Benoit Paire
Benoit Paire | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Paire : "Un plaisir de dingue"

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Benoît Paire, vainqueur de l’Espagnol Albert Ramos en quatre manches serrées (7-6 (7/3), 6-4, 6-7 (5/7), 6-3), affichait un visage radieux en conférence de presse. Le sourire d’un 69e mondial qui vient de sortir le numéro 38 au classement ATP. Son bonheur faisait plaisir à voir.

Q.  5-3, 30/0, deux doubles fautes, une amortie qui ressemble plus à un lob ; que se passe-t-il dans ta tête ?
R. Vous êtes dur d'entrée ! C'est vrai, un petit peu de tension. Je venais de faire un beau point juste avant, et à ce moment-là, je me suis senti un peu stressé. J'ai tenté sur la première double faute un service assez puissant en deuxième balle. Cela sort de peu, ma deuxième double faute, pareil, ça sort de peu. L'amorti, c'est un peu pour m'en débarrasser, c'est vrai, je pense que c'est la tension qui a fait cela. Je suis tout de même très content de m'en être sorti, alors qu'il revient, il breake à 6-5, je fais un jeu partout pour revenir à 6 partout. Pour moi, ce n'est que du positif. Même si il y a eu ces deux doubles fautes à 30, je sais que je ne vais pas retenir ça du match, je suis très content.

Q. Sur la fin, tu vois qu'il crampe ?
R. Oui, je vois qu'il crampe, mais pour moi, cette situation est dure, c’est rare et cela me met plus de pression. Je me dis: « Il est en train de cramper. » Qu'est-ce que je fais, je joue l'échange ou bien j'attaque et joue mon jeu ? Ça m'a fait un peu douter. Il crampait, mais entre les échanges. Pendant les points, il courait, il n’avait pas de souci, je lui jouais revers, il y allait, je lui jouais coup droit, pas de souci. Après, il crampait. Je me disais : « Je vais m'en sortir. » J'ai pas mal servi, j’ai continué à l'agresser et  ça  a  fait la différence.

Q. J'imagine un certain bonheur de passer le premier tour ? Parce que d'un autre côté, il y a la pression de se dire : « Je n'ai pas envie de faire partie de ceux qui sortent dès la première journée. »
R. Je vois les Français qui gagnent, c'est positif. Tous les Français font de bons résultats, jouent bien, s'accrochent bien. Il faut faire partie de ce wagon. J'en fais partie. On s'en sort bien, les Français ont fait de bons matches. Cela booste un petit peu les autres. Hier, c'était une journée incroyable, aujourd'hui pareil, tous les Français gagnent. Je suis super content. En plus, devant ma famille, mon entraîneur... Beaucoup de monde était là, une ambiance incroyable. On a forcément envie de bien faire, de bien jouer, de s'accrocher. Ce n'est que du bonheur d'être au deuxième tour. Vraiment, je savoure.

Q. Justement, c'est sûrement peut-être la plus belle émotion de ta carrière. Tu as eu l'air de prendre un plaisir de dingue.
R. Oui, j'ai pris un plaisir de dingue ! Une ambiance comme ça, je l'avais eue sur le court numéro 1, mais j'avais perdu. C'est différent. Là, je mène 2 sets 0, des occasions au troisième de finir en 3 sets… Finalement je le perds, le public est là pour me soutenir. Ça me fait du bien, ça me booste. C'est lui qui crampe, alors que physiquement, je pense qu'il est un peu mieux que moi. C'est ce qui fait la différence, et ce qui fait que ce match restera le plus beau de ma carrière. Au niveau émotion, j'ai failli pleurer à 40-15, à la fin. C'était un peu dur, mais je m'en suis bien sorti. J'étais très heureux de gagner. Pour moi, c'est un match parfait.