Paul Bonhomme, montagnard de l'extrême : "On se sent tout petit devant ce virus, comme en montagne"

Publié le , modifié le

Auteur·e : Marie-Christelle Maury
Paul Bonhomme dans ses oeuvres
Paul Bonhomme dans ses oeuvres | DR

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Amoureux des grands espaces, de la montagne dont il a fait son lieu de jeux mais aussi d'aventures, Paul Bonhomme est habitué à faire face à une nature impressionnante. Humilité, respect sont des mots de son vocabulaire, qu'il emploie également dans cette période de confinement face au Covid-19.

"Je préfère que l’on dise que je suis un montagnard plutôt qu’un alpiniste. Un ultra-montagnard, ça c’est rigolo comme terme !" Comment qualifier d’ordinaire un homme qui flirte avec l’extraordinaire ? Paul Bonhomme est guide de haute montagne, alpiniste, ultra trailer, skieur de pente raide.

Face au virus, il se sent tout petit, comme face à la montagne

L’homme ouvre des voies comme d’autres des portes ouvertes. Un monstre d’humilité et de simplicité pourtant, au milieu de la grandeur de ses engagements. Confiné, le garçon, épris de liberté, ne ressent aucun manque, aucune frustration : "La montagne ne me manque pas vraiment. Je n’ai pas envie d’exploit. Ce virus, il faut le respecter, rester humble et ne pas en faire un adversaire. On se sent tout petit devant lui, comme en montagne." La montagne en référence, autre maison de Paul Bonhomme. "Quand je vais en montagne, j’y vais avec un profond respect. Quand je réussis mes projets, c’est quand tout va bien, que la montagne m’a laissé passer. Là-haut, je n’ai pas peur de la mort. J’ai la liberté de choisir. Si je ne le sens pas, je n’y vais pas. Alors qu’avec cette pandémie, je ne savais pas quoi faire pour protéger les miens."

"La montagne m'a sauvé la vie"

Le sens de la famille, du devoir et des priorités aussi, ce passionné des grands sommets donne à ses tourments de multiples réflexions : "Avec l’arrivée de ce virus, je me suis dit, mais qu’est-ce que je fous là-haut ? Certains admirent ce que je fais. Mais, non ! il faut admirer les autres. Moi, je suis inutile à la société." Des phrases tranchées dans le flanc de la roche, Paul Bonhomme, en écorché de la vie, parfois aussi : "La montagne m’a sauvé la vie. Quand j’ai perdu mon grand frère en 98 (tombé dans une crevasse lors d’une expédition au Pakistan, Ndlr), j’étais paumé, je me suis raccroché à la montagne, à ce qu’elle m’apportait. Au début, je lui en voulais d’avoir pris mon frère. C’est débile d’en vouloir à quelque chose que tu ne connais pas. J’ai voulu comprendre son bonheur d’aller là-haut. J’ai choisi d’y aller pour m’accomplir plus que pour y mourir."

"La montagne, c'est la vie exacerbée"

Depuis, Paul s’accroche aux parois des sommets avec philosophie : "Je ne peux pas en vouloir à la montagne et au monde entier, si l’on veut continuer à se battre, il faut aimer ce que l’on a autour de nous." De ses multiples exploits, des créations en pleine natures, des nouvelles voies. "L’ouverture de la face est de la Dent Blanche reste l’aboutissement de beaucoup de rêves. Je l’ai baptisée Nico, le prénom de mon frère. C’est un 4000 emblématique des Alpes. C’est un sommet que l’on voyait depuis la vallée quand on était gamin. Dans une des dernières discussions que j’ai eu avec mon frère, il me disait qu’il voulait y aller, que c’était son rêve." Un ange est passé…

En attendant la fin du confinement, ce véritable "montagnard amoureux des alpages" s’occupe de ses enfants, de sa famille évidemment, des projets plein la tête. "Je n’aurai pas assez d’une vie pour faire tout ça !" Et d’ajouter : "La montagne, c’est la vie exacerbée, plus dense, plus intense. Alors avoir été si souvent là-haut, cela m’aide à vivre cette pandémie." Sacré "Bonhomme" !

Marie-Christelle Maury mariechmaury

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