Hingis et sa mère
Martina Hingis consolée par sa mère, suite à sa défaite en finale de Roland-Garros, en 1999. | JACQUES DEMARTHON / AFP

Williams, Bartoli, Bonaly... Ces pères et mères qui ont (un peu trop) donné pour leurs enfants

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Bartoli, Williams, Harinordoquy… Le sport qui est histoire de famille est également histoire de transmission. Du talent, des valeurs, mais aussi du savoir et c’est pourquoi de nombreux duos parent-enfant réussissent dans ce milieu. Mais il arrive fréquemment que par amour, certains parents s’emportent quand on embête leur progéniture, ou s’enflamment un peu trop pour donner le meilleur à leurs enfants… La preuve en dix exemples de duos parent-enfant qui ont légèrement dérapé.

Pione Sisto et ses parents

Pione Sisto est un jeune footballeur danois de 19 ans. Il a appris en début de semaine sa sélection chez les -21 ans du Danemark. En pleine conférence de presse, ses parents sont intervenus, et ont livré aux journalistes quatre minutes de danses et chants traditionnels pour fêter ça. Mais le jeune footballeur n’est pas le seul sportif à avoir vu ses parents déraper… Dans le bon, ou le mauvais sens.

Lucien et Imanol Harinordoquy

29 novembre 2011 : le derby du TOP 14 Biarritz-Bayonne bat son plein. Alors qu’une bagarre éclate en plein match, deux joueurs bayonnais viennent s’en prendre à Imanol Harinordoquy, membre de l’équipe de France. Mais un spectateur descend sur le terrain et vient mettre une droite à un des deux rugbymen… Cet homme n’est autre que Lucien, le père Harinordoquy, venu défendre son fils ! Il est rapidement maîtrisé et renvoyé du terrain, et avouera le lendemain regretter de s’être comporté ainsi, admettant avoir « pété un câble ».

Richard, Serena et Venus Williams

Il les a choyées et emmenées au plus haut-niveau. Avec lui et ses filles, le tennis féminin a pris une toute autre dimension. Richard Williams a fait de Venus et Serena (un an plus jeune) de vraies championnes, qui ont battu des records et dont la célébrité a dépassé le simple cadre du tennis. Elles ont été élevées dans le but de remporter des tournois à la pelle. Mais une telle proximité avec ses filles cause parfois quelques dérapages… Comme lors d’une demi-finale à Wimbledon en 1997. Venus Williams joue alors contre la Roumaine Irina Spirlea. L’Américaine l’emporte très difficilement, et son père intervient en insultant Spirlea de « grosse dinde, grande et laide ».​

Gaston et Jean Boiteux

Il y a des manifestations de joie qui pourraient clairement être évitées, et qui peuvent faire qu’un moment exceptionnel devienne un temps à oublier. Cela a failli être le cas pour Jean Boiteux, ancien nageur français. En 1952, il remporte le 400m nage libre aux Jeux olympiques d’Helsinki. Une sacrée performance que tient à célébrer Gaston, le père du tout nouveau champion. Il se précipite vers la piscine, plonge dans le bassin tout habillé, béret sur le crâne… Le hic, c’est que certains concurrents n’avaient pas fini la course, ce qui a failli causer la disqualification de son fils.

Walter et Marion Bartoli

Walter Bartoli était à l’origine médecin. Mais il met sa carrière entre parenthèses dès qu’il décèle le talent de sa fille Marion. Il lui fait arrêter l’école en fin de quatrième, lui fait suivre des cours par correspondance, et l’entraîne tous les jours depuis l’âge de 13 ans. Le duo fait causer sur le circuit, de par la relation très tendue qu’entretiennent le père et sa fille avec la fédération française de tennis. La joueuse souhaite en effet que son père reste à ses côtés durant les matches de Fed Cup, ce qui n’est à la base pas autorisé. Marion Bartoli boudera pendant huit ans l’équipe de France. Très complices, tous deux se séparent début 2013. Ce qui ne nuit pas au succès de la jeune femme, qui remporte son premier Grand Chelem l’été de la même année, à Wimbledon. Devant son père, passé d’entraîneur à supporter.

