Loi sport : "La communauté LGBTI n'a pas été entendue", déplore le président de la FSGL

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Auteur·e : France tv sport
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Le 19 mars dernier, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture la proposition de loi visant à démocratiser le sport en France. La Fédération Sportive Gay et Lesbienne (FSGL) et son président Eric Arassus dénoncent le manque de mesures prises dans cette loi pour lutter contre les discriminations à l’égard des personnes LGBTI.

La Fédération Sportive Gay et Lesbienne (FSGL) existe depuis plus de trente ans. Elle regroupe plus de 6000 personnes, 50 associations et 45 activités sportives. La FSGL lutte contre tous les comportements anti-LGBTI dans le milieu du sport et encourage la pratique de l’activité sportive dans un cadre bienveillant. Suite à l'adoption en première lecture de la "Loi sport" le 19 mars dernier, la fédération a publié un communiqué dans lequel elle dénonce "le manque flagrant d’ambition du gouvernement qui s’est pourtant engagé pour une pratique sportive inclusive et respectueuse des personnes LGBTI".

Est-ce compliqué aujourd’hui d’être une personne LGBTI dans le milieu sportif ? 
Eric Arassus : "Il est très difficile, en 2021, de vivre le sport et son genre librement lorsque l'on ne correspond pas aux normes instaurées par la société. En 2020, le rapport de SOS homophobie a recensé pour la 5e année consécutive une augmentation des témoignages LGBTIphobes reçus, et a pointé les discriminations subies par les personnes trans, intersexes et hyperandrogynes exclues des compétitions sportives. Revenons dix années en arrière et prenons l'exemple d'Amélie Mauresmo : elle a énormément souffert des discriminations faites à son égard et du fait que beaucoup la surnommaient "le mec". Certes, la situation s'est améliorée depuis, car la parole se libère. Mais cela reste difficile. Si on regarde le foot, le rugby, le basket ou le hand, les sportifs et sportives homosexuels doivent toujours le cacher. J'espère qu'un jour chacun pourra vivre comme il le souhaite, sans subir des remarques ou des insultes."

Quelles formes prennent les actes anti-LGBTI ? 
EA : "Les discriminations à l’égard de la communauté LGBTI n’ont pas forcément lieu sur le terrain. C’est plutôt en amont des rencontres. Les personnes LGBTI subissent des remarques discriminatoires, de type : "On va jouer contre les tapettes !" ou "On va jouer contre les goudous !". C’est très difficile à vivre lorsque l’on entend de tels propos. Nous travaillons aussi avec les groupes de supporters ; nous avons commencé à les sensibiliser sur certaines insultes homophobes que l'on peut entendre dans les stades."

Le 19 mars dernier, la proposition de loi visant à démocratiser le sport en France a été adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale. Vous déplorez l’irrecevabilité d’un certain nombre d’amendements que vous défendiez…
EA : "Les amendements ont été déposés par Raphaël Gérard, député La République En Marche, et Bastien Lachaud, député La France Insoumise. Nous avons proposé que chaque fédération soit dotée d’un référent inclusion, c’est-à-dire une personne chargée de traiter les discriminations existantes à l’égard de la communauté LGBTI. Nous souhaitions également l’obligation de sensibilisation et de formation des équipes d’encadrement, notamment dans les centres de formation. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus lors de l'examen de la loi en première lecture. "

"La loi va passer en deuxième lecture au Sénat. Les amendements vont être une seconde fois déposés, par des sénateurs et des sénatrices. Mais nous restons réalistes : le Sénat est plus conservateur que l'Assemblée, il y a encore moins de chance que cela aboutisse. Nous avons demandé une clarification à la ministre des Sports Roxana Maracineanu, qui a déjà pris des engagements contre l'homophobie. Nous espérons que celle-ci répondra favorablement à notre requête et engagera des actions claires pour lutter contre les LGBTIphobies dans le sport."

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