Nathalie Péchalat, présidente de la Fédération Française des Sports de Glace : "On a regagné la confiance"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Jean-Baptiste Lautier
Nathalie Péchalat
Nathalie Péchalat, présidente de la Fédération Française des Sports de Glace. | Bruno Coutier / Bruno Coutier via AFP

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Nathalie Péchalat a pris la tête de la FFSG en mars 2020 à la suite d'un scandale d'agressions sexuelles qui a fragilisé l'institution. Un an après, l'ancienne patineuse fait le bilan de cette première année largement perturbée par la pandémie de Covid-19.

Comment s’est passée votre arrivée à la tête de la FFSG ? 
Nathalie Péchalat :
 "Ce n’était pas simple mais à plusieurs niveaux. Il y avait évidemment ce projecteur médiatique qui n’était pas très positif, trois jours après, il y a eu le confinement, j'ai donc pris mes fonctions à distance. Ce n’était pas facile, j’ai appris à travailler avec les élus et les salariés à distance, il y avait aussi énormément de travail au niveau juridique pour remettre les règlements et les statuts en accord avec les lois actuelles, notamment avec le code du sport. Ensuite il y a eu l’arrêt des clubs qui ne savaient pas quand ils allaient pouvoir reprendre, les sportifs qui ne savaient pas comment préparer leur saison… c'était vraiment la totale."

Quel a été l’accueil des membres de la Fédération ?
N.P : "C’était en visio, c’était très bizarre à cause de la distance liée aux écrans. Je pense qu’ils ont été bousculés, ça a été compliqué pour eux de voir leur entreprise mise à mal. Mais tout de suite j’ai senti une envie d’avancer, de construire ensemble et de tracer sa route. C’était le plus important pour moi de savoir que si les gens avaient décidé de rester, qu’on ait tous les mêmes objectifs. Certains sont partis avant que j’arrive, d’autres quand je suis arrivé, de leur fait ou du mien, mais avec ceux qui sont restés, ça a fonctionné. Il faut être bienveillant et positif, c’est ce qui nous a rassemblé."

Vous dites que des personnes sont parties de leur plein gré ou du vôtre, comment avez-vous choisi les personnes qui devaient quitter cette fédération ?
N.P : "Il y a des prestataires avec qui on doit avoir une relation de confiance. Avec l'avocat qui était précédemment à la Fédération, on n’avait pas forcément la même vision des choses en termes de communication avec le ministère or, je souhaitais assainir ces relations pour qu’il y ait moins de tension. À ces postes clés, on doit s’entourer de personnes de confiance."

"Il faut la performance et le résultat évidemment, mais d’une belle manière"

Les gens qui sont partis étaient des anciens proches de Didier Gailhaguet ?
N.P : "Généralement, oui. Ce sont des personnes qui étaient très importantes dans le fonctionnement de la FFSG au temps de Didier Gailhaguet. Mais la plupart sont partis d’eux-mêmes, je ne suis pas arrivé en disant : ‘Bim, tout le monde saute !’. Il y a eu la volonté de certaines personnes de s’écarter parce que je pense qu’elles étaient très loyales et fidèles à Didier Gailhaguet."

Avez-vous découvert de nouveaux dossiers, de nouvelles confessions d’agressions sexuelles une fois que vous êtes arrivée à la tête de la FFSG ?
N.P : "Oui. On a mis en place un comité éthique avec des référents intégrité avec tous les documents nécessaires pour que les clubs puissent informer et sensibiliser les licenciés. Là on a eu quelques fiches de signalement qui nous sont remontées et qu’on a pu traiter grâce à un protocole, mais pas de l’ampleur de celles que l’on a tous entendu dans les médias. On en a reçu beaucoup au début, jusqu’à l’été, et depuis on en a vraiment moins, ça n’a rien à voir."

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Quelles actions avez-vous mise en place pour tenter d’assainir cette fédération ?
N.P : "On a voulu coupler la formation technique sportive avec des associations qui luttent contre les violences pour sensibiliser les encadrants et les dirigeants de clubs. Il y a deux ligues qui ont pu mettre ça en place mais on n'a pas encore pu aller au bout à cause du Covid. On a conventionné "Colosse aux pieds d’argile" (Association luttant contre les violences sexuelles dans le monde du sport, NDLR) pour sensibiliser au maximum. On aurait dû faire une assemblée générale avec cette association et tous les présidents de clubs mais elle a été faite en visio, malheureusement ça a été moins percutant. C’est vrai que le Covid ne nous aide pas dans cette lutte."

"On a des résultats qui sont probants, on est en ordre de marche."

Le ministère avait menacé la FFSG de lui enlever son agrément lors du scandale, vous a-t-il donné des objectifs ?
NP : "Ils m’ont demandé des garanties à deux reprises. La première sur les aspects éthiques, j’ai dû répondre à un courrier très détaillé sur toutes les actions qu’on avait mis en place. La deuxième concernait l’évolution des statuts et de règlements, ce qu’on a fait avec tous les présidents de clubs au début du mois d’octobre. Suite à cela, la ministre des Sports a levé la possible menace du retrait de la délégation. On a regagné la confiance du ministère."

Quel bilan pouvez-vous tirer de cette première année ?
NP : "On a eu beaucoup de travail. (Rires) Je ne dis pas que c’est fini, entre la covid et l’organisation des championnats du monde de patinage artistique à Montpellier en mars 2022, il y a toujours quelque chose à faire. Une fédération, c’est énormément de dossiers sur les volets éthique, juridique, sportif, administratif, communication et les événements. On a beaucoup trimé mais on a des résultats qui sont probants, on est en ordre de marche. On n’avait pas d’archives, on a mis tout à plat pour tout reconstruire à zéro. Maintenant les équipes sont au complet et on est prêt à attaquer cette saison olympique avec de vrais objectifs sportifs. On attend évidemment une chose, c’est que la vie normale revienne, pour que nos clubs, nos licenciés puissent reprendre et pour qu'on puisse développer le sport-santé, le sport-loisir et le sport-plaisir."

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