Alors c'est comment un match sous le toit du Central ?

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De notre envoyé·e spécial·e Julien Lamotte
Le toit du court Philippe Chatrier
Le toit du court Philippe Chatrier | ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

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Pour la première fois de son histoire, le tournoi de Roland-Garros a étrenné un toit rétractable sur son court central. Pour cette inauguration sous la pluie, le Philippe-Chatrier, armé de ses ailes d'acier, a donc abrité le match Goffin-Sinner. Premières impressions.

Les organisateurs de Roland-Garros ont écouté les attentes des joueurs et des spectateurs et offert un toit à leur court central, rejoignant enfin leurs collègues de l'Open d'Australie, de Wimbledon et de l'US Open qui disposaient déjà d'un écrin pour leur joyau. L'année de mise en oeuvre ne pouvait pas mieux tomber qu'en cette fin de mois de septembre. Pluie, vent, froid : le timing était parfait pour parer aux intempéries inhérentes à la saison. Premier jour, premier match, et le fameux toit était déjà de sortie. L'occasion de tester cet appendice en conditions réelles...

Après plus de trois ans de travaux, et un coût estimé à 55 millions d'euros, l'impression visuelle est d'abord celle d'une certaine élégance. Les 330 tonnes annoncées font plutôt l'effet d'une plume au-dessus du couvercle de béton. Importées d'Italie, les poutres, longues de 100 mètres, s'enchevêtrent délicatement et dégagent une sensation de légèreté. Ce n'est pas encore le toit de la chapelle Sixtine mais au moins le spectateur n'a pas le sentiment d'étouffer. 

Un toit rétractable mais qui peut être détracté

Si, esthétiquement, le toit passe le test, pratiquement, il ne sera pas à l'abri des réserves. Ni des gouttes de pluie, ce qui est fâcheux pour un objet dont c'est théoriquement la principale fonction. Pour l'avoir constaté de visu, la structure laisse en effet passer la pluie sur les côtés, là où le vent s'engouffre, à travers les espaces. 

Ce choix est voulu et assumé par les architectes et les organisateurs qui ont voulu laisser le court "respirer" et ne pas créer un environnement totalement indoor. De plus, la pluie n'a aucune chance d'atteindre le court en lui-même, précisent-ils. Les esprits chagrins ne manqueront pas de rire sous cape. A l'abri pour le coup. Ceux-ci se féliciteront peut-être de la réussite de cette nouvelle piscine olympique ?

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Autre conséquence collatérale de ce choix architectural, les courants d'air sont particulièrement vifs en tribunes. Prévoir une bonne écharpe. En revanche, le bruit de la balle est bien distinct, en tout cas par faible pluie. Quand l'averse fait rage, il semblerait a contrario que le fracas de l'eau sur le toit couvre complètement le son des coups des joueurs. A vérifier lors des prochains jours... La luminosité, quant à elle, est forcément altérée par le couvercle d'acier mais l'éclairage artificiel ne gêne pas le confort visuel du spectateur, ni du joueur semble-t-il. 

Enfin, en cette édition si particulière, le toit s'est peut-être trouvé une utilité non prévue : avec le très faible nombre de spectateurs, il agit comme une caisse de résonance et accentue grandement les applaudissements. Une plus-value non négligeable en ces temps de tribunes clairsemées.

De notre envoyé·e spécial·e Julien Lamotte