Ophélie Aspord
Ophélie Aspord au départ de l'épreuve d'eau libre | AFP - MARTIN BERNETTI

Ophélie Aspord, la libre ambition

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Après avoir été la plus jeune athlète à s'élancer dans le 10km en eau libre à Hyde Park, aux Jeux Olympiques de Londres, Ophélie Aspord s'attaque aux Mondiaux. Moins d'un an après sa superbe 6e place à Londres qui faisait suite à une 6e place sur 5km aux Mondiaux de Shanghaï en 2011, la Basque entend bien franchir un cap. Engagée sur les deux distances, elle rêve de podium sur la plus longue distance à Barcelone, grâce à ses muscles, et son cerveau.

Elle n'a que 22 ans, étudie à Toulouse, est licenciée à l'Aviron Bayonnais. Future avocate, Ophélie Aspord apprend à se défendre également dans l'eau. Car après avoir été médaillée de bronze aux championnats de France juniors sur 1500m, elle a mis le cap sur l'eau libre. Et cette discipline n'est pas de tout repos.

"En natation pure, il faut poser son cerveau au bord du bassin pour répéter et répéter un geste, répéter et répéter des longueurs et des longueurs pendant des années et des années", se lasse-t-elle à décrire avant de s'emballer. "En eau libre, avec un peloton d'au moins 50 filles, il faut savoir utiliser son cerveau pour élaborer sa stratégie de minute en minute, pour observer et jauger la concurrence, pour parer à toute échappée, pour éviter les coups plus ou moins méchants, pour gérer son effort et, enfin, pour composer avec les éléments naturels". Même si aucun coup n'est bien évidemment permis, parfois ils pleuvent au point de couper la respiration ou boucher la vue. "Aux championnats du monde en 2011, j'étais sixième lorsque mes lunettes ont été arrachées au passage de la dernière bouée. Comme plongée en eaux troubles, j'ai dégringolé à la seizième place", raconte-elle, impatiente de se rattraper à Barcelone. Car à l'époque, cela lui avait coûté sa qualification olympique, qu'elle avait ramenée finalement du Portugal au début du mois de juin 2012.

De grandes ambitions

Mais en un an, Ophélie Aspord a grandi, elle a appris. A Londres, elle a pris la 6e place du 6km, étant la première à arriver à 1'04" du quinté de tête qui avait sprinté jusqu'au bout. En constante progression (32e de ses 1ers Mondiaux en 2009 sur 10km, 6e de ses 2e Mondiaux en 2009 sur 5km, 6e des JO en 2012 sur 10km), la Basque est ambitieuse: "J'aimerais porter haut les couleurs de l'eau libre pour la faire découvrir à un maximum de gamins." Quadruple championne de France du 5km, triple championne de France du 10km, a pris goût à cette discipline: "Jouer avec les éléments est un terrain de jeu plus excitant que faire des longueurs monotones dans un bassin. Chez nous, aucune course ne se ressemble tant elle est un combat avec sa stratégie propre. Jamais personne ne sait qui va la gagner". Cela tombe bien, elle compte se frayer un chemin jusqu'au podium, voire jusqu'à l'or, dans l'eau du Moll de la Fusta.

Après avoir nagé, en fonction des épreuves de Coupe du monde, avec des otaries en Argentine, des tortues au Mexique, des poissons multicolores en Nouvelle-Calédonie, ou encore des raies ou des méduses, Ophélie Aspord va cette fois se frotter à l'eau du port de Barcelone. Et les filets tendus par les organisateurs devraient éviter toute rencontre désagréable.