Cette météo qui fait gronder la colère

Cette météo qui fait gronder la colère

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Depuis le début de la quinzaine parisienne, les conditions météorologiques n’ont pas été des plus printanières. Bien au contraire. Les jours de pluie se sont accumulés et les températures – plutôt fraîches – ont rendu les conditions de jeu difficiles. Si la terre battue rendue lente par l’humidité n’était pas du goût de tout le monde, la colère a surtout grondé quand les organisateurs ont décidé de laisser jouer certaines rencontres alors qu’il pleuvait. Joueurs et joueuses sont montés au créneau et n’ont pas caché leur agacement et leur incompréhension.

Sous le soleil … pas exactement

Habituellement, quand on pense à Roland-Garros, on imagine sans forcer de belles journées ensoleillées, on visualise parfaitement les canotiers blancs portés par les spectateurs pour se protéger du soleil dans les tribunes et les glaces dégustées par centaines dans les allées du site. Cette année, il en a été tout autrement. Comme le faisait remarquer Lemonde.fr mercredi, en dix jours de matchs, il est tombé la moitié de ce qu’il avait plu durant les éditions de 2006 à 2015. Résultat, des matches hachés, parfois même annulés.

Pour les spectateurs qui avaient acheté des billets, ces matches interrompus et ces bouleversements de programme ont été durs à digérer. Pour les joueuses et les joueurs, la déception était grande. Teintée de colère pour certain(e)s. A l’image de Richard Gasquet qui n’a pourtant "pas été programmé avec la pluie" et n’a "pas eu beaucoup d'arrêts non plus". Il a en effet estimé que le tournoi parisien n'était "pas au niveau" des autres Grand Chelem. "Les Grand Chelem, c'est le haut de l'affiche. Que ce soit à Melbourne, à Wimbledon, c'est fabuleux. Un toit mettrait Roland-Garros à ce niveau-là", a-t-il ajouté.

Toit, toit, mon toit !

Roland-Garros est en effet le seul des quatre grands tournois à ne pas avoir encore de solution contre la pluie, alors que l'idée de couvrir le Central a germé il y a déjà quinze ans. "Les joueurs sont ceux qui comptent le moins pour les organisateurs. Ils encaissent l'argent, ça paraîtra peut-être bien à certains, mais moi je crois que c'est une escroquerie", a pour sa part accusé sans détour l'Espagnol David Ferrer après sa défaite contre le Tchèque Tomas Berdych. Et d’ajouter : "Je trouve incroyable que, dans un tournoi historique, on n'ait pas un ou deux courts couverts, avec ce qu'il tombe comme pluie à Paris. Cela me paraît ridicule".

"Peut-être que les arbitres et les responsables des terrains ne comprennent pas complètement, parce qu'ils ne jouent pas eux-mêmes, ce que nous vivons et pourquoi c'est dangereux", a, de son côté, lancé Novak Djokovic. Oscillant entre colère et résignation, appelant avant tout au respect de la sécurité pour les joueurs, le Serbe a encore été interrogé sur le sujet, jeudi, à l’issue de la sa victoire en quart de finale face à Berdych. Et il est resté tout à fait zen : "On a besoin d’un toit et de projecteurs. Les organisateurs du tournoi le savent. (…) Ils s'évertuent à améliorer les choses. Ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour améliorer la situation. Pour ce tournoi, et pour tous les joueurs et joueuses, j'espère qu'on aura un jour un toit, au moins sur un court, en tout cas, dès que possible".

Un toit. Ils sont nombreux à l’espérer. Les joueurs, pour pouvoir jouer sans discontinuer et de manière sûre ; les spectateurs, pour éviter de devoir se faufiler entre les gouttes et voir le spectacle annulé et les organisateurs, pour éviter de s’attirer les foudres comme cela est le cas depuis le début de la quinzaine. Reste que le projet, enlisé dans les recours judiciaires, ne devrait voir le jour au mieux qu'en 2020. D’ici là, il faudra composer avec les conditions météorologiques qui, cette année, ont été particulièrement exécrables.

Isabelle Trancoën