Ski de bosses : Perrine Laffont : "Tout ce qui peut m'arriver par la suite est du bonus"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Jean-Baptiste Lautier
Perrine Laffont

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Pour la quatrième année consécutive, Perrine Laffont vient de remporter la Coupe du monde en ski de bosses dimanche 14 mars. Après avoir décroché la médaille d'or en individuel aux championnats du monde, seul titre qui manquait à son palmarès, la Française revient sur cette belle saison, également largement perturbée par la pandémie de Covid-19.

Vous venez de remporter un quatrième globe consécutif en ski de bosses, qu’est ce que cela vous fait ?
Perrine Laffont : "Je suis très contente. C’est l’aboutissement de beaucoup de travail, c’est une récompense pour tout ça et on en est très fier."

Il n’y a eu que cinq courses cette année, est-ce que ce globe a un goût différent des saisons précédentes ?
PL : "La saison, je l’ai ressentie différemment. Ça fait bizarre de ne pas avoir eu autant de courses. On a passé pas mal de temps à s’entraîner cet hiver alors que normalement on est tout le temps en compétition. C’est vrai que ça a été dur mentalement d’avoir des coupures entre toutes ces compétitions, c’était bizarre. Quand on arrive à la fin de la saison, c’est comme si on avait presque rien fait finalement."

Comment avez-vous réussi à garder la motivation malgré tout ?
PL : "Parce que j’aime le ski, j’aime faire des compétitions. On était encore plus prêt parce que dès qu’on avait une course on était hyper motivé, on avait envie de faire un super résultat."

Vous avez gagné quatre des cinq courses disputées cette saison. Qu’est ce qui fait que vous dominez autant la discipline ?
PL : "C’est dur à dire. Je pense que c’est un bon mélange de tout parce que techniquement j’ai un run qui prend beaucoup de points. C’est vrai que quand on est dans le sport de haut niveau on est nombreux à prétendre aux podiums mais je pense que ce qui fait aussi la différence, c’est mentalement. Il y a parfois des entraînements qui sont durs, il y a le stress, l’adrénaline. J’arrive bien à gérer tout ça et quand j’arrive sur mes courses, je suis bien relâchée, j’arrive à faire des runs nickel."
 

Perrine Laffont à Deer valley, le 4 février 2021.
Perrine Laffont à Deer valley, le 4 février 2021. © GREGORY SHAMUS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Aux championnats du monde vous avez gagné le seul titre qui manquait à votre collection sur l’épreuve individuelle, c’est un poids qui s’est enlevé ?
PL : "Je pense que ça a été un combo entre le soulagement par rapport à l’objectif que je m’étais fixé mais aussi la joie et la fierté. À chaque fois c’est un condensé de plein de choses qui sont dures à décrire."

C’est une récompense par rapport aux sacrifices faits ?
PL : "Je ne peux pas appeler ça des sacrifices mais je pense que c’est une satisfaction parce qu’il y a quand même des moments durs, des moments où on a envie d’envoyer tout balader. Finalement on continue, on se botte les fesses et on travaille dans le dur donc quand on arrive au bout de l’objectif, on se dit que c’était dur mais qu’est ce que c’est bon à la fin."

"J’adore la vie que j’ai aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi je changerais et j’arrêterais."

Après avoir tout gagné, qu’est ce qui vous fait rêver ?
PL : "On peut faire les choses deux, trois, quatre fois. (Rires) Il y a encore plein de choses à faire. C’est vrai que j’ai encore de beaux objectifs mais il y a aussi la passion du ski, je ne fais pas ça que pour les résultats. J’adore la vie que j’ai aujourd’hui, je ne vois pas pourquoi je changerais et j’arrêterais."

Vous allez courir après les records désormais ?
PL : "Il ne faut pas être trop gourmand non plus mais maintenant que j’ai cette mentalité où j’ai envie de me régaler dans le ski, continuer à progresser et être une meilleure athlète tous les jours, tout ce qui peut m’arriver par la suite est du bonus. Je me sens hyper chanceuse d’avoir le palmarès que j’ai aujourd’hui. Je vais continuer à m’entraîner dur, à essayer d’évoluer et on verra jusqu’où ça me mène."

L’année prochaine auront lieu les Jeux Olympiques, vous êtes tenante du titre et jamais une skieuse n’a remporté deux titres olympiques dans cette discipline. J’imagine que c’est votre prochain grand objectif ?
PL : "C’est sûr que ce serait beau. Mais pour en avoir fait deux, je sais que les Jeux, c’est un événement très compliqué à gérer. Je vais m’y préparer petit à petit. Déjà une deuxième médaille olympique ce serait magnifique et si elle est en or c’est sûr que c’est encore mieux."

Dans l’histoire de la bosse en France, Edgar Grospiron avait démocratisé la discipline mais on a l’impression qu’avec vous ça a encore passé un cap. Est-ce que vous ressentez un réel engouement pour les bosses depuis que vous êtes au sommet ?
PL : "Oui vraiment. On voit la différence. C’est vrai qu’avant, les gros papiers français ne s'intéressaient pas vraiment à ma discipline et on a vu que ça a évolué. Maintenant on a des papiers récurrents dans les plus grandes maisons de presse de France. C’est chouette, c’est hyper satisfaisant et c’est une grande fierté pour notre sport."

Est-ce que vous sentez qu’il y a plus de jeunes qui veulent se lancer dans cette discipline grâce à vous ?
PL : "On s’en est rendu compte cet hiver quand on était en stage à l’Alpe d’Huez. Il y avait le club de ski qui s'entraînait juste à côté et les enfants étaient vraiment contents de nous voir skier. Notre piste de bosses était juste en dessous du télésiège et quand ils passaient au-dessus ils criaient. On voit qu'ils n’ont qu’une envie c’est d’essayer."

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