Papadakis/Cizeron: "Notre but n'est pas seulement de battre les autres"

Papadakis/Cizeron: "Notre but n'est pas seulement de battre les autres"

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Sacrés champions d'Europe en danse sur glace à seulement 20 ans, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron ont confié dans un entretien à l'AFP qu'ils n'entendaient "pas seulement battre les autres" mais aussi "toucher les gens". Le duo, étonnant de maturité, de technicité et de qualité d'expression, est promis à un avenir doré avec un titre mondial à sa portée, fin mars à Shanghai.

Vous êtes devenus jeudi les plus jeunes champions d'Europe en danse depuis 50 ans. Qu'est-ce que cela signifie pour vous ?
Gabriella Papadakis
: "C'est énorme. Ca fait vraiment bizarre, parce qu'il y a quelques mois encore, on ne se l'imaginait pas. C'est venu tellement vite qu'avant de pouvoir l'assumer et de réaliser, il va falloir un bon bout de  temps. Mon but était d'y arriver mais on m'a toujours dit qu'en danse, la  hiérarchie se faisait petit à petit et qu'on ne pouvait pas devenir champions  d'Europe du jour au lendemain... Eh bien si !"

Vous êtes passés en une saison de 15e à premier, ce qui n'était jamais arrivé en danse. Comment expliquez-vous cette ascension fulgurante ?
Guillaume
Cizeron: "On a vraiment une équipe formidable maintenant (à  Montréal depuis l'été dernier, ndlr). Il y a Romain (Haguenauer, l'entraîneur),  qui est là pour nous depuis trois ans, Marie (Marie-France Dubreuil,  chorégraphe canadienne) et +Patch+ (Patrice Lauzon, chorégraphe canadien) que j'admire vraiment. Ce sont des patineurs et des personnes exceptionnelles. Et  il y a aussi Catherine Pinard, notre coach de théâtre qui a joué un très gros  rôle. Elle a apporté du sens à ce qu'on fait. Nous, on fait notre job aussi, on  travaille dur. L'année dernière, on avait peut-être quelques lacunes dont on  n'était pas forcément conscient. On n'était pas dans les conditions optimales  simplement parce qu'on n'avait pas décidé de faire ça. On était encore dans les  études, on ne voyait pas ça comme une carrière. Là, je pense qu'on est arrivé à  un âge où il y a cette carrière qui s'offre à nous, c'est ce qu'on aime faire, c'est maintenant qu'on doit le vivre".

Pourquoi avoir choisi la danse sur glace ?
G P
: "Je fais du sport mais si je devais faire un choix définitif entre l'art et le sport, ce serait l'art. Là, c'est une façon de  combiner les deux que j'adore. J'adore la partie artistique de ce sport, j'ai toujours été passionnée de théâtre aussi, et de création. C'est incroyable dans le sport de créer des choses comme dans le monde artistique. Et c'est encore  plus intéressant du fait que ce n'est pas forcément évident. Tout le monde ne fait pas cette recherche. Il faut savoir gérer le côté sportif, le coté technique et le côté artistique".
G C : "J'aurais aimé être danseur. Je n'exclus pas le fait de danser après ma carrière sportive. La danse sur glace est un sport avant d'être  un art. Nous, on essaie de l'amener du côté de l'art. Ce qui nous intéresse est  de toucher les gens. Notre but n'est pas seulement de battre les autres. C'est  juste une fierté personnelle de savoir qu'on a battu les autres. On est content parce qu'on a cet esprit de compétition. Ca fait partie du jeu et s'il n'y avait pas la compétition, on ne se démènerait pas comme ça tous les jours. On travaille beaucoup plus sachant qu'on veut gagner, c'est ça qui nous excite".

Comment allez-vous aborder les Mondiaux dans deux mois ?
G P
: "C'est vraiment une étape de plus à franchir. Depuis  le début de la saison, on s'est fait battre par le couple canadien (Weaver/Poje) et un couple américain (Chock/Bates). Ca va être un challenge.  Tout n'est pas encore parfait et tant mieux, sinon on s'ennuierait pour les (championnats du) Monde !"

AFP

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