Pour protester contres les violences policières, des stars du sport rejoignent le mouvement #BlackOutTuesday

Publié le , modifié le

Auteur·e : Jules Boscherini
#BlackOutTuesday

En ce mardi 2 juin, tous les sportifs mondiaux ont une chose en commun : se réunir sous la bannière du mouvement Blackout Tuesday. Si vous fréquentez les réseaux sociaux, vous n’avez pas pu passer à côtés des milliers d'images entièrement noires sur votre fil Instagram ou Twitter. Un hommage à George Floyd accompagné du slogan #blackouttuesday ou #blacklivesmatter.

Un mardi noir. Sans autre couleur que celle de George Floyd, cet afro-américain interpellé à Minneapolis il y a une semaine et mort par asphyxie durant ce contrôle policier. Cet hommage a pris corps dans le monde entier ce mardi sous l'appellation "Blackout Tuesday".

Le mouvement a été lancé par Brianna Agyemang et Jamila Thomas, deux femmes noires qui travaillent dans l’industrie musicale. Elles appelaient à mettre les spectacles en pause (#TheShowMustBePaused) pour faire de cette journée une lutte contre les injustices et les discriminations.

Ce mouvement a très vite gagné d'autres cercles que celui de la musique. Il a depuis été repris par des célébrités dont des sportifs de toutes origines, de toutes couleurs de peau. De Tony Yoka à Zinedine Zidane  en passant par Lebron James ou encore David Beckham, chacun y est allé de son message de soutien ainsi que son image noire.

De plus en plus de sportifs sortent du silence et choisissent de prendre prendre position. Un activisme qui a souvent été l'apanage des athlètes afro-américains à l'image de Colin Kaepernick qui dénonçait déjà en 2016 les violences policières en posant un genou à terre pendant l'hymne américain. Un geste qui en a fait un martyr du foot US, bannis à jamais par les clubs de la NFL où les idées républicaines et conservatrices sont très majoritaires.

Kaepernick sort du silence

Kaepernick est d'ailleurs sorti de son silence après ce drame pour dénoncer cette nouvelle bavure et justifier les actes de rébellion partout dans le pays. "Lorsque la civilité mène à la mort, la révolte est la seule réaction logique", a tweeté l'ancien quarterback des San Francisco 49ers.

Et pour beaucoup, la comparaison est marquante. D'un côté le policier blanc agenouillé sur le cou de George Floyd et de l'autre Colin Kaepernick, un genou à terre sur le bord d'un terrain avant un match de NFL. C'est le cas de la star du basket, Lebron James qui n'a pas hésité à reprendre cette comparaison, demandant à ses nombreux fans de garder les yeux ouverts et de comprendre. Ce mardi, avec des millions de cartons noirs sur les réseaux, le phénomène a pris une ampleur mondiale sans autre engagement qu'une image.

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"C'est notre responsabilité de dénoncer les injustices"

Avec des millions de fans sur les réseaux sociaux, beaucoup de sportifs ont estimé qu'il était de leur devoir de montrer l’exemple en soutenant les manifestations qui bouillonnent aux États-Unis. En F1, Lewis Hamilton a pris la tête du mouvement pour dénoncer le racisme mais aussi le silence qui règne dans sa discipline. Ne se sentant pas légitime, Charles Leclerc a tout de même tenu à s'exprimer sur Twitter. "Je ne me sentais pas à ma place et j'étais mal à l'aise à l'idée de partager mes sentiments sur les réseaux sociaux à propos de cette situation" a-t-il débuté avant de conclure son tweet par quelques mots de soutien : "C'est notre responsabilité de dénoncer les injustices. Ne restez pas silencieux. Je suis solidaire de #BlackLivesMatter."

Alors que le sport est parfois sujet au racisme sur les terrains ou dans les tribunes, la prise de conscience est devenue bien réelle ce mardi. Mais pour que les mentalités changent, il faudra un lendemain à ce mardi noir.

Jules Boscherini @julesboscherini