Papadakis : "Le coronavirus jusqu'à la lie avec un Mondial en octobre"

Publié le , modifié le

Auteur·e : France tv sport
Papadakis Cizeron
Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron | AFP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Il y a tout juste une semaine, ils s’entraînaient dans la matinée à la patinoire de Gadbois pour tenter d’accrocher une cinquième couronne mondiale à leur palmarès. Mais à 15h34 (heure locale à Montréal, 20h34 en France), Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services Sociaux du Québec, mettait un terme (provisoire) au rêve de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron en annonçant l’annulation des championnats du monde 2020. Mardi soir, le coronavirus touchait 74 personnes dans la "Belle Province", dont 22 pour la ville de Montréal (598 cas pour l’ensemble du Canada). Les quadruples champions du Monde se confient en exclusivité à Paul Péret sur la situation.

Comment avez-vous appris l’annulation des championnats ?
Gabriella Papadakis : "J’étais chez le coiffeur quand je l’ai su ! J’ai lu un article sur mon téléphone portable et sur le coup je me suis dit, le journaliste n’a pas bien compris ce qui s’est dit à la conférence de presse… Mais il avait hélas raison ! Habituellement, je bois du thé pour me désaltérer, mais là ils n’en avaient plus alors ils m’ont proposé un verre de vin ! J’ai trinqué un verre de vin symbolique avec les gens du salon !
Guillaume Cizeron : "Depuis plusieurs jours, on s’y attendait évidemment. Mais sur le coup, ce fut rude. Un choc… On comprend que pour la santé de chacun et pour la sécurité de tous (patineurs, délégations, fans, …), c’était la décision à prendre. Elle a été rendue nécessaire en raison de l’urgence soudaine ici à Montréal."
Gabriella Papadakis : "Jusque-là, on se disait, ça arrivera bien plus tard ici. Comparé à l’Asie ou l’Europe notamment. On sentait bien qu’il y avait une possibilité d’annulation mais en l’espace d’une moitié d’une semaine, tout a basculé… A l’entraînement, on continuait à s’isoler dans notre bulle, à ne pas y penser sinon ça allait polluer notre esprit. Ça a été brutal…"

Dans la foulée de l’annulation, vos entraîneurs (Marie-France Dubreuil, Patrice Lauzon, Romain Haguenauer notamment) vous ont proposé une initiative inhabituelle ?
G.P. : "Ici à l’Ice-Academy de Montréal, nous étions nombreux à nous préparer pour ces championnats (NDLR : au total 13 couples sur les 34 engagés, représentant notamment la France, les Etats-Unis, le Canada, l’Espagne ou la Chine) et les Mondiaux, c’est l’occasion habituellement de "boucler la boucle", de dire "au revoir à nos programmes" notamment en faisant les uns et les autres notre dernier entraînement à fond et en présentant notre programme libre en entier… C’est un rituel !"
G.C : "Mais on n’a pas pu le faire. Aussi nos coaches ont souhaité que nous présentions un gala un peu particulier, durant lequel chacun d’entre nous auraient présenté, en costumes, l’un de nos 2 programmes de compétition. Un témoignage de gratitude envers nos fans en quelque sorte, frustrés du report de la compétition. Il était prévu que ça se déroule lundi (NB : il y a 48 heures), que ça soit filmé et diffusé sur la page FaceBook du site de l’I-A.M. Mais tout a été annulé dans la soirée de samedi, en raison de la fermeture totale des patinoires ici à Montréal. On est déçu car ça aurait été un super souvenir. Déjà pour nous. Mais aussi pour ceux qui nous encouragent à l’année (NDLR : sur le site teamusa.org, leur partenaires d’entraînement américains Madison Chock et Evan Bates ont évoqué hier le mois de juillet pour une telle représentation."

A quoi ressemblent vos journées maintenant ?
G.P : "Pour l’instant, nous ne sommes pas encore confinés. On a le droit de sortir mais je suis plutôt du genre casanier. J’ai toujours des choses à faire dans mon appartement. C’est un peu nettoyage de printemps : mettre en ordre mes papiers, ranger mes vêtements, lire des livres ou faire du yoga !"
G.C : "La plupart des magasins commencent à fermer donc j’en profite rapidement pour faire des courses. Sinon je m’entretiens physiquement. On peut encore le faire dehors mais ça ne va pas durer très longtemps, j’en ai bien peur…"

"On préfère rester ici pour l'instant"

Avez-vous pensé rentrer tout de suite en France ?
G.C : "On est au courant de tout ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique car nous sommes en contacts réguliers avec nos familles. Mais on préfère rester ici pour l’instant. S’entretenir et retourner à l’entraînement dès que ce sera possible. Ça peut être dans 2 semaines, 1 mois…"
G.P : "Notre souci, c’est ce que si on part, quand serons-nous autorisés alors à retourner au Canada avec les restrictions de voyage ? Faudra-t-il en plus respecter des mesures de quarantaine à notre arrivée ? Autant commencer à chercher des thèmes musicaux pour l’année prochaine…"

P.P : La saison prochaine pourrait démarrer beaucoup plus tôt puisque les championnats du monde, annulés la semaine dernière, pourraient être reprogrammés en octobre ? Qu’en pensez-vous ?
G.C : "En danse sur glace, il faut savoir que l’une de nos 2 épreuves, la 'Rhythm Dance' (NDLR : équivalent du programme court pour les couples artistiques et les individuels) comporte un rythme imposé associé à une danse imposée. En 2019-2020, c’était respectivement Comédie musicale et Finnstep alors que pour 2020-2021, c’est Folklore et Valse Ravensburger… On change totalement d’univers !"
G.P : "L’été pour nous, ce n’est pas la pause, bien au contraire ! On passe au moins 90 minutes par jour sur chacun de nos programmes (la 'Rhythm Dance' et le libre). Sans compter la préparation physique. On s’y attelle à partir d’avril et on estime que ça commence à ressembler à quelque chose (!) seulement en octobre…"
G.C : "Donc on devrait continuer à travailler tout l’été des programmes qu’on ferait juste en octobre ? Ensuite, quand aurions-nous le temps de mettre au point les programmes suivants avec des thèmes nouveaux, sachant que la saison des Grands Prix doit démarrer le 23 octobre avec le Skate America à Las Vegas (NDLR : les Internationaux de France sont pour l’instant prévus du 13 au 15 novembre dans un site non encore connu) et que les championnats du monde en mars 2021 octroient à Stockholm les quotas pour les Jeux Olympiques de 2022 à Beijing…"
G.P : "On vivrait le coronavirus jusqu’à la lie avec un championnat du monde en octobre puis un autre 5 mois plus tard ! Autant repartir sur de nouvelles bases !"

Propos recueillis par Paul Péret

France tv sport francetvsport

Patinage