Peter Sagan
Peter Sagan | PASCAL GUYOT / AFP

Peter Sagan sonne la révolte

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Peter Sagan (Cannondale) a remporté au sprint la septième étape du Tour de France 2013, vendredi à Albi. Un succès libérateur pour le Slovaque, qui avait échoué trois fois à la deuxième place depuis le départ en Corse. Mais après 115 kilomètres menés tambour battant par ses coéquipiers, et à la faveur d'une côte de 2e catégorie, Sagan s'était débarrassé de tous ses principaux concurrents (Mark Cavendish, André Greipel, lâchés à plus de dix minutes). Il a donc pu sereinement terminer le travail au sprint, devant John Degenkolb et Daniele Bennati. Le Sud-Africain Daryl Impey (Orica-GreenEDGE) conserve le maillot jaune de leader.

C’est ce qu’on appelle un travail d’équipe bien rodé ! En prenant la course en main à 115 kilomètres de l’arrivée environ, la formation italienne Cannondale a pris tous les risques pour son leader Peter Sagan (23 ans), abonné aux deuxièmes places depuis le départ de la Grande Boucle le 29 juin dernier. Déterminés à ne pas attaquer la haute montagne sans offrir de victoire d'étape au Slovaque, les Verts ont dicté le rythme de la course depuis le col de la Croix de Mounis (2e catégorie), et ce jusqu’à la ligne d’arrivée à Albi.

Dans la principale difficulté du jour, les coéquipiers de Sagan ont ainsi largué Mark Cavendish et André Greipel, les deux derniers vainqueurs d’étapes, qui ne sont jamais revenus dans le groupe maillot jaune. Au sprint, face à une concurrence amoindrie, Sagan s'est offert une dernière frayeur face à l'Allemand John Degenkolb, avant de faire la différence dans les derniers mètres. « Enfin ! Le travail de mon équipe a été incroyable, je veux le dire à tous mes supporters qui nous ont souvent critiqués. Nous avons démontré que nous pouvons remarquablement bien faire notre travail », a réagi le vainqueur du jour. « C’est génial ».

Impey reste en Jaune avant les Pyrénées

Darryl Impey conserve quant à lui le maillot jaune de leader du classement général. Le Sud-Africain, bien emmené par ses coéquipiers, a tenu le train d'enfer mené par ses adversaires du jour, qu'il n'a pas tardé à complimenter. « Il faisait très chaud, c’était une journée très difficile, il faut féliciter Cannondale, nous avons essayé de nous accrocher », a-t-il déclaré. « Ils sont très compétitifs, ils ont tout fait pour atteindre leur objectif ».

Quelques heures plus tôt à Montpellier, après une première échappée de six coureurs vite avortée, deux baroudeurs partaient à l’aventure : l’Allemand Jens Voigt, doyen du peloton (41 ans) et le tricolore Blel Kadri, formé à Albi, sûr de ses chances sur des routes qu’il connaît par cœur. Le duo creusait sereinement l’écart quand, dans le peloton, une chute (km 11) mettait à terre plusieurs sérieux outsiders. Si Nairo Quintana, Edvald Boasson Hagen et Daniel Moreno repartaient sans trop de dommages, Christian Vande Velde ne pouvait pas en dire autant. L’Américain, déjà victime d’une chute la veille, abandonnait pour de bon.

Les Cannondale font exploser le peloton…

Devant, Voigt et Kadri prenaient près de 7 minutes d’avance (6’50) au kilomètre 34, avant de passer sans encombre le Col des 13 vents (3e catégorie) et la Croix de Mounis (2e catégorie). Mais, d’abord sous l’impulsion d’Omega Pharma-Quick Step, puis suite à une accélération fulgurante des Cannondale, l’écart s’écroulait sous la minute à 100 kilomètres de l’arrivée. Blel Kadri remplissait toutefois son objectif du jour, et endossait virtuellement le maillot du meilleur grimpeur, jusqu'alors porté par Pierre Rolland.

Les dégâts dans les premières difficultés du jour étaient énormes. Complètement largué dès les premières pentes du col de la Croix de Mounis, Mark Cavendish pointait rapidement à plus de trois minutes du peloton emmené à un train d’enfer par l’équipe Cannondale. La formation italienne, qui lâchait dans la foulée Marcel Kittel et André Greipel, affichait ses ambitions : faire gagner Peter Sagan.

… avant de maîtriser le rythme de la course...

Le Slovaque, qui s’était jusqu’ici contenté de places d’honneurs, semblait bien déterminé à attaquer les deux rendez-vous pyrénéens avec une victoire d’étape en poche. La vague verte inondait logiquement les deux hommes de tête, rattrapés à mi-parcours, et poursuivait son travail de sape en éliminant les coureurs les moins en jambes du jour. Les tricolores Alexandre Géniez (FDJ.fr) et Brice Feillu (Sojasun) rejoignaient ainsi le « groupe des sprinteurs » retardé.

Au sprint intermédiaire, Sagan était emmené dans un fauteuil et prenait un peu plus ses distances avec André Greipel pour la lutte au maillot vert. Mais les Cannondale se relevaient soudainement, laissant trois coureurs prendre la poudre d’escampette : l’ex-maillot jaune Jan Bakelants (RadioShack), l’Espagnol Juan José Oroz (Euskatel-Euskadi) et le Français Cyril Gautier (Europcar). L’équipe italienne ne lâchait pas pour autant les rênes de la course maîtrisant l’échappée autour de la minute d’avance et maintenant dans le même temps Cavendish & cie à plus de cinq minutes du peloton. Les coéquipiers du maillot jaune, Darryl Impey (Orica-GreenEDGE), ne tardaient pas à leur prêter main forte en tête de la meute.

... puis de terminer le travail.

Le trio échappé passait la dernière difficulté avec 50 secondes d’avance, et s’apprêtait à boucler les 30 derniers kilomètres -une longue descente vers Albi- en apnée, poursuivi par les Cannondale. De bons relais leur permettaient de garder espoir malgré le tempo soutenu (60km/h) du peloton, tandis que le groupe Cavendish/Greipel était à la perdition, à plus de 10 minutes (!) du maillot jaune.

Mais la mission impossible des hommes de tête prenait fin à 4 kilomètres de la ligne. Au sprint (presque) massif, John Degenkolb (Argos-Shimano) semblait bien parti pour éteindre les efforts des Italiens.. mais c'était sans compter sur la détermination de "Tourminator". Mal embarqué, Peter Sagan faisait parler sa puissance et donnait raison à ses coéquipiers en passant l'Allemand sur la ligne. Enfin. 

Le coup de maître de Sagan, outre sa victoire d'étape, est d'avoir écrasé ses concurrents au classement par points. Avec 224 pts à la veille de la huitième étape, il relègue André Greipel à 94 unités (130 pts) et Mark Cavendish plus loin encore (119 pts). Une victoire totale! 

Vidéo : Le sprint victorieux de SaganVoir la vidéo SGV Sport

Vidéo: la réaction du vainqueur à l'arrivée

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