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Laurent Fabius, ici en compagnie de la ministre des sports Valérie Fourneyron, a révélé ce mercredi les contours d'une diplomatie sportive. | BERTRAND GUAY

Le sport, nouvel outil diplomatique

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Après l'échec des candidatures françaises pour les JO de 2012 et 2018, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a affirmé aux ambassadeurs tricolores son ambition de faire entrer le sport "dans l'ADN diplomatique". L'objectif ? S'installer durablement sur le devant de la scène sportive internationale.

Et si le ressort des insuccès répétés des candidatures olympiques tricolores était avant tout politique ? Mercredi, au Quai d'Orsay, ambassadeurs et institutionnels du sport français étaient réunis pour prêter une oreille attentive au nouveau défi lancé par le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius : voir éclore une diplomatie du sport. La tâche qui incombe désormais au ministère des affaires étrangères est cruciale : il en va du rayonnement du sport français à l'international. Un projet assurément motivé par les camouflets chroniques des candidatures françaises à l'organisation des JO de 2012 et 2018, respectivement attribuées par le CIO (Comité International Olympique) à Londres et Pyeongchang. 

Fabius : "Un vrai enjeu économique" 

Devant une assistance truffée de représentants du monde sportif (Guy Drut, Laura Flessel, M-J Pérec, Edgar Grospiron), le N°2 du gouvernement a assuré que la puissance diplomatique française devait "prendre en compte totalement et pleinement le sport". Les ambassadeurs, vecteurs de la politique étrangère à travers le monde, ont été chargés par le Quay d'Orsay de considérer le sport comme une préoccupation permanente du "réseau diplomatique et consulaire". Mais concrètement, comment comptent-ils procéder ? Parmi les consignes transmises aux représentants de la diplomatie française par Jean Lévy, nommé en octobre 2013 ambassadeur du sport, l'entretien (ou la création) de réseaux dans le monde sportif, en particulier avec les décideurs. Un souhait justifié par les retombées financières gargantuesques générées par le sport :"il y a un vrai enjeu économique", a affirmé Laurent Fabius. "L'économie du sport représente 600 milliards d'euros chaque année". 

Aider les entreprises françaises à conquérir des nouveaux marchés 

Jean Lévy, énarque et ancien conseiller du groupe Louis-Dreyfus, cherchera notamment à renforcer la présence de français à la tête des instances internationales et à favoriser la réussite des entreprises françaises sur tous les marchés économiques liés au sport. Dans ce domaine, Havas Sports & Entertainement, qui revendique une marge brut de 50 millions d'euros annuels, et ASO font figures de modèles.

Si elle n'a pas été évoquée, la candidature française aux JO 2024 était dans toutes les têtes. Jean Lévy a d'ailleurs confirmé à ce sujet qu'une "étude de faisabilité, pilotée par le CNOSF" était en cours.  

Jean Charbon

Omnisport