Roger Federer et Novak Djokovic
Roger Federer, tête basse, et son vainqueur derrière lui, Novak Djokovic | AFP - CARL COURT

Real-Alético, Djokovic-Federer, Brésil-Allemagne: les matches de l’année 2014

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L’année a été riche en événements sportifs. Sept grands duels ont retenu notre attention. Ils peuvent être considérés comme les sept merveilles de 2014. Des handballeurs français glaçant leurs hôtes danois en janvier aux footballeurs allemands étouffant tout le Brésil un soir de juillet, en passant par le récital du duo Djokovic-Federer en finale de Wimbledon, de nombreux souvenirs pour nos vieux jours se sont forgés là.

-Real Madrid– Atlético Madrid 4-1 ap (finale de la Ligue des champions)

Pour la première fois dans l’histoire de la Ligue des champions, deux clubs d’une même ville s’affrontaient en finale. Lauréat à neuf reprises depuis 1956, la dernière en 2002, le Real Madrid ne partait pas forcément favori contre l’Atlético, champion d’Espagne, qui se retrouvait au dernier rendez-vous pour la seconde fois après 1974. Les Colchoneros ont profité d’une erreur de Casillas pour ouvrir le score par Diego Godin (36e). Ils ont même mené jusqu’à la fin du temps réglementaire, défendant bec et ongles leur maigre avantage, pour finalement encaisser un coup de tronche splendide signé Sergio Ramos, au bout du bout des arrêts de jeu (93e). Après, ce fût la berezina pour les hommes de Diego Simeone qui sombraient totalement, physiquement et mentalement : trois buts de Gareth Bale, Marcelo et Cristiano Ronaldo (sur penalty) permettaient à la Maison Blanche de conquérir la fameuse decima. Mérité même si ça n’a tenu qu’à un fil.

Sergio Ramos (Real Madrid)
Sergio Ramos (Real Madrid)

-Federer – Djokovic 6-6(7), 6-4, 7-6(4), 5-7, 6-4 (finale de Wimbledon)

Quand deux grands champions s’affrontent sur le plus prestigieux court du monde, ça donne souvent des étincelles. Ce dimanche 6 juillet, le numéro 1 mondial serbe et l’ancien tyran du circuit Roger Federer ont décidé de lâcher leurs meilleurs coups pour offrir un récital aux spectateurs présents. Comme souvent entre eux, l’opposition de style permet d’assister à du furieux et splendides échanges. En 3h56, le Belgradois est venu à bout du Suisse, pourtant soutenu par tout le public londonien, à l’issue d’une rencontre disputée jusqu’au bout et jouée sur quelques points malgré la domination globale du Belgradois (4 balles de break sur 15 contre 3/7 à Federer qui a longtemps résisté grâce à son engagement (29 aces !). La force mentale de Djokovic a de nouveau fait la différence dans les moments clefs, notamment pour se remettre d’aplomb dans la dernière manche après la perte du quatrième acte alors qu’il servait pour le match à 5-3. Magistral.

-France – Espagne 65-52 (1/4 de finale de la Coupe du monde)

Affronter l’Espagne chez elle lors de la première édition de la Coupe du monde, nouvelle appellation du championnat du monde, quoi de plus motivant ? C’est ce qui est arrivée à la bande à Boris Diaw, capitaine exemplaire d’une équipe de copains aux dents longues malgré l’absence de Tony Parker, laissé au repos pour les prochaines grandes échéances (Euro 2015 en France, JO 2016 si possible).  Nettement dominés (88-64) lors du 1er tour à Grenade, les Bleus ont soif de revanche face à leur bête noire des dernières saisons. Le début de rencontre est favorable (11-2)  mais les Français encaissent un 10-0 juste après. Rudy Gobert réussit deux actions superbes face à Pau Gasol (un dunk puis un contre) histoire de montrer aux fans locaux que la partie ne sera pas à sens unique. Malgré leur rigueur défensive et leur plan de jeu récité à la lettre, les hommes de Vincent Collet craquent néanmoins dans le troisième quart-temps, ne marquant que 7 points contre des Espagnols survoltés. Mais les trois dernières minutes sont favorables à l’équipe de France avec notamment un tir primé décisif de Thomas Heurtel (13 points) qui tue le match à la 39e minute (60-52 pour un score final de 65-52). Olé !

