Une enquête de la BBC dévoile les failles de la législation anglaise concernant les abus sexuels dans le monde du sport

Publié le , modifié le

Auteur·e : Denis Menetrier
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Le terrain de football du club de football amateur "FC Parisis". | FRANCK FIFE / AFP

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Dans une enquête publiée ce vendredi, le média britannique BBC Sport dévoile une faille de la législation britannique concernant les cas d'abus sexuels par des personnes ayant autorité sur des enfants. Selon les journalistes britanniques, plus de 160 cas de relations sexuelles entre des entraîneurs sportifs ou des adultes officiant dans le monde du sport et un mineur de 16 ou 17 ans ont été recensés depuis 2016. Une pratique qui n'est pas jugée illégale par la loi britannique et qui provoque un scandale outre-Manche.

Le problème existe depuis de nombreuses années, mais la réaction du gouvernement est bien trop lente. Voilà le message que l'on pourrait retenir de l'enquête publiée ce vendredi par la BBC Sport. Selon les journalistes britanniques qui ont travaillé sur le dossier, 164 cas de relations sexuelles entre des enfants de 16-17 ans et des entraîneurs sportifs ont été recensés depuis 2016. Des relations qui ne sont pas répréhensibles selon la loi britannique, comme l'explique le média anglais.

Des relations pas punies par la loi

En effet, le "Sexuel Offences Act" rend illégal pour certaines professions (enseignants et docteurs par exemple), qui sont dans une position de confiance et d'autorité vis-à-vis d'enfants, d'avoir des relations sexuelles avec eux, même lorsqu'ils ont la majorité sexuelle (établie à 16 ans). Mais les entraîneurs de sport ou adultes officiant dans le monde du sport ne sont pas concernés par cette loi. Ce qui provoque un tollé chez de nombreuses victimes, parlementaires et au sein de la NSPCC (Société de la nation des enfants).

"Il y a une énorme faille légale dont profitent énormément les auteurs d'abus sexuels", a ainsi dénoncé la parlementaire Sarah Champion (parti travailliste) auprès de la BBC. Depuis un scandale en 2017 dans le monde du football, où des cas d'abus sexuels sur des enfants avaient refait surface, le ministère de la Justice britannique annonce travailler sur une modification du "Sexual Offences Act". Une modification de la loi beaucoup trop lente pour nombre de parlementaires.

"La partie immergée de l'iceberg"

Surtout que la méthode utilisée par la BBC pour trouver le nombre de cas recensés - en épluchant le nombre de plaintes déposées pour abus sexuel sur mineurs - laisse planer le doute sur le nombre réel de ce type de relations entre enfants et entraîneurs de sport. "Ce n'est que la partie immergée de l'iceberg", explique Sarah Champion à la BBC, qui dénonce la lenteur du ministère de la Justice pour traiter le problème, tout en expliquant que depuis la réaction du gouvernement, "de nombreux autres enfants ont vu leur vie détruite". La parlementaire travailliste réclame ainsi une réaction "immédiate".

En France, toute relation sexuelle entre un mineur de plus de 15 ans et une personne ayant autorité sur elle, comme un entraîneur de sport, est interdite. C'est donc cette notion que souhaiteraient instaurer dans la loi certains parlementaires britanniques. Malgré cette législation française, les cas de violences sexuelles dans le monde du sport sont nombreux et le gouvernement a pris le problème à bras le corps, avec la ministre des Sports Roxana Maracineanu, devenue ministre déléguée au Sport auprès de Jean-Michel Blanquer. Il y a une semaine, un premier bilan a été présenté, qui a permis d'identifier 177 agresseurs présumés qui officiaient dans les différentes fédérations. Signe que le problème n'est pas encore totalement réglé, en France comme en Grande-Bretagne.

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