Je suis Charlie
"Le LOSC est Charlie". Les supporters lillois ont rendu hommage aux victimes des attentats commis en France cette semaine. | DENIS CHARLET / AFP

Le sport français était lui aussi Charlie ce samedi

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Une large partie du pays a défilé lors de manifestations organisées dans des dizaines de villes en France ce samedi, en mémoire aux 17 victimes des attentats terroristes des derniers jours. Et le sport français, à sa façon, n'est pas resté à l'écart en rendant un bel hommage du stade Mayol à Toulon aux pelouses de L1, en passant par les championnats de France de cyclo-cross.

#JeSuisCharlie. Le sport français a marché main dans la main avec tout un pays ce samedi, alors que d'immenses manifestations en mémoire des 17 victimes des attaques terroristes étaient organisées dans des dizaines de villes en province. Dans les stades de foot et de rugby, sur les pistes de ski, par des minutes de silence, des chants ou des gestes symboliques, acteurs et spectateurs des compétitions sportives organisées samedi ont rendu hommage aux victimes des attentats qui ont endeuillé la France. Seule note détonnante, une banderole déployée par des supporters de Bastia avant le match de L1 contre le PSG, disputé par les joueurs avec un brassard noir. "Le Qatar finance le PSG... et le terrorisme", pouvait-on lire sur cette bannière déployée durant une dizaine de minutes, alors même que la minute de silence, d’une grande solennité, a été parfaitement respectée par le public bastiais.

Cette minute de silence a été observée sur de nombreux terrains, tous sports confondus: foot, rugby, basket, cyclo-cross... "On ne leur fait pas une minute de silence mais une minute d’applaudissements", a de son côté lancé le président du RC Toulon, Mourad Boudjellal, avant le coup d’envoi du match de Top 14 contre le Racing Métro. M. Boudjellal est l’ancien éditeur des dessinateurs de Charlie Hebdo Charb et Tignous, tués dans l’attaque. "Parce que Charlie", ont clamé en choeur à trois reprises les milliers de spectateurs du stade Mayol. Adaptant ainsi, en hommage à Charlie Hebdo, l’hymne du club toulonnais, le Pilou-Pilou, qui se conclut d’habitude par les mots "Parce que Toulon".

Avant le coup d’envoi et comme pour tous les autres matchs de Top 14 du week end, les joueurs portaient un T-shirt "Nous sommes tous Charlie". Et sur l’écran géant, lors de la présentation des équipes, le prénom de chaque rugbyman a été remplacé par un seul et même "Charlie".

L'insurrection des crayons

Symbole fort à Chaux-Neuve (Doubs), pour l’épreuve de Coupe du monde de combiné nordique: la phrase "Je suis Charlie" a été inscrite dans la neige sur la piste de réception du tremplin de saut à ski. A chaque saut, les skieurs ont donc survolé ces trois mots symboliques, également inscrits sur le gant de la star française de la discipline, Jason Lamy-Chappuis, et à l’arrière des drapeaux donnant le départ pour le saut.

A l’étranger aussi, des sportifs français se sont associés à ces moments de communion nationale. En Angleterre, l’attaquant international Bafetimbi Gomis a brandi un drapeau français après le but de son équipe de Swansea contre West Ham. L’entraîneur de l’AS Rome, Rudi Garcia, a offert des crayons aux journalistes lors de sa conférence de presse à la veille du derby contre la Lazio, en mémoire des dessinateurs de Charlie Hebdo. Et c’est derrière un carton "Je suis Charlie" posé sur la table qu’il s’est exprimé.

"Je suis Français et je suis en deuil (...). Nous nous efforçons de divertir les gens, comme les journalistes de Charlie, c’est pour ça que je me sens l’un d’eux", a-t-il assuré. "La moindre des choses, c’est de montrer qu’on y pense", a de son côté insisté le skieur Thomas Fanara à Adelboden (Suisse), lors du slalom géant de la Coupe du monde de ski, auquel il a participé avec un casque frappé du lancinant "Je suis Charlie". En Espagne, une minute de silence a été observée sur tous les terrains de foot de Liga et de deuxième division en mémoire des victimes des attentats en France.

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