Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron marqués par la crise sanitaire mais plus que jamais concentrés sur les Mondiaux 2021

Publié le , modifié le

Auteur·e : Marie-Christelle Maury
Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis
Les vice-champions olympiques de danse sur glace, Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis. | Alexander Vilf / Sputnik / Sputnik via AFP

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Saison bouleversée. Pas de championnats de France, ni de championnats d’Europe, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron font des championnats du monde, en mars prochain, l’unique objectif de leur saison. Par la force des choses.

"Tout ce que l’on a manqué, on ne le rattrapera pas. On essaie juste de s’adapter… On ne peut pas changer les choses", entre fatalisme et philosophie, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, quadruples champion du monde de danse sur glace, ont arrêté de se battre contre l’inconnu. Ce vendredi, les patineurs français auraient dû s’élancer sur la glace de Grenoble pour les Internationaux de France mais le Grand Prix a finalement été annulé. Une nouvelle déception parmi tant d’autres : "C’est très compliqué quand on s’entraine pour rien… Notre moral fait les montagnes russes, on a des phases de désespoir complet" nous explique Guillaume, et Gabriella d’ajouter : "on essaie de convertir la motivation en résilience".

Il y a plus de neuf mois, nous les avions laissés en Autriche à Graz, avec une médaille d’argent autour du coup. Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, quintuples champions d’Europe en titre, n’étaient plus redescendus de la première marche depuis les Jeux Olympiques de PyeongChang en 2018. Gratz et sa médaille d’argent, c'était une vraie déception en attendant "les Monde" trois mois plus tard et l’ambition d’obtenir un cinquième sacre. Mais la Covid-19 est passée par-là, balayant la planète de son ombre noire et funeste. Le grand monde de la compétition s’assoupi et les championnats du monde à Montréal en mars ont été évidemment annulés. La ville dans laquelle ils vivent et ils s’entraînent. Ensuite, l'histoire, on la connaît : trois mois de confinement, pas de glace pour occuper les journées, et des visios à profusion pour garder le contact et la forme avant d'arriver au terme de la première vague.

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La reprise de l’entraînement s'est donc fait de façon anarchique : "on n’arrivait pas à planifier nos séance. On patinait à droite, à gauche, selon les directives. Et toutes les deux semaines, ça changeait." Adapter son existence dans la ville, et sur la glace, les deux français ne cessent de le faire quand en juillet le virus s’invite à la fête : "on l’a eu en même temps. On a été bien malade," Gabriella Papadakis plus que Guillaume Cizeron d’ailleurs, et cela les contraint à ne plus du tout patiner pendant plus de deux semaines. Une goutte d’eau dans un océan de déconvenues et de déceptions.

"C’est la première fois que nous avons autant d’incertitudes. On ne sait pas comment gérer ça, c’est l’inconnu."
Gabriella Papadakis

"Cette deuxième vague, on s’y attendait mais ça fiche quand même un sacré coup au moral" insiste le patineur, "on se prend le mur, c’est épuisant. Voilà pourquoi on a changé notre stratégie. On arrête de préparer des trucs qui n’auront pas lieu. On essaie de se donner des certitudes à long terme." Une saison pour souffler un peu, avant le grand tourbillon olympique l’an prochain, tel est l'objectif. "Pour une fois, on va arrêter les désillusions", surtout après après 14 mois sans compétition : "on ne sait pas encore si on présentera les deux programmes que l’on a préparés cet été, ou si l’on reprendra ceux de l’an dernier" indique le Clermontois avant que sa partenaire ne renchérisse, "ce n’est pas facile depuis 7 ans, on fait des compétitions tous les deux mois. C’est la première fois que nous avons autant d’incertitudes. On ne sait pas comment gérer ça, c’est l’inconnue." Dans le grand capharnaüm du moment, les deux français ont aussi décidé de jouer la sagesse.

Papadakis presque contrainte de rester à Montréal

"Guillaume possède un visa de travail au Canada, pas moi" précise Gabriella, "si je rentre en France, ou si je vais aux championnats d’Europe en janvier à Zagreb, par exemple, je ne suis pas certaine de pourvoir rentrer au Canada. On en a parlé ensemble, Guillaume et moi. Je n’ai pas le statut pour voyager comme je veux. J’ai donc décidé de rester ici." Le choix de la raison et de la passion. Avec ce temps rallongé où "il ne se passe pas grand-chose", Guillaume, lui, en a donc profité pour retrouver la France, et sa famille qu’il n’a pas vue depuis février dernier.

Ce jeudi, l'Auvergnat fêtera son anniversaire au milieu des siens, avant de rentrer à Montréal le 16 novembre. Après une quarantaine obligatoire, Guillaume Cizeron et Gabriella Papadakis devraient reprendre l’entrainement début décembre. "Bien sûr, ma famille me manque. Mon grand-père est décédé, je n’ai pas pu aller à ses obsèques, témoigne la Française, ma grand-mère est toute seule, je ne peux pas aller la voir... Je ne sais pas quand je vais revenir, donc tout ça c’est difficile à gérer. Alors il faut se recentrer sur nos objectifs", et Guillaume d’ajouter "on essaie de rester motivés, et de rendre cette vie normale alors qu’elle ne l’est pas !" Pour autant, et c'est le mot de la fin, Gabriella Papadakis veut rester confiante, et positive quant à la suite : "Une fois que l’on aura passé tout ça, on sera plus heureux, j’en suis certaine." Toujours la petite lumière, même en pleine obscurité, telle est la force des grands champions.

Marie-Christelle Maury mariechmaury

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