Suzanne et Surya Bonaly

L’une des relations mère-fille les plus détonnantes du monde du sport. Suzanne Bonaly est la mère adoptive de Surya, mais aussi sa coach, sa confidente. C’est elle qui est à l’origine des succès de la championne française, sacrée cinq fois championne d’Europe, trois fois vice-championne du monde et quatre des Jeux 94 en patinage artistique. Envahissante, hyperprotrectrice, les deux femmes avaient même mis au moins un langage à elles pour qu’elles puissent communiquer même pendant les compétitions. C’est en tout cas ce qu’a révélé Surya Bonaly dans son autobiographie sortie en 1995 : « nous mettons au point un code connu de nous seuls, fait de gestes, de syllabes esquissées du bout des lèvres et de termes empruntés aux autres disciplines sportives ». Une relation très fusionnelle, mais aussi compliquée à gérer par moment, quand la tension entre la mère et sa fille était à son summum : « tu abîmes la glace », criait Suzanne Bonaly à sa fille quand celle-ci faisait une erreur.

Arsalan et Aravane Rezaï

Dans la grande famille du tennis, on demande Arsalan et Aravane Rezaï, une association père-fille qui a failli mal finir. C’est lui qui a initié son enfant au tennis, qui a tout investi dans le talent de sa fille, en devenant son coach et dirigeant sa vie. Le résultat paie en 2010, puisqu’Aravane parvient à être 15e mondiale. Trois ans auparavant, son père est interdit d’accès à Roland-Garros, suite à de nombreuses insultes et menaces proférées à qui voulait trop s’approcher de ce duo. Mais à l’Open d’Australie 2011, tout dérape. Arsalan s’en prend à sa fille dans les vestiaires ; elle porte plainte pour violences, menaces de mort et harcèlement moral. Mais deux ans plus tard, la joueuse française décide de revenir sous la houlette de celui qui a tout donné pour elle.

Melanie Molitor et Martina Hingis

Les passionnés de tennis se souviennent de cette finale de Roland Garros 1999, où la jeune Martina, 19 ans à l’époque, perd en finale contre Steffi Graff. La Suissesse est inconsolable et pleure longuement dans les bras de sa mère, qui est son entraîneur. Depuis, alors que la carrière de cette championne est terminée, les deux femmes continuent de faire parler d’elles. Elles sont accusées par l’ancien mari de Martina de l’avoir agressé. Thibaut Hutin, cavalier français, a raconté la scène au journal suisse Blick : « J’étais dans notre appartement lorsque ça a sonné à la porte. Martina et sa mère se sont jetées sur moi et m’ont frappé ».

Youri et Maria Shaparov(a)

Le père de la championne russe est connu pour ses nombreux débordements. Comme la fois où au cours d’un match de sa fille, il avait mimé qu’on l’égorgeait… Mais il y est pour beaucoup dans le conte de fées qu’a vécu la belle joueuse de tennis. Ils ont quitté tous les deux la Sibérie pour se rendre en Floride, complètement sans le sou, et permettre à Maria de réussir dans le tennis. Après plusieurs dérapages face à la presse ou en plein match, le père de l’ancienne numéro un mondiale s’est désormais éloigné de sa fille, et n’est plus son coach.

John et Bernard Tomic

A 22 ans, Bernard Tomic est un espoir du tennis mondial, coaché depuis son enfance par son père, John, un homme au tempérament lunatique. Connu pour sa capacité à s’énerver rapidement, et son envie d’amener son fils au plus haut-niveau, il peut être incontrôlable en cas de contrariété. Thomas Drouet, parring-spartner français, en a fait l’amère expérience l’an passé. Le jeune homme se fait brutaliser par le père, et se fait agresser un après-midi de mai, à Madrid, par un coup de tête, pour avoir demandé qu’on arrête « de lui parler comme à un chien ». John Tomic écope par la suite de huit mois de prison et est banni du circuit.

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