Nadal-Ferrer
Les deux Espagnols Rafael Nadal et David Ferrer se retrouvent à Roland-Garros après la finale en 2013 | AFP - PATRICK KOVARIK

Nadal-Ferrer, l'autre choc du jour

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Dans un remake de la finale 2013, David Ferrer et Rafael Nadal se retrouvent ce mercredi en quart de finale à Roland-Garros. Difficile de présager lequel des deux Espagnols, intouchables depuis le début du tournoi, va prendre l’ascendant : si le numéro un mondial n’a perdu qu’un seul duel (pour 63 victoires) en neuf campagnes Porte d’Auteuil, il coexiste avec une gêne au dos alors que Ferrer, qui a tiré les enseignements de la défaite l’an passé, débarque en pleine confiance. Peu reconnu par le grand public, il est déterminé à sortir enfin de l’ombre de son implacable compatriote.

David Ferrer n’aime pas évoquer la finale perdue en juin dernier. Inhibé par l’enjeu, il se souvient avoir été "très nerveux", incapable de malmener son adversaire, obligé de subir ses coups de canon et de limiter les dégâts (6-2, 6-3, 6-3). Cette fois-ci, le Valencian de 32 ans compte bien éviter de tomber dans les mêmes écueils. "Ça va être très différent de l’an passé, annonce-t-il. Déjà, je vais l’affronter en quart de finale, donc les sensations ne seront forcément pas les mêmes. La météo est aussi différente de celle de l’an passé. Je vais rentrer sur le court en essayant de ne pas y repenser".

Nadal est tombé en deux sets à Monte-Carlo

Surtout, et contrairement à ce qu’il a pu montrer par le passé, l’Espagnol ne nourrit plus de complexe d'infériorité face à Rafael Nadal. En témoigne le dernier duel entre les deux hommes, remporté par l’outsider Ferrer, à Monte-Carlo, en deux sets (7-6, 6-4). Son deuxième succès seulement contre Nadal sur terre battue (en 17 affrontements), dix ans après le premier (à Stuttgart, en 2004) ! Pour remettre ça à Roland-Garros, Ferrer espère pouvoir se reposer les mêmes armes que celles utilisées dans la Principauté : "être agressif sur mon coup droit et conclure les points au filet."

Gros bosseur, coureur infatigable capable d’enchaîner 10 kilomètres sur un tapis après un match en guise de décrassage, David Ferrer n’en serait pas à son premier exploit. Certes, le cinquième joueur mondial n’a pas le moindre titre du Grand Chelem au compteur. Mais sa régularité sur le circuit, depuis deux ans, est absolument bluffante puisque le trentenaire a au moins atteint le stade des quarts de finale des quatre grands tournois depuis le début de l’année 2012, sans le moindre faux pas. Cette année porte d’Auteuil, il se promène et n’a concédé qu’un seul set en première semaine, (6-7) contre Kevin Anderson, deux jours après avoir corrigé Andreas Seppi en trois manches. 

"(Ferrer) est au plus haut niveau"

Si David Ferrer a donc déjà joué quelques sérieux clients, Rafael Nadal n’a lui pas eu le luxe de bénéficier d’une montée en puissance progressive dans le tournoi. Le coureur de fond valencian sera donc son premier vrai gros test de la quinzaine. "Il a déjà joué à un très, très, haut niveau à Madrid et à Rome, et c’est de nouveau le cas ici, reconnaît ‘Rafa’. Depuis trois semaines, il est au plus haut niveau. Il va arriver en pleine confiance et ça sera très difficile contre lui. Si je ne joue pas mon meilleur tennis, ça sera impossible".

Gêné par son dos, l’octuple champion porte d’Auteuil essaye de "coexister" avec ses douleurs "de la meilleure façon possible". Or, dans sa forme actuelle, Ferrer saura profiter de la moindre défaillance de son adversaire pour s’ouvrir les portes d’une nouvelle demi-finale. L’éternel outsider assure qu’il ne souffre pas de l’ombre qui l’entoure,  mais une victoire face au monstre Nadal, sur l’ocre parisienne, le plongerait enfin dans la lumière. 

Gaétan Scherrer @GaetanScherrer