A quatre ans de Paris 2024, où en est l'avancement de l'organisation des Jeux ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Apolline Merle
Paris 2024

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Ce 26 juillet marque un anniversaire singulier. Dans quatre ans jour pour jour, la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 s’ouvrira. Une date importante qui lance encore un peu plus le compte à rebours, d’autant plus avec la crise sanitaire du coronavirus qui ne sera pas sans conséquences pour les Jeux de Paris. Aujourd’hui, où en sommes nous dans l’avancement du projet olympique ? Tour d’horizon des différents domaines.

Dans quatre ans jour pour jour, le 26 juillet 2024, Paris sera en fête. Dans quatre ans, les Jeux olympiques et paralympiques s’ouvriront. D’ici là, nombreux sont les chantiers qui devront être menés à bien. Et la tâche s’est nettement compliquée ces derniers mois avec la crise sanitaire du covid-19. Cette pandémie mondiale n’est en effet pas sans conséquences pour l’organisation des Jeux de Paris 2024. Elle oblige même le comité d’organisation à anticiper dès maintenant quelques économies. 

Dans ce contexte, le 3 juin dernier, la commission de coordination du comité international olympique (CIO) a tenu sa première réunion post-covid par visioconférence avec le comité d’organisation (Cojo) de Paris 2024 et ses parties prenantes, autrement dit la ville de Paris, la métropole du Grand Paris, le département de la Seine-Saint-Denis, la région Ile-de-France ainsi que le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et le Comité paralympique et sportif français. Une réunion au cours de laquelle “Paris 2024 a reconnu un changement d'approche au cours des derniers mois, compte tenu de l'impact de la pandémie de covid-19”, indique le communiqué. “L'amélioration de la stratégie de livraison des Jeux prévoit de tirer parti du travail déjà réalisé, d'adapter les projets en cours et de prendre en compte bon nombre des aménagements prévus pour optimiser les Jeux olympiques de Tokyo 2020 reportés à 2021”, poursuit encore le communiqué, qui montre bien la ligne vers laquelle tend Paris 2024, celle de trouver des économies. 

10% d’économie à réaliser 

D’ailleurs, Tony Estanguet, le patron de Paris 2024, a déjà évoqué certaines pistes afin de réaliser ces économies. Dans une interview accordée au quotidien régional Ouest-France mercredi 21 juillet, Tony Estanguet avançait les domaines ciblés afin de réduire la facture. “On va essayer de repenser un certain nombre de coûts opérationnels liés à l’organisation des épreuves pour voir comment on peut mieux optimiser les systèmes de transports, les systèmes de restauration, les systèmes d’hébergement et essayer de trouver des marges de manœuvre…” 

Si le triple champion olympique se dit plutôt “confiant” pour maintenir son budget, il rappelle toutefois que le contexte de la crise sanitaire apporte son lot d’incertitudes qu’il ne faut pas négliger. “C’est pour cela que je dois être prudent, et je veux avoir des marges de manœuvre pour pouvoir 'retomber sur nos pattes' si jamais on n’était pas en mesure de générer autant d’argent qu’on voulait générer”, a-t-il souligné. Optimiser le concept donc, afin d’organiser les mêmes Jeux mais en réalisant des économies pour garder l’ambition en matière d’héritage, voilà la ligne directrice de Tony Estanguet. Pour cela, il souhaite réaliser environ 10% d’économies, ce qui représenterait environ 400 millions d’euros. 

Hidalgo reprend les rênes 

Pour faire le point sur les économies éventuelles ainsi que sur les nombreux dossiers en cours, une revue du projet olympique, pilotée par le nouveau délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques 2024, Michel Cadot (qui succède à Jean Castex, le nouveau Premier ministre), aura lieu courant septembre. “Cette revue de projet a pour objectif de remettre à plat l’ensemble du projet en tenant compte des conséquences liées à la crise sanitaire du coronavirus. Elle a aussi pour but de maintenir les engagements pris lors de la candidature de Paris 2024. On ne veut sacrifier ni l'ADN de Paris 2024 ni les objectifs pris, que ce soit sur le plan environnemental, économique et social”, réaffirme Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris en charge du sport, des Jeux olympiques et paralympiques. “Michel Cadot va reprendre avec le Cojo et la Solideo ligne par ligne l’ensemble des coûts, pour voir s'il y a des ajustements à faire pour respecter les engagements initiaux afin de respecter l'enveloppe budgétaire qui a été attribuée”, poursuit-il. 