Nicolas Batum (France)
Nicolas Batum (France)

-Afrique du Sud – Nouvelle-Zélande 27-25 (6e journée du Four Nations)

Dans un Ellis Park à guichets fermés (61 000 spectateurs), les Springboks ont battu les All Blacks sur le fil (27-25) au terme d’un combat féroce qui aura ravi tous les fans de la planète ovale. L’Afrique du Sud a profité de ce duel pour mettre fin à l’invincibilité de la Nouvelle-Zélande qui durait depuis près de deux ans (défaite en Angleterre en décembre 2012). Battus 14-10 à l’aller à Wellington, les Boks ne pouyvaient plus remporter ce Four Nations à cause d’une défaite injuste en Australie tandis que leurs rivaux faisaient un sans-faute. Mais ils tenaient à prendre rendez-vous avec leur éternel ennemi à un an de la Coupe du monde anglaise où mes deux meilleures équipes de l’histoire pourraient se retrouver en finale ou en demies. Trois essais signés François Hougaard et Handré Pollard (2) ont permis aux locaux de rivaliser avec leurs hôtes vêtus de noir (essais de Malakai Fetikoa, Ben Smith et Dan Coles). Avant le coup de pied salvateur du jeune Pollard gâchant la 134e cape de Richie McCaw, record du légendaire Colin Meads battu.

-Brésil – France 3-2 (1/2 finale du Championnat du monde)

Ce Mondial en Pologne était un rendez-vous attendu pour l’équipe de France à deux ans des JO de Rio. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les hommes de Laurent Tillie ont réussi à faire parler d’eux grâce à leurs résultats et un jeu d’une très grande qualité. Auteurs d’un superbe parcours qui les verra malheureusement terminé harassés contre l’Allemagne dans le match pour le podium, les Bleus ont enquillé neuf succès pour seulement quatre défaites dont ce cruel échec face au Brésil en demi-finale. Battus de très peu (3-2, 15-12 au dernier set) par la Pologne quelques jours plus tôt, les partenaires de Benjamin Toniutti bénéficient cette fois du soutien des bruyants fans polonais qui se délectent de leur jeu offensif et spectaculaire. Mais malgré une résistance acharnée, la France finit par s’incliner trois sets à deux contre le futur finaliste de l’épreuve, meilleur dans les moments clefs. Le score (25-18, 23-25, 25-23, 22-25, 15-12) décrit toute l’âpreté de la rencontre. Autour du talentueux Earvin N’Gapeth, le fameux Team Yavbou termine au quatrième rang. Une seule fois le volley bleu avait fait mieux, troisième en 2002.

Nicolas Le Goff (France)
Nicolas Le Goff (France)

-Brésil – Allemagne 7-1 (1/2 finale de la Coupe du monde)

Qui aurait pu imaginer ça ? Le Brésil humilié par l’Allemagne chez lui au terme d’une demi-finale à sens unique où un score à deux chiffres aurait pu être atteint si la Mannschaft n’avait pas levé le pied lors des la dernière demi-heure. Bien sûr, la Seleçao n’avait laissé qu’une impression très mitigée lors du premier tour et surtout contre le Chili puis la Colombie ensuite. Les Auriverde auraient même mérité de perdre dès les huitièmes de finale tant la pauvreté de leur jeu emplissait de tristesse ceux qui ont connu les grandes formations verte et or du passé. Mais de là à encaisser la raclée du siècle face à l’autre meilleure équipe de l’histoire… Le Brésil a fait illusion dix minutes avant d’encaisser le premier but signé Thomas Müller. Puis les Allemands tuent le suspense en moins de sept minutes entre la 23e et la 29e, inscrivant quatre buts signés Klose, Kroos (2) et Khedira. Schürrle réussira également un doublé avant que le Brésil réduise le score par Oscar dans les derniers instants. Réduire le score et pas sauver l’honneur. Car il n’y avait plus d’honneur à sauver depuis longtemps…

-France - Danemark 41-32 (finale de l'Euro)

Au terme d’une démonstration encore jamais vue à ce niveau, l’équipe de France mate le Danemark sur ses terres (41-32) pour s’adjuger le sacre européen. Les hommes du placide Claude Onesta ont survolé les débats, se montrant indestructibles en défense et impitoyables en attaque face aux redoutables Danois, vice-champions du monde en titre. Pour la première fois dans l’histoire des finales de tournois internationaux, une équipe inscrit plus de 40 buts ! Les héros de la finale s’appellent Mickaël Guigou (10 buts sur 11 tirs) et Valentin Porte (9 buts). Sacré meilleur joueur de la compétition, Nikola Karabatic s’éclate au sein de cette formation qui brase les générations avec un pur bonheur (Abalo, Fernandez, Accambray, Omeyer). Même le redoutable Mikkel Hansen, auteur de 9 réalisations, ne peut rien pour perturber le récital tricolore qui glace les 14 000 spectateurs présents. Après l’échec du Mondial 2013 (défaite en quarts de finale contre la Croatie), les Experts sont redevenus les maîtres de la planète handball.

Grégory Jouin @GregoryJouin

Omnisport