Pete Sampras serre la main de Yevgueny Kafelnikov en 1996 à Roland-Garros
Pete Sampras serre la main de Yevgueny Kafelnikov en 1996 à Roland-Garros | PATRICK KOVARIK / NOSOURCE / AFP

Pete Sampras, la tentative avortée

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Connors, McEnroe, Edberg, Becker et Sampras ont tous occupé le premier rang mondial sans jamais parvenir à dompter Roland-Garros. Le New-Yorkais et le Suédois sont passés tout près, les trois autres n'ont jamais disputé la finale. Retour sur ces rendez-vous manqués avec l'histoire. Aujourd'hui, Pete Sampras.

L'Américain n'a jamais vraiment réussi à adapter son brillant tennis à la terre battue. Malgré quelques bons résultats sur cette surface (dont un titre à Rome en 1994), Sampras a toujours négligé cette surface qui lui collait aux chaussures comme un sparadrap.

Trois quarts consécutifs

Sur la terre ocre parisienne, le Californien a plus souvent vécu des désillusions que des parcours glorieux. Après deux deuxième tour (en 1989 et en 1991 pour ses deux premières participations), l'homme aux 14 titres du Grand Chelem a concédé trois défaites consécutives en quarts de finale: en 1992, il s'incline en trois sets face à son rival Andre Agassi (7-6, 6-2, 6-1). En 1993, Pete Sampras tombe contre Sergi Bruguera (6-4, 2-6, 6-1, 6-4). Et en 1994, Jim Courier est trop fort malgré une belle résistance (6-4, 5-7, 6-4, 6-4).

Mais c'est en 1996 que le septuple vainqueur de Wimbledon rate la chance de sa carrière. Cette année-là, le soleil inonde Paris, rendant les courts très secs et plus rapides que d'habitude. "Pistol Pete" sort Gustafsson puis Bruguera (en 5 sets) avant d'éliminer son compatriote Jim Courier en revenant de deux manches à rien (6-7, 4-6, 6-4, 6-4, 6-4) dans un somptueux quart de finale.

1996, des exploits à répétition

Fatigué par tous ces efforts, Sampras ne tiendra qu'un set en demi-finale contre le futur vainqueur, Ievgueni Kafelnikov (7-6, 6-2, 6-1) alors que la route semblait ouverte puisque tous les spécialistes de la terre battue étaient tombés (Muster, Rios, Pioline en plus de Bruguera et Courier).

Le Yankee vient de laisser passer une occasion en or qu'il ne retrouvera jamais. Il s'inclinera les années suivantes avant la deuxième semaine: 3e tour en 1997, 2e tour en 1998, 1999 et 2011, et même 1er tour en 2000 et 2002. Sampras n'aura jamais apprivoisé cette terre grasse qui lui collait au pied la plupart du temps. Il aura toujours refusé d'apprendre la "glisse", élément indispensable de la panoplie des bons joueurs de terre.

Sans compter sa thalassémie, la maladie des Méditerranéens (une anémie qui engendre une fatigue importante après des efforts répétés)… En clair, Pete Sampras s'est enterré tout seul sur la seule surface capable de désarticuler sa merveilleuse symphonie offensive. Quand il venait à Roland, il pensait déjà à son jardin de Wimbledon.

Bilan à Roland: une demi-finale, 3 quarts de finale. Bilan en Grand Chelem: 14 titres, 4 finales