Reprise du sport, soutien économique et querelles dans le football : Roxana Maracineanu fait le point

Publié le , modifié le

Auteur·e : Adrien Hemard
La ministre des Sports Roxana Maracineanu
La ministre des Sports Roxana Maracineanu | ludovic MARIN / AFP

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Invitée de franceinfo, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a confirmé que le sport pourra reprendre le 11 mai, que ce soit en club ou en individuel. Il faudra toutefois s'adapter aux mesures de distanciation sociale. La ministre a ensuite évoqué l'attitude de certains clubs de Ligue 1 ou encore la crise économique qui touche le monde du sport.

Après presque deux mois d'arrêt, la vie sportive va reprendre au delà du périmètre d'un kilomètre autour de chez soi. Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, l'a confirmé sur franceinfo, tout en revenant sur les sujets brûlants du moment, notamment la colère de certains clubs de football ou la crise économique du sport. 

  • Reprise du sport le 11 mai : oui, mais ...

"La pratique du sport en club pourra se faire en accueillant 10 personnes en extérieur. On travaille sur la réouverture des équipements en fonction de la pandémie". La reprise se fera toutefois "de manière individuelle avec des règles de distanciation bien précise. Nous travaillons avec les fédérations pour qu'elles nous donnent ces règles sanitaires que nous transmettrons publiquement", a précisé la ministre. Quant au sport en club, il sera possible "quel que soit le sport, sauf les sports collectifs et de contact. Toutes les associations y compris celles de judo et de sports collectifs pourront proposer des activités avec une distanciation respectée".

  • Le gouvernement poursuit son soutien économique

La ministre a également évoqué les mesures prises pour soutenir le sport amateur, en difficulté économique : "Le sport, au même titre que la culture, va continuer à bénéficier d'un fonds de soutien pour faire face au déconfinement progressif, car il n'y aura pas d'événements avant au minimum le mois d'août. On a travaillé avec les collectivités et l'Agence nationale du sport pour que tout le monde maintienne ses subventions aux clubs amateurs. Ce sera aussi le levier pour faire repartir le monde associatif. Et ensuite on veillera également à ce que les entreprises privées, les sponsors du sport continuent à s'investir. Parce que le sport est indispensable à la santé. Et la santé va être la priorité du gouvernement, même au sortir de la crise". 

  • Un rappel à l'ordre pour certains présidents de Ligue 1

Alors que plusieurs clubs, l'Olympique lyonnais en tête, menacent la LFP de recours suite à l'arrêt du championnat, la ministre des sports a tenu à adresser un message aux clubs en colère : "Bien sûr que ce sont des questions d'argent qui vont pousser les clubs à se positionner. Il faut penser à l'intérêt général du football et pas aux intérêts particuliers des clubs. J'entends que des grandes sommes sont en jeu, mais des grandes sommes à l'échelle du football professionnel et du sport en général, sont remises en cause". 

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Après ce tacle, Roxana Maracineanu a réaffirmé le soutien du gouvernement envers les instances : "Ce n'est pas à moi de considérer ce qui est juste ou pas. Il y a des règlements fédéraux. Nous sommes là pour appuyer les fédérations et les aider à changer ces règlements en cours d'année. Il y aura sans doute des recours dans le monde professionnel, amateur, c'est le jeu, mais en même temps on est là pour assurer les fédérations dans les décisions qu'elles prennent."

  • Le football vers un nouveau modèle économique ?

"Les clubs doivent réfléchir à être plus prévoyants", a estimé Roxana Maracineanu, ciblant notamment les clubs de football, devenus trop dépendants des droits TV.  Pour la ministre, la situation actuelle est aussi l'occasion de "penser aux effectifs dans certains clubs, à la valorisation de la formation française et de se questionner sur la masse d'argent qu'on donne directement aux joueurs de football alors qu'il vaudrait peut-être mieux le répartir entre des investissements et un peu d'épargne."