Anne Hidalgo, la maire de Paris, lors de la Journée olympique, le 23 juin 2018.
Anne Hidalgo, la maire de Paris, lors de la Journée olympique, le 23 juin 2018. © PHILIPPE MILLEREAU / DPPI Media / DPPI via AFP

Cette revue de projet sera notamment l’occasion de dresser un bilan de ce qui est dans les temps et de ce qui ne l’est pas, tout comme décider d'éventuels aménagements si nécessaire. Dans ce contexte de remise à plat du projet olympique, Anne Hidalgo a par ailleurs souhaité reprendre la main sur ce dossier. “Le COJO doit comprendre qu'il ne peut pas décider tout seul”, a-t-elle déclaré le 18 juillet lors de l'inauguration de la 19e édition de Paris Plages, tout en rappelant que le Comité Paris 2024 “fait partie d'une organisation”. “Les Jeux de Paris 2024 interviennent dans une période post-Covid, après le report des Jeux de Tokyo. C'est une affaire d'État, pas juste une affaire de fédérations sportives même si les Jeux sont d'abord des épreuves sportives”, a-t-elle également indiqué et rappelé à Thomas Bach lorsqu'elle s'est entretenue avec le président du CIO et Tony Estanguet le 8 juillet à l'Hôtel de ville.

Des infrastructures dans les temps….

En amont de cette revue de projet, la mairie de Paris nous confirme que malgré la crise du covid et le confinement, aucun retard n’a été pris sur les infrastructures qui accueilleront les JO. “Sur les sites pérennes, qui seront conservés après les Jeux, je parle donc de la nouvelle Arena à Porte de la Chapelle et de la piscine olympique à Saint-Denis, il n’y a aucun retard, tout comme sur l’ensemble des sites rénovés ou temporaires. Toutefois, nous restons vigilants car nous savons que le marché du bâtiment en Ile-de-France est assez tendu”, détaille Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris en charge du sport, des Jeux olympiques et paralympiques.

… mais des déplacements de sites sont envisagés

Si l’avancement des travaux se déroule donc sans accroc, certains sites pourraient se voir toutefois déplacés. Même si pour l’heure rien n’a été acté, plusieurs scénarios sont sur la table. D’après nos confrères du Parisien, le comité d'organisation (Cojo) plancherait déjà “sur de nombreuses options avec une idée en tête : privilégier désormais des sites existants, au détriment de sites provisoires”. Un changement de ligne directrice qui permettrait au Cojo de réduire son budget de plusieurs dizaines de millions. Toujours selon le quotidien régional, plusieurs sites seraient remis en question comme celui du Tir, initialement prévu à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) et qui pourrait avoir lieu au centre national de tir de Châteauroux (Indre). Le volley qui doit se tenir au Bourget (Seine-Saint-Denis) pourrait lui être rapatrié à Roland-Garros ou au Parc des expositions de la Porte de Versailles (avec le handball). Le water-polo et le badminton, deux épreuves également prévues en Seine-Saint-Denis, pourraient elles aussi migrer vers d’autres communes. 

Enfin, le Cojo réfléchirait aussi, toujours selon le Parisien, à déplacer le stade olympique (natation), qui serait démonté après les JO. En effet, celui-ci est pour l’heure prévu tout près du centre aquatique olympique qui sera construit à Saint-Denis (où auront lieu les épreuves de plongeon, natation synchronisée et phase qualificative du water-polo) à côté du Stade de France. Mais le Cojo envisagerait de l’installer à la Paris Défense Arena à Nanterre. Un projet qui serait moins coûteux puisqu’une partie de la structure existe déjà. 

