Xia Boyu repart à la conquête de l'Everest
Xia Boyu repart à la conquête de l'Everest | PRAKASH MATHEMA / AFP

Un amputé des deux jambes au sommet de l'Everest

Publié le , modifié le

L'alpiniste Xia Boyu a réalisé son rêve. A 69 ans, le Chinois est parvenu, ce lundi, à gravir l'Everest, alors qu'il est amputé des deux jambes. Il avait tenté cette performance à plusieurs reprises, avortée par des incidents météorologiques.

La cinquième a été la bonne. Xia Boyu a réussi son pari d'escalader le plus haut sommet du monde malgré son handicap aux jambes. Équipé de prothèses, le ressortissant chinois de 69 ans est parvenu à la cime culminant à 8848m d'altitude aux premières heures lundi. « Il a atteint le sommet ce matin, avec sept autres membres de son expédition », a confirmé son guide, Dawa Futi Sherpa, de l’agence organisatrice Imagine Trek and Expedition.

Pourtant, l'homme de 69 ans aurait pu voir son rêve s'envoler. En 2017, le Népal avait instauré l'interdiction aux personnes doublement amputées et aux aveugles de tenter l'ascension de l'Everest. La décision, jugée discriminatoire, avait finalement été annulée, en mars dernier, au plus grand bonheur de Xia Boyu. 

Xia Boyu faisait partie de l'équipe nationale chinoise en 1975 où le groupe avait subi une tempête sous le sommet de l'Everest. En manque d'oxygène et exposé à des températures polaires, l'alpiniste avait souffert de graves gelures et perdu ses deux pieds. En 1996, ses deux jambes avaient dû être amputées juste en dessous du genou après que les médecins lui eurent diagnostiqué un lymphome, une forme de cancer du sang.

Plusieurs tentatives et une volonté à toute épreuve

Malgré ces mésaventures, le Chinois ne s'est pas découragé dans sa quête. Il y retourne en 2014. Mais une avalanche qui coûte la vie à 16 guides sherpas met un terme prématuré à la saison. Ne se résignant pas, il revient l'année suivante. Mais un violent séisme survient au Népal. Rien que sur l'Everest, 22 personnes perdent la vie, une avalanche s'abattant sur le camp de base. Lors de sa dernière tentative en date, en 2016, le mauvais temps le force à rebrousser chemin à tout juste 200 mètres du sommet. Un crève-cœur mais qui ne le détourne pas de son objectif :  "Escalader l'Everest est mon rêve. Je dois le réaliser. Cela représente aussi un défi personnel, un défi du destin", confiait-il le mois dernier à l'AFP qui l'a rencontré à Katmandou. C'est désormais chose faite.
 

Le seul double amputé à avoir atteint le toit du monde avant lui est le néo-zélandais Mark Inglis, qui a accompli cette prouesse en 2006.

La traditionnelle saison de printemps bat actuellement son plein sur l'Everest. La météo y offre une petite fenêtre de conditions moins extrêmes que le reste de l'année. La journée de dimanche a vu les premiers alpinistes de la haute saison parvenir au sommet. En tout, près de 700 personnes tenteront de s'y hisser au cours des prochaines semaines.

AFP