Richard Gasquet RG 2015
Richard Gasquet pendant Roland-Garros 2015. | DOMINIQUE FAGET / AFP

A 2 sets partout avec Berlocq, Gasquet devra revenir vendredi

Publié le , modifié le

Richard Gasquet et Carlos Berlocq en termineront de leur duel acharné vendredi. Les deux hommes ont été interrompus par l’obscurité, au moment où l’Argentin venait de recoller à deux manches partout dans leur rencontre du deuxième tour de Roland-Garros (6-3, 3-6, 1-6, 6-4). Ils reviendront vendredi sur le Suzanne-Lenglen, qu’ils ont quitté chauffé à blanc lors de l’arrêt du match. Pendant ce temps-là, Kevin Anderson attend l’identité de son futur adversaire.

Gasquet devra jouer les prolongations, et il s’en serait bien passé. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même, tant il a manqué de constance pour terminer le boulot avant que la nuit n’envahisse les courts de la Porte d’Auteuil. Dans un remake d'un deuxième tour de l'an passé, qu'il avait remporté sans sourciller (7-6, 6-4, 6-4), le Biterrois s’est tiré une balle dans le pied d’entrée, mettant son réveil une bonne demi-heure trop tard. Le temps de laisser la première manche à son adversaire. Berlocq était en contrôle total des opérations, dictant le jeu derrière son service (93% de points gagnés sur la première) et étouffant un Gasquet franchement moribond (12 fautes directes).

Ce n’était que pour mieux repartir. Quand la tête de série numéro 20 a lâché les chevaux, ça a dépoté. Celui qui souhaite rejoindre le contingent de six Français au troisième tour dans le tableau masculin a sorti le grand jeu. Revers long de ligne imparables, coups géniaux à la pelle : Gasquet a régalé le Suzanne-Lenglen comme il sait si bien le faire. Berlocq n’a pu que constater les dégâts et a vu les jeux défiler jusqu’à se retrouver mené deux sets à un. L’Argentin n’a même pas remporté un seul de ses jeux de service dans la troisième manche et semblait incapable d’inverser la tendance. Il était alors 20h30 et tout indiquait que Gasquet allait conclure ce jeudi, s’évitant de revenir pour du rab le lendemain.

Ce n’était pas le Suzanne-Lenglen, c’était le Vélodrome

C’était sans compter sur le sursaut d’orgueil de Berlocq. Le 111e mondial a réécrit le scénario du premier set : un break sur sa seule occasion sur le service adverse, des fautes directes limitées à la portion congrue (cinq, comme dans la première manche) et des prises d’initiative souvent payantes. Les vases communicants ont fait leur effet et Gasquet a connu un vrai coup de pompe, malgré un public chaud bouillant. Le court Suzanne-Lenglen n’avait pas seulement des airs du Stade Vélodrome de Marseille, il en avait aussi les décibels.

Dans cette ambiance digne d’un match de foot, où tout y est passé (ola, The White Stripes et même la Marseillaise), Berlocq était dans son élément, en bon Argentin qu’il est. Il s’est même permis de chambrer les spectateurs et a réussi à faire dégoupiller Gasquet. Furieux après une décision arbitrale litigieuse, "Richie" a craqué, martyrisant le filet et faisant grimper la tension d’un cran. C’est dans ce contexte que les deux hommes se sont quittés dos à dos et qu’ils se retrouveront vendredi. On a déjà hâte d’y être.

Geoffrey Steines