portrait Christian Prudhomme sourire 07 2010
Christian Prudhomme, directeur du Tour de France | Isabelle Trancoen

Prudhomme: "Mon meilleur Tour"

Publié le , modifié le

Christian Prudhomme a déclaré qu'il avait assisté à son plus belle édition cette année en tant que responsable de la Grande Boucle. Evoquant notamment les six victoires d'étape françaises, le patron du Tour de France est dans l'ensemble très satisfait "Le plus emballant ! Il a été serein, sans accident. C'est un Tour très satisfaisant à tous les échelons", a-t-il indiqué.

Etes-vous satisfait ?
- "Quand on a entendu les premiers temps intermédiaires, on s'est dit que  le maillot jaune ne tenait plus qu'à un fil. Et si l'invraisemblable se  produisait ? Contador, au prix d'un effort inouï, a réussi à reprendre  l'ascendant. A l'arrivée, il était totalement détruit. C'était un final de toute  beauté. Il n'y a pas eu d'échange de politesses."
      
Et l'ensemble du Tour ?
- "C'est mon meilleur Tour depuis que je suis arrivé au côté de Jean-Marie  Leblanc en 2004. Le plus emballant ! Il a été serein, sans accident. C'est un  Tour très satisfaisant à tous les échelons. Avec six victoires françaises, de la  part de coureurs, nos meilleurs chasseurs d'étapes, qui ont concrétisé les  occasions."
      
La course a-t-elle correspondu à ce que vous espériez quand vous avez  dessiné le parcours ?
- "Les coureurs ont utilisé quasiment toutes les possibilités existantes.  Ce qui n'a pas été le cas les années précédentes. C'est grâce au fait qu'il n'y  a pas eu une équipe à la domination écrasante. On a revu ce magnifique sport  individuel qui se court en équipes. Le travail accompli depuis des années  commence à payer. La chaleur aussi a pesé. La course n'a pas été chloroformée,  cadenassée."
      
Vous parlez du travail accompli contre le dopage ?
- "Je suis ravi d'avoir passé un deuxième, et non pas un second, Tour dans  la sérénité. Il ne faut pas être complètement naïf pour croire qu'on est dans un  monde parfait. Mais les efforts ont payé de manière spectaculaire cette année...  Et j'espère qu'on est sorti d'un certain ostracisme vis-à-vis du cyclisme qui a  fait tant d'efforts."
      
Tiendrez-vous compte du déroulement de ce Tour pour le parcours 2011 ?
- "Il faut savoir que les 4/5 du parcours de l'édition suivante sont faits  avant juillet. Je crois beaucoup aux massifs intermédiaires. Cette année, il  s'est enfin passé quelque chose, dans l'étape que gagne magnifiquement Sylvain  Chavanel. Sur les pavés, il s'est passé ce que l'on souhaitait, en dehors bien  sûr de la fracture de la clavicule de Frank Schleck."
      
Le Tour reviendra-t-il rapidement sur les pavés ?
- "On n'attendra pas six ans !"
      
Les bonifications en temps, qui n'existent plus, auraient peut-être  incité Contador à disputer le sprint au sommet du Tourmalet...
- "Le principe du temps réel me plaît vraiment. Mais je n'ai pas de  dogme..."
      
Que vous inspire le dernier Tour de Lance Armstrong ?
- "Je n'imaginais pas qu'il puisse finir à près d'un quart d'heure dans  l'étape de Morzine-Avoriaz. Il a tenté un baroud d'honneur dans les Pyrénées, il  a été seul en tête dans le Tourmalet sur 3 kilomètres. C'est à la fois  formidable de se dire qu'il aime vraiment le Tour puisqu'il tient à le terminer,  même à 40 minutes, et en même temps étonnant pour un coureur qui l'a gagné sept  fois."

AFP