d’anthologie, qui sait s’il n’aurait d’ailleurs pas battu Nadal il y a trois ans en finale ? Il venait de le dominer lors des finales de Madrid et Rome…

Djokovic a pris la mesure de Nadal

Bien sûr, c’est facile à écrire alors que personne ne s’y attendait après la finale de l’US Open bouclée victorieusement par un extraordinaire Nadal en septembre dernier. Mais la manière avec laquelle Djokovic a repris le dessus sur le numéro 1 mondial en dit long sur l’avantage psychologique qu’il peut en tirer maintenant. Victoires à chaque fois en finale, à Pékin (6-3, 6-4) et au Masters de Londres (6-3, 6-4) fin 2013, à Miami (6-3, 6-3) fin mars, et à Rome il y a huit jours (4-6, 6-3, 6-3) en donnant l’impression que le sort du match dépendait uniquement de lui. Dès qu’il a réglé son problème de longueur de balles pour faire baisser son nombre de fautes directes, le Serbe a pris le dessus sur Nadal, privé il est vrai de son coup droit lasso et qui souffre d'un mal de dos récurrent depuis quelques temps.

Djokovic déroule sans forcer

Non content de tenir la fameuse diagonale des revers, Djokovic s’est aussi doté ces derniers temps d’un coup droit fulgurant très difficile à remettre. Il lit le jeu adverse mieux que personne. Ses succès sur des gros serveurs comme Cilic, Tsonga et Raonic en témoignent. Et il partira favori contre Gulbis même si le Letton reste sur 10 victoires consécutives (5 à Nice, 5 à Paris). En 2012, il ne fût pas loin de recoller à deux manches partout contre Nadal lors d’une finale pluvieuse (et disputée sur deux jours). Et personne n’a oublié son manque de réussite l’an dernier lorsqu’il heurta le filet après avoir claqué un smash qui lui offrait une balle de 5-3 dans le cinquième set. Alors, dominer le roi au meilleur des cinq actes sur la terre parisienne reste le défi ultime pour tout joueur de tennis, et jusqu’ici, seul Soderling l’a fait contre un Nadal diminué (en 8e de finale en 2009). Mais Djokovic n’a jamais paru si proche de déboulonner la statue du commandeur.

Vidéo: L'interview de Djokovic après sa victoire sur Raonic