Violences sexuelles dans le sport : Plusieurs affaires émergent dans le monde du roller derby, la FFRS accusée par les plaignantes

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Auteur·e : Denis Menetrier
Roller derby

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Dans le sillage de la libération de la parole dans le monde du sport, après de nombreux témoignages et le dépôt de plusieurs plaintes pour des agressions sexuelles, le roller derby est mis sur le devant de la scène ce vendredi. Quatre plaintes ont récemment été déposées par des pratiquantes de ce sport jugé plus féministe que les autres. Accusé de négligence par la Commission roller derby française, le président de la Fédération de roller et de skateboard, Nicolas Belloir, a été convoqué par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu.

"Le roller derby est peut-être plus 'safe' que beaucoup de disciplines sportives mais ne l'est pas complètement." Dans un communiqué adressé le 20 février dernier à la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, Amandine Richaud-Crambes tire la sonnette d'alarme concernant l'atmosphère régnant dans son sport. La responsable de la Commission roller derby a adressé ce courrier au ministère à la suite de la libération de la parole qui s'est emparée du monde du sport depuis les révélations fin janvier de la patineuse Sarah Abitbol, qui a confié s'être fait violer lorsqu'elle était mineure par son entraîneur de l'époque, Gilles Beyer.

Si Amandine Richaud-Crambes réclame dans son courrier "la démission de l'ensemble des membres du Conseil d'administration de la Fédération française roller et skateboard (FFRS)", c'est parce que plusieurs témoignages de violences sexuelles ont émergé ces dernières semaines dans le monde du roller derby, sport jugé plus féministe que les autres. Certaines victimes, majoritairement des femmes, ont partagé leurs expériences douloureuses sur les réseaux sociaux. Trois plaintes ont également été déposées ces dernières semaines selon les informations du jour du quotidien Le Parisien, dont une pour viol. Une quatrième, datant de l'année dernière, concerne des faits d'agressions sexuelles.

Le président de la FFRS se défend

"J'ai interpellé à de nombreuses reprises la FFRS sur ces sujets mais mes appels sont trop souvent restés lettres mortes, voire se sont retournés contre moi et la Commission roller derby", affirme Amandine Richaud-Crambes dans le communiqué adressé à la ministre des Sports, avant d'ajouter : "Aujourd'hui est un moment triste pour le roller derby français. Mais c'est aussi un moment qui va permettre d'arrêter de faire l'autruche et de dévoiler au grand jour les méfaits des un.e.s et le courage des autres. (...) Nous attendons une prise de conscience et une réaction forte du ministère des Sports, à la hauteur de l'ampleur de la crise que traverse aujourd'hui le roller derby français."

Nicolas Belloir, président de la FFRS, s'est défendu dans les colonnes du journal Le Parisien paru aujourd'hui. Il précise que la fédération travaille notamment depuis plus d'un an avec l'association Colosses aux pieds d'argile, qui vise à défendre les acteurs du monde sportif contre tout type de violence sexuelle. Amandine Richaud-Crambes, dans le courrier du 20 février, dénonce également "les décisions prises par le Conseil d'administration de la FFRS - humiliation de membres de la Commission roller derby, passage sous silence d'informations, inaction devant l'ampleur des témoignages rapportés de violences physiques et morales, défense d'agresseur.se.s en toute connaissance de cause". Convoqué par Roxana Maracineanu, Nicolas Belloir va prochainement devoir s'expliquer directement au ministère pour se défendre des accusations qui lui sont ainsi faites.

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