portrait Rémy Pauriol (Cofidis) interview TDF 2010
Rémy Pauriol (Cofidis) | Florent Brard

Pauriol : "Je me suis régalé !"

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En s'échappant rapidement aux côtés de Flecha, Boasson Hagen, Koren, Kolobnev, Burghardt et Perez Moreno, Rémy Pauriol a porté haut les couleurs tricolores lors de la 17e étape entre Pau et le Col du Tourmalet. Malheureusement, tout son panache n'a pas suffi pour amener l'épopée jusqu'à sa fin et c'est en 63e position que le coureur de la Cofidis a franchi la ligne d'arrivée.

 Vous nous avez fait plaisir par votre tempérament et votre attitude mais malheureusement cela n’a pas suffit.
"C’était ma dernière chance pour essayer de m’illustrer. J’ai pu intégrer l’échappée après une quinzaine de kilomètres de course. Après, j’ai pris beaucoup de plaisir. J’ai eu l’impression d’être encouragé par toute la France car j’étais le seul représentant français à l’avant. Malheureusement, la montée finale a été très difficile pour moi, notamment avec les conditions climatiques. J’ai eu la sensation d’avoir des poteaux à la place des jambes."

Qu’est ce qui a manqué à cette échappée ? Une entente ? Des jambes de feu ?
"Je pense qu’on s’est bien entendu tout au long de l’échappée mais il y a eu une réaction des équipes du peloton qui étaient intéressées pour gagner l’étape. Apparemment, Astana et Rabobank ont beaucoup roulé. Et au pied du Tourmalet, 2’30? d’avance, ça ne suffit pas. Il nous aurait fallu une marge beaucoup plus conséquente."

Vous avez été devant Schleck et Contador pendant une grande partie de l’étape. Mais vous avez pu assister au duel entre ces deux prétendants au titre.
"J’ai vécu ça très furtivement parce que j’ai été doublé très, très rapidement. C’est impressionnant de voir ça. Juste à ce moment là, il y avait une attaque de Schleck ou de Contador donc ça allait très vite. C’est énorme de voir ça sur le Tour de France, de voir de grands champions s’attaquer, d’attaquer le Tourmalet dans les premiers, de franchir des cols mythiques dans les premiers. Je me suis régalé et ça restera mon plus beau souvenir de ce Tour de France."

Comment jugez-vous ce Tour pour vous mais aussi pour votre équipe ?
"Il reste trois étapes, dont deux pour les sprinteurs, donc je pense que ça risque d’être difficile pour nous d’aller chercher une victoire d’étape. C’est dommage. On a été offensif, on a été dans beaucoup d’échappées. Je pense qu’il nous a manqué de la réussite à certains moments. Comme, par exemple à Mende où on avait réussi à placer trois Cofidis dans l'échappée. C’est dommage. On est l’équipe française qui n’a pas gagné mais on n’a pas d’excuse. On a fait notre maximum. Il nous a manqué ce brin de réussite pour aller chercher la victoire."

Est-ce qu’il n’a pas surtout manqué un peu de fraîcheur à l’équipe Cofidis ?
"Certainement. On a accumulé beaucoup de jours de course. On a vu Samuel Dumoulin arriver très fatigué, notre leader Rein Taramaae était lui aussi émoussé. On n’avait que 23 coureurs, cette année, pour faire toute la saison. Donc, effectivement, on a manqué de fraîcheur."

Isabelle Trancoën