portrait Christian Prudhomme sourire 07 2010
Christian Prudhomme, directeur du Tour de France | Isabelle Trancoen

Prudhomme: "Le Tour aurait mérité plus d'égards"

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Confiant en l'avenir, Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, regrette la situation posée par l'affaire Contador et s'exprime sur la présence du favori espagnol dans l'édition 2011 de la Grande Boucle, au départ samedi de Vendée. Il pense que le Tour ne se jouera pas entre Contador et Schleck mais que cinq ou six coureurs peuvent s'imposer. Et il espère que le parcours favorisera les attaquants.

Q: Quelle est la position du Tour à ce sujet ?
R: "Nous aurions souhaité avoir la réponse avant le départ du Tour de France. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait indiqué à plusieurs reprises que la réponse arriverait avant le départ, des dates avaient même été fixées pour l'audience, du 6 au 8 juin. L'arbitre désigné par Contador souhaitait naturellement un report, l'arbitre désigné par le TAS, la plus haute juridiction du monde du sport, l'a accepté et l'arbitre désigné conjointement par l'Union cycliste internationale (UCI) et l'Agence mondiale antidopage (AMA) aussi. Les plus hautes instances du monde du sport ont accepté que l'affaire soit reportée début août, après le Tour de France. Cela veut dire aussi que l'affaire est complexe puisque Contador a été dédouané par sa fédération. On reste avec un point d'interrogation que l'on aurait naturellement souhaité ne pas avoir."

Q: Quelle attitude aurez-vous, en tant qu'organisateur, par rapport à Contador ?

R: "Une attitude neutre. On est dans le cours d'une procédure. Il a été dédouané par sa fédération, il y a un appel de l'UCI et de l'AMA, pour l'instant on en est là."

Q: Etes-vous prêt à lui serrer la main sans aucun problème ?
R: "Oui, comme on peut serrer la main dans la vie à n'importe qui, sous le coup d'une procédure, dans l'attente du verdict. Bien sûr, les instances du monde du sport doivent se poser la question du décalage entre le temps médiatique, sportif et de la justice sportive. Je comprends qu'il y ait incompréhension, il faut que ça change."

Q: Le Tour est-il victime ?
R: "J'estime que le Tour aurait mérité davantage d'égards, oui, le Tour aurait mérité davantage de respect."

Q: Eprouvez-vous de la lassitude devant la répétition des problèmes ?
R: "Non. Il y a peut-être un sentiment d'injustice. C'est une discipline qui se bat, peut-être celle qui se bat le plus, qui essaye de trouver de nouveaux outils. Il y a aujourd'hui une vraie volonté de lutter, la localisation, le passeport biologique, les contrôles ciblés, tout un arsenal est fait pour éloigner les tricheurs. Le monde du vélo fait le boulot et plus il le fait, plus il se fait taper dessus. J'ai la conviction, et naguère Pierre Bordry, ancien président de l'AFLD (agence française antidopage) l'avait dit, que la majorité est saine, j'en ai l'absolue conviction. Maintenant, si on veut un monde parfait, dans le sport ou en dehors du sport, on n'y arrivera jamais."

Q: Quel scénario espérez-vous en juillet ?
R: "Je souhaite une course pleine d'allant, de suspens, avec un peu de sérénité."

Q: L'organisateur se réjouit-il de voir la lutte pour la victoire cantonnée à un duel entre Contador et Schleck ?
R: "Je ne la limite pas à deux coureurs. Je crois que les jeunes de Rabobank, je pense à Gesink et à Mollema, ont tout pour troubler la course. Une équipe ayant la science de la course et la science du vent est tout à fait capable d'éliminer un ou deux favoris dans la première semaine du Tour. Rabobank fait partie de ces équipes-là avec Sky, Garmin peut-être, HTC. Je crois aussi qu'Evans sera toujours là. Et puis, il peut y avoir d'autres surprises, Samuel Sanchez, Bradley Wiggins, etc. Il y a cinq-six favoris, pas seulement deux."

AFP