Anouck Jaubert.

Mondiaux d'escalade : mont(r)er la voie, l'objectif des Bleus avant Tokyo

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L'équipe de France d'escalade est en ce moment à Hachioji au Japon pour disputer les championnats du monde (11 au 22 août). Bloc, vitesse, difficulté... En tout, 253 grimpeurs et grimpeuses issus de 39 pays sont réunis dans un seul et même objectif : obtenir leur billet pour l'épreuve de combiné, qualificative pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. L'occasion aussi de juger où en sont les Bleus un peu moins d'un an avant la date fatidique.

C'est une répétition grandeur nature pour les grimpeurs du monde entier. L'occasion de prendre ses marques dans le pays qui accueillera dans moins d'un an la plus prestigieuse des compétitions sportives. Les athlètes de l'équipe de France ont rejoint Hachioji au Japon la semaine dernière pour se mesurer aux meilleurs et tenter d'attraper un accessit pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Car ces championnats du monde ont cela d'historique qu'ils sont la première épreuve qualificative pour les JO dans l'histoire de l'escalade. Celles et ceux arrivant aux premières positions en bloc, vitesse et difficulté seront qualifiés pour une épreuve de combiné regroupant les trois disciplines. Les sept meilleures femmes et sept meilleurs hommes seront les premiers qualifiés aux JO 2020. L'occasion de découvrir les premiers noms de celles et ceux qui pourraient être amenés à briller l'été prochain côté français.

Fanny Gibert et Luce Douady, une ascension à bloc

Elles ont été les premières à entrer en scène. Dimanche matin, Fanny Gibert et Luce Douady ont passé avec brio l'épreuves de qualifications du bloc femmes pour se hisser en demi-finale. Un premier pas important pour les deux grimpeuses. Et si la première était attendue, la performance de la seconde âgée seulement de 15 ans permet d'illustrer toute la réserve de talent chez les Bleus.

"Les qualifs c’était vraiment dément, les blocs étaient tops! Je suis vraiment bien rentrée dans mon circuit", confiait-elle à Planet Grimpe. "Côté grimpe il y a eu des erreurs, des doutes, je n’ai pas vraiment réussi à grimper comme je le voulais mais côté résultats le jeu continue et ça, ça fait trop rêver ! Je sais ce que j’ai à mettre en place pour les demies, je sais que je ne pourrai que faire mieux. Je suis hyper contente et j’ai vraiment hâte de prendre un maximum de plaisir. Sans me prendre la tête, juste profiter de grimper, faire ce que j’aime c’est quand même magique de vivre ça."

Victorieuse de la coupe d'Europe à Innsbruck en mai dernier, Luce Douady peut compter sur le soutien de Fanny Gibert, 3e du général de la Coupe du monde en bloc, championne de France de la spécialité et qui vise un podium sur ces Mondiaux.

Anouck Jaubert et Bassa Mawem, à toute vitesse

Eux sont peut-être les deux plus grosses chances de titres au Japon. Bassa Mawem et Anouck Jaubert sont les deux leaders de la Coupe du monde en vitesse. De quoi légitimement espérer briller lors des Mondiaux et dans un an pour les Jeux. Car les deux athlètes ont décidé d'axer leur préparation sur le format combiné, qui sera celui à Tokyo en 2020. "Pour moi qui ne pratiquais plus que de la vitesse depuis quelques années, il a fallu reprendre l'entraînement dans les deux autres disciplines, c'était comme repartir de zéro", confiait-elle. Et ils l'ont fait avec succès puisqu'ils sont tous les deux champions de France du combiné.

En bloc toujours, on surveillera de près les performances de Manuel Cornu, qui vient lui aussi de se qualifier pour les demi-finales à Hachioji.

Romain Desgranges et Julia Chanourdie, l'art de la difficulté

Vainqueur de la Coupe du monde de difficulté l'an dernier, Romain Desgranges a lui aussi l'étiquette de favori collé au front au Japon. Son entrée en lice lors des Mondiaux sera à surveiller de près. Le grimpeur de 36 ans a le regard fixé sur les JO mais il sait que pour se qualifier, il faudra fournir pas mal d'efforts, comme il le confiait à la Fédération française de montagne et d'escalade : "Je ne suis pas dupe, le chantier est colossal. Pour me qualifier aux Jeux, je dois être le plus fort en difficulté et tâcher de grappiller des points dans les autres disciplines. En vitesse, je suis vraiment un débutant. C’est vrai que je progresse vite, que ça me donne la hargne, mais je suis encore loin du top niveau."

Pour Julia Chanourdie, l'objectif est le même. La jeune femme de 23 ans, reconnue notamment avec ses ascensions 9a (neuvième degré, le plus haut niveau de difficulté en escalade), veut être de l'aventure olympique. Pour cela elle aussi a dû s'adapter aux règles du combiné et cela fonctionne puisqu'elle figure au 7e rang mondial de la discipline. "La saison de bloc, qui n’est pas ma discipline de prédilection s’est particulièrement bien passée et maintenant que la saison de difficulté est lancée, je suis dans mon élément", expliquait-elle.

Autre spécialiste de la difficulté, Manon Hilly, infirmière à la ville, a décidé d'aménager son temps de travail pour gagner en temps d'entraînement. Et cela paie pour celle qui a terminé 4e de la Coupe du monde de difficulté en 2018, puisqu'elle figure parmi les meilleures françaises (13e du classement général). "Je tente tant bien que mal d’adapter ce nouveau planning d’entraînement à ma vie quotidienne. Mais depuis que j’ai pris cette décision de jouer la sélection aux JO, j’ai vraiment multiplié mon volume d’entraînement. C’est très intense et difficile à gérer, surtout qu’il faut accepter de lâcher un peu sa discipline de prédilection, tout en gardant son niveau. Un équilibre subtil qui me prive de mes séances hebdomadaires en falaise, c’est certainement le plus dur pour moi. Il faut faire des choix, mais le challenge olympique vaut le coup !"

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Retrouvez les performances de l'équipe de France d'escalade en live vidéo sur le site de la Fédération française de montagne et d'escalade ou sur celui de la Fédération internationale d'escalade.

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