Didier Gailhaguet refuse de quitter son poste au comité olympique français

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Auteur·e : AFP
Didier Gailhaguet annonce sa démission de la FFSG le 8 février 2020
Didier Gailhaguet annonce sa démission de la FFSG le 8 février 2020 | Philippe LOPEZ / AFP

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Didier Gailhaguet, ancien président de la Fédération française des sports de glace contraint à la démission en février dernier par la ministre des Sports Roxana Maracineanu, a communiqué jeudi sa volonté de rester membre du Comité national olympique et sportif français (CNSOF). Visé pour avoir protégé l'entraîneur Gilles Beyer, qui a agressé sexuellement et violé l'ancienne patineuse Sarah Abitbol lorsqu'elle était jeune, Didier Gailhaguet a adressé un message à l'ensemble des membres du CNOSF, réclamant de la "décence" et affirmant qu'il ne quitterait pas son poste.

L'ancien patron du patinage français, Didier Gailhaguet, contraint à la démission de la Fédération française des sports de glace (FFSG) en février à cause d'un scandale de violences sexuelles, refuse de quitter le comité olympique français, a-t-il fait savoir mercredi soir dans un courriel obtenu par l'AFP.

"Je réclame simplement un peu de décence !"

"J'ai décidé de ne pas démissionner et à ceux qui appelleraient à ma démission, je réclame simplement un peu de décence !", lance Gailhaguet à la fin de son message, adressé à la quarantaine de membres du conseil d'administration du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), dont son président Denis Masséglia. "Bien amicalement à vous et à demain", conclut-il, annonçant ainsi son intention de participer au conseil d'administration prévu par visioconférence jeudi matin.

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Après un long règne à la tête de la FFSG, qu'il présidait depuis 1998, à l'exception d'une parenthèse entre 2004 et 2007, Didier Gailhaguet avait été contraint à la démission début février, sous pression de la ministre des Sports Roxana Maracineanu. Quinze jours plus tôt, plusieurs anciennes patineuses, dont Sarah Abitbol dans son livre Un si long silence, avaient accusé de viol et agressions sexuelles plusieurs entraîneurs, dont Gilles Beyer. Gailhaguet a été accusé d'avoir maintenu ce dernier dans le circuit du patinage, malgré des soupçons en 2000, ce dont il se défend à nouveau dans le courriel envoyé à ses collègues du CNOSF.

"Non, je n'ai évidemment pas l'intention de me laisser accuser sans avoir la possibilité de me défendre. Non, je n'ai bien sûr pas l'intention d'être la victime expiatoire des dysfonctionnements évidents de l'administration", insiste-t-il. Didier Gailhaguet ajoute avoir été contraint de démissionner "pour préserver mes clubs, mes ligues et mes comités", face à la menace de retrait d'agrément brandie par Roxana Maracineanu, "l'arme atomique".

Un maintien qui pourrait nuire au CNOSF et aux relations avec la FFSG

Trois jours après la démission de Gailhaguet, le président du CNOSF, Denis Masséglia, saisissait le comité de déontologie du comité olympique français, pour savoir si l'ancien patron du patinage pouvait être contraint à la démission. Réponse du comité de déontologie à l'unanimité, en date du 14 avril : d'après ses statuts et même si Didier Gailhaguet n'est plus patron de fédération, "le CNOSF ne peut mettre unilatéralement un terme" à son mandat d'administrateur.

Le comité relève néanmoins que son maintien "est de nature à nuire, d'une part, à la cohésion et à l'image du mouvement sportif ; d'autre part, aux relations entre les nouveaux dirigeants de la Fédération française des sports de glace et le CNOSF". Selon Didier Gailhaguet, le patron du CNOSF lui-même lui a "demandé récemment de réfléchir à une démission de (son) poste". Un poste "auquel j'ai été démocratiquement élu avec vous", ajoute-t-il. Didier Gailhaguet a été remplacé à la tête de la FFSG par l'ancienne championne de danse sur glace Nathalie Péchalat, élue mi-mars.

AFP

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