Dans le noir et l'anonymat, des adieux émouvants pour Pauline Parmentier

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
Pauline Parmentier durant l'édition 2018 de Roland-Garros
Pauline Parmentier durant l'édition 2018 de Roland-Garros | Leon Tanguy/MAXPPP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Pauline Parmentier a tiré sa révérence au circuit mardi après sa défaite au premier tour du tournoi de Roland-Garros, battue par la Russe Veronika Kudermetova. Après 16 éditions du Grand Chelem parisien, la Française a disputé son dernier match en carrière dans une atmosphère étrange, dans le sombre froid de la nuit porte d'Auteuil et devant un public clairsemé par les conditions sanitaires. Un au revoir que Parmentier aurait peut-être souhaité plus chaleureux.

La nuit, le froid et des tribunes quasi-désertes : Pauline Parmentier n'avait pas imaginé terminer sa carrière dans de pareilles circonstances. La Française a pourtant disputé mardi, dans un quasi-anonymat, son dernier match en simple, battue dès le 1er tour à Roland-Garros. Une standing ovation de la poignée de spectateurs, un petit salut de la main : la Nordiste de 34 ans, les larmes aux yeux, a quitté le court N.14 à près de 23h30 dans la fraîcheur de la nuit parisienne.

Face à la Russe Veronika Kudermetova (42e mondiale), celle qui est désormais 164e mondiale aurait sans doute aimé prolonger un peu le plaisir. Sa partie n'aura duré que deux petits sets 6-2, 6-3. "Franchement, quand je suis partie là-bas, sur le 14, je me suis dit : un peu dur. J'ai vu tout le monde qui était là. Je me suis dit : je n'ai pas besoin de plus", a-t-elle grincé en laissant entendre qu'elle aurait bien aimé terminer sur un des grands courts de Roland-Garros.

"J'aurais aimé avoir un moment sympa avec le public"

Mais pour la Française, l'important était ailleurs. Ses parents et certaines figures proches du tennis français, comme Nathalie Tauziat, Amélie Mauresmo, Julien Benneteau son capitaine en Fed Cup, étaient en tribunes pour l'encourager jusqu'au bout et assister à ce drôle de dernier match. "J'avais avec moi une belle brochette, j'étais bien. Après c'est sûr, j'aurais aimé avoir un moment sympa avec le public (...) Et à la fin, quand on nous dit 'Allez il faut partir, vous êtes les derniers', c'était un peu dur", a-t-elle reconnu.

Mais ce départ, certes un peu surréaliste, s'est fait à l'image de la Française : de manière simple et en toute discrétion. Mardi, la native de Cucq a refermé la dernière page d'un livre qu'elle avait ouvert il y a près de 20 ans : de son premier stage fédéral quand elle avait une douzaine d'années, à sa première participation en 2005 en passant par son 8e de finale en 2014, son meilleur résultat en Grand Chelem. En tout, elle aura foulée 16 fois la terre battue parisienne en compétition.

"C'est là où tout a commencé pour moi, ça me tenait à cœur de terminer ici", expliquait-elle récemment au sujet d'une décision prise dès le début 2020. "C'est sûr, ça fait bizarre, mais je suis certaine d'avoir arrêté au bon moment", a-t-elle assuré mardi. "Je n'ai aucun regret, je suis fière de ce que j'ai fait. Ma carrière, elle me ressemble, elle est faite de hauts et de bas", s'est-elle remémoré.

La Fed Cup 2019 comme sommet

Les hauts, ce sont ses quatre titres remportés sur le circuit et la Fed Cup remportée à Perth en décembre 2019. Les bas, c'est cette tendinite récalcitrante en 2013 qui la fait redescendre à la 225e place mondiale. Bien loin de son meilleur classement (40e) obtenu en 2008. La Française repasse alors par les petits tournois, "ceux où il n'y a pas de ramasseurs de balles". Mais loin de la miner, cela lui offre une certaine forme de relâchement, elle qui fût longtemps "stressée" dans les grands tournois.

Tant et si bien qu'en 2014, elle atteint pour la première fois les 8es à Roland-Garros, "l'un des plus beaux moments de ma carrière". Avant de s'offrir une seconde jeunesse en 2018, en remportant deux titres à Istanbul et Quebec, elle qui n'en avait plus gagné un seul depuis 2008. Son dernier fait d'armes remonte à sa victoire sur Elina Svitolina, alors 6e mondiale, en mai 2019 à Madrid. Mais son plus beau souvenir restera la Fed Cup. "Depuis que j'ai commencé, ce côté équipe de France, c'est quelque chose qui m'a toujours fait rêver !"

Et l'avenir ? "Je ne l'appréhende pas du tout. Je suis heureuse de passer à autre chose et de voir ce que le futur me réserve", a expliqué la Française. Mais avant cela, Parmentier n'en a pas encore tout à fait fini avec le tennis : mercredi, elle dispute le premier tour du double avec Alizé Cornet, sur le court N.13. "Je suis sûre que cette fois, il y aura une hola", a-t-elle plaisanté.

AFP