portrait Christian Prudhomme sourire 07 2010
Christian Prudhomme, directeur du Tour de France | Isabelle Trancoen

Prudhomme: "Il y a de quoi mettre le feu!"

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Le Tour 2012 présente nombre de nouveautés que son directeur Christian Prudhomme, la mine gourmande, a présentées mardi à Paris, en promettant qu'"il y a de quoi mettre le feu" en juillet prochain.

Qu'avez-vous cherché en dessinant ce Tour ?
C.P: "Nous avons la volonté d'élargir le champ des possibles, c'est-à-dire mettre en scène des étapes où tout peut se passer, quasiment tous les jours. Naturellement, le Tour de France se joue d'abord dans les Alpes, les Pyrénées et dans les contre-la-montre. Mais, dans les Vosges, le Jura, les monts du Boulonnais, le long de la mer, en Normandie ou en Méditerranée, il y a la possibilité de faire des étapes formidables. C'est ce qui nous a conduit à tracer le Tour avec beaucoup de nouveautés".

Avec moins d'arrivées en haute montagne ?
C.P: "La montagne, ce ne sont pas seulement les grands cols, même si on retrouve des grands classiques en juillet prochain. Il y aura moins d'arrivées en altitude que l'année dernière, mais davantage de cols de première catégorie, et surtout des pourcentages élevés dans tous les massifs, sans doute comme il n'y en a jamais eu dans l'histoire du Tour. Ca doit servir de rampe de lancement pour de grandes offensives. Dans quelques années, les gens réclameront ces ascensions. Je pense à la Planche des Belles Filles, à l'étape du Jura suisse qui mène à Porrentruy, au Grand Colombier que les fanas de vélo réclamaient à cor et à cri depuis des années, au Mur de Péguère dans les Pyrénées en Ariège".

Et davantage de contre-la-montre ?
C.P: "C'est une tendance clairement à la hausse. Dans toutes les courses, on constate une érosion des contre-la-montre, plus forte encore sur le Tour de France. Pourquoi avoir changé? là encore, pour élargir le champ des possibilités, pour que des coureurs qui sont plus rouleurs que grimpeurs aient leur chance. Il y a plus du double de contre-la-montre par rapport à l'an passé mais, d'un autre côté, les grands grimpeurs ont des rampes de lancement idéales avec des pourcentages terribles dans une demi-douzaine d'étapes. Ces pourcentages doivent leur permettre de grandes offensives. J'ai beaucoup aimé, comme tout le monde, les attaques lointaines d'Andy Schleck et de Contador (dans le Tour 2011)".

Avez-vous modifié le parcours 2012 en fonction du Tour 2011 ?
C.P: "Le tracé du Tour est fait aux trois-quarts en juillet. On veut se laisser une certaine marge de manoeuvre en jouant sur les contre-la-montre et les cols à fort pourcentage. Cette fois, il y a une volonté confirmée de densifier la première semaine avec deux arrivées en bosse, à Seraing pour un puncheur, et à Boulogne, après une succession de côtes dans les vingt derniers kilomètres".

A qui ce parcours est-il destiné ?
C.P: "Je n'ai pas la réponse, et c'est volontaire... Ce parcours va inspirer plus de coureurs qu'à l'ordinaire. Pour les grimpeurs, il y a de quoi mettre le feu dans cinq, six, sept étapes, et pas seulement dans les Alpes et les Pyrénées. On sait aussi que le vent peut jouer, dans l'étape de Normandie et plus encore celle qui se termine le 14 juillet au Cap d'Agde. Le peloton va passer à Sète par le Mont Saint-Clair, une rampe de lancement pour les 20 derniers kilomètres, et comme l'avait dit il y a deux ans qui vous savez (Lance Armstrong, ndlr), pas besoin d'être prix Nobel pour savoir qu'il faut rester dans les premières places du peloton".

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AFP