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“Tous les scénarios sont sur la table"

D’ailleurs, Tony Estanguet, toujours dans la même interview accordée à Ouest-France le 21 juillet, indiquait lui aussi réfléchir à d'éventuelles adaptations sans pour autant donner plus de détails. “On sait aujourd’hui que ce qui coûte de l’argent, c’est le nombre de sites des Jeux. On a à peu près 45 sites pour organiser les différents sports, et donc on est en train de réfléchir à quels sports serions-nous capables de regrouper dans les mêmes lieux. Parce que si vous avez un lieu en moins, c’est moins de transports, c’est moins de sécurité sur ce point de restauration, donc ce sont des frais annexes que vous pouvez diminuer… C’est tout ce travail-là qu’on est en train d’étudier.”

Sur la même ligne que Tony Estanguet, Pierre Rabadan confirme. “Tous les scénarios sont sur la table. Mais aujourd’hui, aucune de ces alternatives ne sont validées, elles sont à l’étude.” Même si rien n’est encore acté, les élus de la Seine-Saint-Denis commencent à s’inquiéter d’entendre ces différents et multiples scénarios sur le déplacement de sites, qui feraient donc perdre l'héritage tant mis en avant des Jeux. “On a entendu et compris leurs inquiétudes. C'est dans cette optique-là qu'on souhaite faire la revue de projet en transparence pour que chacun soit en capacité de mesurer les problématiques, de trouver des solutions qui conviennent à tout le monde. On souhaite conserver l’héritage des Jeux, et la Seine-Saint-Denis sera le territoire qui en bénéficiera le plus car il est celui qui en a le plus besoin” veut rassurer Pierre Rabadan.

Cette image distribuée par la "Métropole du Grand Paris", montre à quoi ressemblera l'intérieur du Centre aquatique olympique, construit à Saint-Denis, pour les Jeux de Paris 2024.
Cette image distribuée par la "Métropole du Grand Paris", montre à quoi ressemblera l'intérieur du Centre aquatique olympique, construit à Saint-Denis, pour les Jeux de Paris 2024. © AFP PHOTO/METROPOLE DU GRAND PARIS/VENHOEVENCS/ATELIERS2/3/4/PROLOOG

Des lignes de métro en retard

Au-delà des infrastructures, le sujet des transports est lui aussi beaucoup discuté. Il est d'ailleurs revenu sur la table en juin dernier. Le 22 juin, le secrétaire d'Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, avait confirmé le retard des lignes 16 et 17 du métro Grand Paris Express et  “que l'accès (aux sites des Jeux olympiques) ne sera possible qu'avec la ligne 14 dont l'extension est actuellement en cours”. Celles-ci devaient relier les sites olympiques de Saint-Denis au Bourget. Des retards pourraient donc remettre en cause les sites prévus dans le département. Sans métro, il faudrait revoir l'acheminement des spectateurs, et des athlètes, sans parler de l’ensemble des personnes qui travaillerons sur ces sites. Pierre Rabadan se veut quant à lui, moins alarmiste. “Il y a du retard en effet. Toutefois, nous avons aussi eu vent d'une possibilité que les lignes soient finalement livrées partiellement et qu’elles n’étaient pas condamnées à ne pas être prêtes pour les Jeux. Là encore, les mises à jour sur ce dossier se feront lors de la revue de projet à la rentrée.” 

Baignade dans la Seine 

Autre objectif à atteindre en vue des Jeux de Paris : rendre la baignade dans la Seine possible, d’abord pour les épreuves des Jeux, ensuite pour l’ensemble des Parisiens et Franciliens. Là aussi, cet objectif appartient à l’héritage souhaité par Paris 2024. “Ce qu’on veut faire c’est de pouvoir mettre en place des systèmes de baignade à l’image de ce qui a été fait au Bassin de la Villette. Le calendrier est très serré mais la volonté politique de la nouvelle ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, est très forte tout comme l'ensemble des acteurs publics. Un point doit être fait entre fin août et début septembre pour prendre les mesures nécessaires et mettre en place un calendrier très strict afin d’atteindre cet objectif.” 

Ainsi beaucoup d'interrogations restent encore sans réponse et l'été va laisser ces questions en suspens. La prochaine grande étape sera donc en septembre. Largement mise en avant par toutes les parties prenantes de l'organisation des Jeux de Paris 2024, la revue de projet devra donc donner cette fois les mises à jour nécessaires au lancement dans les temps du projet olympique afin de pouvoir bel et bien respecter la promesse tant répétée par tous les acteurs : celle de "maintenir les engagements de la candidature de Paris 2024"

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