La ministre des Sports Roxana Maracineanu
La ministre des Sports Roxana Maracineanu | AFP

Roxana Maracineanu : "J'espère que le Tour de France aura lieu"

Publié le , modifié le

Interrogée en cette période de crise liée au Covid-19 dans l'émission Tout le Sport, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a notamment évoqué les critiques provenant du milieu du football, la crise économique du rugby. Elle a également parlé de la possibilité de voir le Tour de France et Roland-Garros se disputer à huis clos.

Jamais le sport n'a fait autant parler ?
Roxana Maracineanu : "Oui, beaucoup de Français se sont trouvés un goût pour la pratique sportive. J'espère que cet engouement restera après le confinement."

Comment avez-vous réagi aux propos de Jean-Michel Aulas ?
RM : "La ligue a pris ses responsabilités en arrêtant la saison de football. Maintenant, il ya forcément des mécontents, dans le football professionnel ou amateur. De notre côté, on fera tout pour renforcer les instances dans leurs décisions."

Comment avez-vous réagi aux propos de Waldemar Kita à votre égard ?
RM :
"Il semble ne pas connaître tous les dispositifs que nous mettons en place. À mon avis, il en bénéficie fortement. Je vais me renseigner auprès de lui, si son club a accès au chômage partiel. La plus petite association comme le club professionnel bénéficient de l'exonération de charges patronales. Il existe aussi pour les clubs professionnels un prêt garanti par l'État. Une grande partie des clubs professionnels ont eu accès à ce prêt."

Cela vous agace de voir certaines critiques ?
RM :
"Lorsque l'on est dans cet état d'esprit, il faut penser au-delà que de son secteur d'activité. J'ai une pensée pour toutes les personnes touchées par le covid-19, pour celles en première ligne pour les soigner. À ce moment là, on est en mesure de relativiser ce que l'on pense et dit."

Comment éviter le dépôt de bilan en rugby ?
RM :
"C'est un secteur particulier, cela ne dépend pas autant des droits tv que le football et plus de la billetterie. On va devoir travailler main dans la main avec les clubs, la ligue, les collectivités et la fédération pour voir comment l'accueil du public se fera en toute sécurité. Pour le moment, ce n'est pas d'actualité, le nombre admis est de 10 personnes. On est loin de former une équipe !"

Le Tour de France pourra-t-il débuter à la date énoncée ?
RM :
"Beaucoup d'acteurs me supplient de maintenir le Tour, même à huis clos. J'espère qu'il aura lieu mais je n'en suis pas sûre. Il est encore trop tôt pour se prononcer, on ne sait pas comment sera l'épidémie après le confinement."

Comment éviter les attroupements aux bords des routes ?
RM :
"J'espère que les gens ont eu conscience de la crise actuelle. Le fait de vivre dans la peur de s'approcher de quelqu'un va rester inévitablement. Tout le monde doit s'y conformer, c'est la seule solution pour limiter la pandémie."

Qu'en est-il d'un Roland-Garros à huis clos ?
RM :
"Aussi bien le Tour que Roland Garros, c'est la quintessence du sport professionnel avec un public. Les stades de Roland ont de nombreuses places à remplir, ça serait la pire des solutions de le disputer à huis clos. Mais on n'hésitera pas à le faire si la survie de ces sports est en jeu."

Quelles consignes donnez-vous aux Français qui retournent faire du sport le 11 mai ?
RM :
"L'important est de retrouver cette vie sociale qu'ils avaient au sein de leur club ou association. Même si certains, comme les sports de combat, ne pourront pas reprendre comme d'habitude, de même que la natation ou les sports collectifs. Je veux que le sport soit quelque chose de simple, comme pendant le confinement. Cela doit devenir un vrai enjeu de santé publique."

Fabien Lévêque FabLeveque

Omnisport