Robert Di Martino
Robert Di Martino, le juge italien en charge de la lutte contre la corruption | AFP

L'Europe et les matches truqués

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La lutte contre la corruption dans le football est un "échec" et le nombre de matches truqués ne cesse d'augmenter, ont déploré mercredi des députés européens, réclamant des mesures législatives fortes. Selon Europol, entre 2008 et 2011, 680 matches truqués ont été détéctés en Europe. Et depuis le début de l'année 2013, 200 cas nouveaux ont été identifés.

"Les chiffres s'emballent" a constaté un eurodéputé en charge de la question lors d'un débat au parlement à Bruxelles. Evidemment, la question de l'autorisation ouverte des paris peut être à mettre en regard de cette augmentation. "Sur ces cinq derniers mois, nous avons identifié avec certitude 51 matches  truqués dans le football, deux en basket, trois en tennis et un en volley", a  d'ailleurs précisé un représentant de Federbet, un organisme défendant les intérêts des sociétés de paris. "Ces chiffres sont en augmentation  constant.  Nous sommes face à une urgence. C'est une pandémie", a-t-il insisté, en se  disant convaincu que dans certains championnats "comme Chypre, Malte ou  l'Ouzbékistan par exemple, la plupart des matches sont truqués".  Les matches pointés du doigt sont notamment des matches de tours  préliminaires de la Ligue des Champions et de l'Europa League entre équipes peu  connues, de seconde zone, souvent issues de pays baltes ou de l'Est.

Mais les députés européens ne veulent pas fustiger les petites nations. ""C'est plus facile de corrompre des joueurs mal payés, mais le passé nous a  montré que les grands championnats ne sont pas épargnés...". la lutte contre la corruption dans le football est actuellement un échec" ont déploré les élus, regrettant également l'inertie de l'Union européenne  de football (UEFA) "qui en reste au stade des déclarations d'intention".

Pour des "peines plus sévères"

Les membres chargés de ce dossier souhaitent que les états de l'Union européenne alourdissent les peines en sanctionnant les tricheurs pour une meilleure disssasiton . Ils veulent aussi interdire aux joueurs professionnels de parier,  ce qui n'est pas encore le cas partout en Europe. "Les peines sont trop légères. Ces délits sont sont trop souvent considérés  comme mineurs. Les enquêteurs n'obtiennent pas les mêmes moyens que lors de  délits considérés comme plus importants. Que le législateur nous donne plus de  moyens", a réclamé le procureur italien Roberto Di Martino. portant la parole du législateur dans l'assemblée.  

Christian Grégoire

Omnisport